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Les Hollandais à Paris, 1789-1914 : Van Gogh, Van Dongen, Mondrian...

jeudi 15 février 2018

Du 6 février au 13 mai 2018
Petit Palais
Du mardi au dimanche de 10h à 18h
Nocturne le vendredi jusqu’à 21h
Tarif plein : 13€
www.petitpalais.paris.fr

 

Visuels : Johan Barthold Jongkind, Rue Notre-Dame, Paris, 1866. Huile sur toile ©Collection Rijksmuseum, Amsterdam. George Hendrik Breitner, À bord, 1897. Huile sur toile. Ansterdam, Stedelijk Museum. Vincent van Gogh, Vue depuis l’appartement de Théo, 1887. Huile sur toile. Ansterdam, Van Gogh Museum. Photos : L’Agora des Arts.

À la fin du XIXe siècle, Paris est un passage obligé pour tous les artistes internationaux. Les Hollandais sont près d’un millier à venir en France, attirés par le succès des expositions universelles, le dynamisme de la Ville-lumière, son enseignement artistique, ses musées et ses opportunités de carrière. Certains séjournent quelques mois, d’autres restent définitivement.
Au fil d’un parcours chronologique bien documenté, le Petit Palais raconte les liens qui se sont noués entre les artistes hollandais et leurs confrères français, les influences croisées, les communes sources d’inspiration, en s’appuyant tout particulièrement sur la vie de neuf artistes hollandais, dont certains peu connus du grand public.

Le premier d’entre eux, Gérard van Spaendonck est à Paris dès la fin du XVIIIe siècle. Par son talent et ses relations bien placées, il est nommé en 1793 professeur de dessin botanique au jardin des Plantes, en pleine vogue des fleurs dans les arts qu’il va contribuer à entretenir avec ses dessins fournis à la manufacture de Sèvres et ses élèves, dont le fameux Pierre-Joseph Redouté.
Représentant de la génération romantique, Ary Scheffer se sert de sa notoriété acquise au Salon officiel pour soutenir les jeunes peintres de Barbizon comme Théodore Rousseau et les aider à exposer. Aidé par ses confrères français avec lesquels il partage la vie de bohème propre au Paris du milieu du XIXe siècle, Johan Barthold Jongkind (lumineuse Rue Notre-Dame, Paris, 1866), que Signac voit comme le « génial précurseur » des impressionnistes, encourage la liberté d’expression d’artistes tels Boudin et Monet. Émile Zola, dont Jongkind est avec Corot le paysagiste préféré, s’enthousiasme pour la modernité du peintre hollandais.

Jacob Maris, sensible au travail de Daubigny, va emboiter le pas de Rousseau et de Millet et aller peindre le paysage à Barbizon. Son ami, Frederik Hendrik Kaemmerer est le seul de sa génération à s’installer à Paris de manière définitive. Sous l’influence de son maître, le peintre Jean-Léon Gérôme, ce talentueux paysagiste va pourtant abandonner le paysage pour la peinture de genre historique, puis des scènes contemporaines dans une facture un peu « impressionniste » et surtout « commerciale », qui va séduire les riches bourgeois.
George Breitner s’inspire lui-aussi des impressionnistes, mais pour peindre ses paysages hollandais comme cet amusant À bord (1897), où n’émerge que le blanc des jupes et des chapeaux de trois jeunes femmes, tracé vigoureusement à la brosse. C’est à Paris également que van Gogh va découvrir l’impressionnisme et même s’essayer au pointillisme comme dans cette peu connue représentation de jardins potagers (Montmartre derrière le Moulin de la Galette, 1887), sans réussir toutefois à percer, mais certain d’une chose : « Paris est Paris, il n’y a qu’un seul Paris et, si dure que la vie puisse être ici, et même si elle devenait pire et plus dure, l’air de France éclaircit l’esprit et fait du bien, énormément de bien » (lettre à son camarade Horace Mann Livens, automne 1886).

C’est en revanche le succès pour Kees van Dongen, ce proche du mouvement anarchiste et d’artistes tels Signac et Luce, qui parvient à exposer ses toiles colorées (Le Moulin de la Galette, vers 1905-06) dans les principaux salons d’avant-garde et chez les grands galeristes (Vollard, Kahnweiler, Bernheim…), allant même jusqu’à découper une grande toile (À la Galette) en six morceaux pour mieux la vendre. Et inspirant au passage la jeune génération d’artistes néerlandais, Piet Mondrian en tête. Un Mondrian que le séjour à Paris et la fréquentation des œuvres de Braque et Picasso va inciter peu à peu à se tourner vers un « cubisme très abstrait », de l’avis d’Apollinaire.

Cette expérience parisienne de neuf artistes, qui croise ou côtoie celle d’artistes français contemporains (Géricault, David, Corot, Millet, Boudin, Cézanne, Monet, Signac, Picasso…), met bien en lumière l’attrait indéniable de Paris et son rôle dans ce XIXe siècle de révolution artistique.

Catherine Rigollet