L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

« Livres d’art. Sélection de nouveautés ». Par Catherine Rigollet
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Les livres

Zaha Hadid : Complete Works 1979–Today

En 2016, quelques mois avant sa mort, l’architecte anglo-iraquienne (née à Bagdad en 1950) organisait une rétrospective de son œuvre à Venise, au Palazzo Franchetti. Architecture, peintures, dessins, maquettes se succédaient dans ce magnifique palais du 16e siècle, attestant de la formidable inventivité de Zaha Hadid. Célèbre pour ses formes architecturales audacieuses, associant lignes fluides et ondoyantes, pointes, plans superposés et lignes tendues donnant alors à ses créations complexité et légèreté, la fougueuse, avant-gardiste, mais aussi très controversée Hadid se décrivait comme cherchant sans cesse, expérimentant sans se lasser.
Première femme à avoir reçu le prix Pritzker d’architecture (2004) et la prestigieuse médaille d’or royale RIBA (2016) décernée annuellement par le Royal Institute of British Architects, avec son partenaire de longue date Patrik Schumacher, désormais directeur de Zaha Hadid Architects, elle a laissé une empreinte indélébile sur le monde de l’architecture et figure aujourd’hui parmi les artistes les plus renommés du déconstructivisme (à l’instar de Frank Gehry), ce mouvement né dans la seconde moitié du XXe siècle, visant notamment à repenser la variété des formes géométriques en remettant en question les canons architectoniques.

Le London Aquatics Centre à Londres, l’Hôtel Morpheus à Macao, le Dongdaemun Design Plaza à Séoul, le pavillon pont à Saragosse, le Musée MAXXI à Rome (musée d’art du XXIe siècle), le stade Al Janoub au sud de Doha, l’Opéra de Guangzhou et le spectaculaire nouveau terminal aéroportuaire de Beijing en Chine, jusqu’à l’époustouflante Maison du port à Anvers, cette monographie réunit l’œuvre complet de cette grande architecte du XXIe siècle, enrichie de photographies et d’analyses, complétée par les propres dessins de Hadid, retraçant son univers dans sa globalité en architecture, design ou aménagement intérieur. La bible Hadid.

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Philip Jodidio
Edition Taschen
Février 2020
(Ed. Française)
Relié, 22,8 x 28,9 cm,
672 pages
50 €


Herbier de Joséphine

Connue pour sa réputation sulfureuse, l’impératrice Joséphine Bonaparte (1763-1814) a gardé, de son enfance à la Martinique, un goût certain pour la végétation luxuriante et les plantes exotiques. Acheté en 1799, le domaine de Malmaison devient son refuge et voit naître sa passion pour la botanique, doublée d’une véritable ambition : faire venir des graines de toutes espèces de tous les continents (particulièrement d’Afrique du Sud, « le paradis sur terre ») et créer « le plus beau et le plus curieux jardin de l’Europe » avec mission de propager ses collections dans tous les jardins botaniques de France. La mode veut que les dames apprennent la nomenclature de Linné, herborisent et confectionnent des herbiers. Joséphine va aller bien au-delà. Elle fait planter, construire des serres, dont une chaude plus grande que celle du Muséum d’Histoire naturelle, s’adjoint les services de botanistes reconnus, et ceux de l’artiste Pierre-Joseph Redouté (1759-1840) qu’elle nomme son « peintre de fleurs » en 1805. À travers cet herbier imaginaire illustré de planches de Redouté, Catherine de Bourgoing nous propose un voyage au temps des expéditions épiques, où la recherche de plantes rares s’apparentait à une véritable chasse au trésor. Elle nous dévoile également une facette de la personnalité de l’Impératrice jusque-là peu connue : son goût pour l’art des jardins et l’horticulture.

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Catherine de Bourgoing
Ed. Flammarion
Paru le 06/11/2019
256 pages - 196 x 244 mm
Couleur - Relié sous jaquette
ISBN : 9782081482333
19,99€


Sélection de Beaux-livres pour les fêtes 2019

De l’histoire du ballet illustrée au Paris de Depardon, du Tibet insoupçonné à l’univers fantasmatique de l’œuvre de Gaudí…Voici une sélection d’ouvrages – parus ces derniers mois – à découvrir et à offrir pour les fêtes.

Ballet – Une histoire illustrée
500 ans d’histoire du ballet dans un ouvrage illustré, avec les œuvres classiques (Giselle, Le Lac des cygnes...) comme les créations plus contemporaines (Chroma...), résumées et analysées. Les grandes périodes, les techniques et expressions emblématiques. Les portraits de chorégraphes, compositeurs, danseurs et danseuses internationaux.
Editions Flammarion 2019
360 pages – 400 ill.
24,90 €

L’intégral de Gaudi
Ce superbe livre au format XL ravira les amoureux de l’architecte espagnol. Illustré de photos inédites, de plans et de dessins de la main d’Anton Gaudí, enrichi d’annexes approfondies présentant toutes ses créations y compris ses meubles et ses projets inachevés, cet ouvrage nous entraîne dans l’univers fantasmatique et les lubies spectaculaires de l’œuvre de ce « Dante de l’architecture » qui a fusionné orientalisme, formes naturelles et nouveaux matériaux dans une esthétique « modernista » unique qui a fait de Barcelone une capitale mondiale de l’architecture.
Ed.Taschen
Relié 25 x 34 cm - 368 pages - 40 €

L’Agneau mystique, Van Eyck
L’Agneau mystique des frères Van Eyck (1432) est unanimement reconnu comme œuvre picturale sublime, avec un rayonnement et une influence exceptionnels. Ce fut la première peinture à l’huile de grande taille et le mysticisme religieux s’en dégage avec force. Ce livre regroupe pour la première fois un grand nombre de savoirs lié à L’Agneau mystique.
Editions Flammarion 2019
Sous la direction de : Maximiliaan Martens, Danny Praet
Octobre 2019
368 pages - 60 €

Depardon. Paris – Journal
« Paris journal » est un mot clé que j’ai inventé pour classer mes photographies que je fais sans sujet particulier. Ni photographies de travail, ni photographies familiales, elles sont faites pour le plaisir et au hasard de mes déplacements dans la capitale ».
30 octobre 2019
Editions Hazan
536 pages - 39,95 €

Tibet, promesse de l’invisible
À travers des images et des extraits de ses carnets d’affût, Vincent Munier nous dévoile les coulisses de sa quête photographique et naturaliste au Tibet.
Éditions Kobalann
164 pages – 120 photos n&b - 35 €

Le Siècle d’Or hollandais
Les historiens de l’art ont l’habitude d’utiliser l’expression de « siècle d’or hollandais » pour qualifier la civilisation néerlandaise du XVIIe siècle et, plus spécifiquement encore, l’art de cette période qui va de pair avec le formidable essor économique que connaît le pays depuis qu’il a conquis son indépendance. Ce livre entend repenser cette notion en proposant d’analyser la manière dont elle a été définie, pensée et décrite au XVIIe siècle, par les Hollandais eux-mêmes, comme par leurs contemporains. Plus de 350 artistes et près de 500 œuvres commentées accompagnent cette synthèse, offrant un éclairage renouvelé sur cette période phare de l’histoire de l’art.
Par Jan Blanc
Ed. Citadelles & Mazenod
Coll. L’Art et les grandes civilisations
608 p. - 24,5 x 31 cm
Relié toile sous jaquette et étui illustré
630 illust.couleur - 205 €

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Théodore de Bry. America

En 1590, sur fond de guerres de religion, Théodore de Bry (1528-1598), graveur et éditeur protestant flamand, publie à Francfort-sur-le-Main le premier volume des Grands Voyages, America, constitué d’estampes réalisées à partir des croquis et dessins d’artistes ayant parcouru ces terres étrangères et accompagnées de courts textes descriptifs et narratifs. Le Nouveau Monde est alors, pour la plupart des Européens, un territoire totalement inconnu.
Né à Liège, Théodore de Bry a quitté sa ville natale pour échapper aux persécutions. Après Strasbourg, puis Londres, il s’installe définitivement à Francfort où il décide de publier, avec ses fils, la collection de ses œuvres gravées. Inspirées par les récits de voyages d’aventuriers comme Thomas Harriot, Sir Francis Drake et Sir Walter Raleigh, ses magnifiques gravures dévoilent à un public captivé, friand d’exotisme et amateur d’art, un nouveau continent et ses peuples. De la Virginie (actuelle Caroline du Nord) à la Floride, en passant par l’Amérique centrale, le Pérou et jusqu’au détroit de Magellan en Patagonie, les neuf premiers volumes d’America dépeignent : paysages, villages et habitants, scènes de repas, prières autour du feu, expéditions militaires, trophées et châtiments, méthodes de labours et de plantations, chasses et pêches, fêtes, collecte d’or, sacrifices et cannibalisme…révélant la perception que les Conquistadores ont des populations locales. De Bry n’élude pas la cruauté et la cupidité des Espagnols à l’égard des Indiens, comme l’inhumanité à l’égard des esclaves africains qu’ils envoient en Amérique pour exploiter les ressources.
Théodore de Bry n’a pourtant jamais posé le pied en Amérique. Ses représentations reposent sur les récits subjectifs des explorateurs, ainsi que sur son imagination, y compris pour les couleurs à l’aquarelle ajoutées à la main par les artistes John White et Jacques Le Moyne avec lesquels il collabore. Son bon sens commercial le pousse à faire varier illustrations et couleurs en fonction des pays concernés par les éditions, et du public, protestant ou catholique. Une petite manipulation visuelle doublée de quelques arrangements des textes accompagnant les estampes afin de ne pas offenser les commanditaires : prince, bibliophile ou collectionneur du XVIe siècle. Toutefois, sa vision très personnelle sur les Amériques (comme sur l’Afrique et l’Asie qui constituent la suite des Voyages, publiés après sa mort), « a contribué à légitimer la colonisation européenne des deux siècles suivants », souligne Michel van Groesen, co-auteurs de l’ouvrage Théodore de Bry. America. Par la suite, presque tous les ouvrages imprimés d’images du Nouveau Monde qui paraitront en Europe avant 1750 seront inspirés de ces estampes réalisées vers 1600, colportant nombre de légendes comme des hommes porteurs de queue ou les géants de Patagonie. La fascination pour les éditions colorées à la main d’America par de Bry, exceptionnellement rares même au temps de leur réalisation, perdure encore aujourd’hui. Chaque gravure de ce sublime ouvrage se savoure autant que son commentaire.

Catherine Rigollet

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Michiel van Groesen & Larry E.Tise
Toutes les planches, 1590-1602
Editions Taschen 2019
Reliure en tissu
Format XXL (28,5 x 39,5 cm)
376 pages
100€
www.taschen.com


Les retables de la Sainte-Chapelle

Conservés au musée du Louvre depuis 1816 et récemment restaurés par Béatrice Beillard et Agnès Gall-Ortlik, en 2016, les deux retables provenant de la Sainte-Chapelle de Paris comptent au nombre des chefs-d’œuvre de la Renaissance française.
Objets d’art en émail peint sur cuivre, exécutés par l’émailleur Léonard Limosin pour le roi Henri II en 1553, ils ornaient depuis le XVIe siècle les autels placés contre le jubé de la chapelle haute du palais de Paris, la Sainte-Chapelle. L’un, sur le thème central de la Crucifixion, est composé de 23 plaques d’émail et orné des portraits de François Ier et de sa 1re épouse Claude de France, agenouillés, les mains jointes en prière. Sur l’autre, illustrant la Résurrection du Christ, figurent les portraits d’Henri II et de Catherine de Médicis. Sur chacun on voit aussi deux scènes de la vie du Christ et quatre anges portant les instruments de la Passion (croix, échelle, couronne…) réalisés d’après des dessins de Nicolo dell’Abate.
Ces retables, d’une grande valeur artistique et d’une impressionnante prouesse technique constituent un cas unique de commande royale pour des retables en émail peint de Limoges et témoignent à ce titre du prestige atteint par cet art au milieu du XVIe siècle. Ils sont également exceptionnels par l’importance de la documentation conservée à leur sujet : depuis leur commande par le roi Henri II, jusqu’à leur entrée au musée du Louvre en 1816, en passant par l’histoire mouvementée qu’ils connurent pendant la Révolution. Les panneaux ornent alors le piédestal du tombeau de Diane de Poitiers magnifiquement mis en scène au musée des Monuments français, ouvert par Alexandre Lenoir en 1795.
À l’occasion de leur exposition dans la Petite Galerie du Louvre, du 26 juin 2019 à mai 2020 (Département des Objets d’art. Aile Richelieu, niveau 1, salle 515), cette monographie évoque le portrait de Léonard Limosin, la fabrication des retables, et leur destin jusqu’à leur restauration, agrémentés de 45 illustrations couleur.

C.R

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Par Françoise Barbe, Béatrice Beillard et Guy-Michel Leproux
Collection Solo
Co-édition musée du Louvre éditions / Somogy éditions d’art
2018
48 pages
9,70 €


Léonard de Vinci. Tout l’œuvre peint, un nouveau regard

Léonard de Vinci (1452-1519), le peintre le plus célèbre de tous les temps par la grâce et le mystérieux sourire de sa Joconde, reste un artiste à découvrir selon le critique d’art et spécialiste de Vinci Alessandro Vezzosi, qui avoue : « Toutes les peintures de Léonard suscitent des interrogations ». De quoi, au-delà de notre admiration pour cet homme aux multiples talents, tout à la fois architecte, dessinateur, peintre, sculpteur, ingénieur, mathématicien, géologue, anatomiste, génial inventeur…susciter notre curiosité et nous plonger dans ce bel ouvrage qui présente toutes les peintures connues de Léonard, renseigne sur les dernières découvertes et les attributions controversées (les œuvres autographes étant rares), explore la technique de Vinci, tout en clarifiant les zones d’ombre de la vie de cet enfant illégitime, devenu peintre par impossibilité de s’orienter vers le métier de notaire comme son père Piero da Vinci. Une aubaine pour l’histoire de l’art ! Léonard le gaucher (et qui écrivait de droite à gauche), a pu ainsi librement satisfaire sa soif de connaissances, se livrer aux expériences les plus variées et déployer tout son génie en peinture, qui dans sa hiérarchie des arts l’emportait sur tout le reste.

Si les peintures de Léonard de Vinci sont en nombre si restreint, c’est parce qu’il a souvent mis parfois quinze années de travail pour mener à la perfection ses tableaux les plus remarquables, et aussi du fait de la disparition de milliers de dessins, de tableaux de jeunesse et d’atelier, et d’œuvres comme Léda et le cygne, ou cette mystérieuse Bataille d’Anghiari (1503) peut-être cachée sous une fresque de Vasari au Palazzo Vecchio, à moins qu’elle se soit « autodétruite à cause de l’expérimentation d’une technique à l’huile semblable à celle de l’encaustique ». Un exceptionnel tourbillon de fureur dont il nous reste les cartons préparatoires. Rarement signées de sa main, de nombreuses toiles interrogent également sur sa réelle participation (La Vierge aux rochers de Londres, La Madone Litta, découvertes récemment). Comme d’autres maîtres, Léonard a souvent joué un simple rôle de coordinateur. En revanche, grâce aux recherches récentes, on lui a attribué la paternité de La Belle Princesse (vers 1496) et du Salvator Mundi (adjugé 450 millions de dollars le 16 novembre 2017). Toutefois, selon certains experts, dont Vezzosi, ce Salvator Mundi, sans doute issu de l’atelier de Vinci, a subi trop de modifications pour en dire plus quant à la participation directe du maître. La querelle des spécialistes n’est pas close non plus pour la fameuse Joconde nue au sourire léonardien (exposée du 1er juin au 6 octobre 2019 à Chantilly). Le musée Condé de Chantilly conserve la plus célèbre représentation de la Monna Vanna, mieux connue sous le nom de Joconde nue, un carton de grande taille (quasiment celle de la Joconde du Louvre), un dessin au charbon de bois au cœur d’une véritable enquête policière (http://www.domainedechantilly.com/fr/event/la-joconde-nue/).

Alessandro Vezzosi consacre un passionnant chapitre de son livre aux outils de Léonard (mixtures picturales, appareils d’optique...), détaillés en notes et croquis dans ses codex. Et il dédie toute la seconde partie de son ouvrage à l’examen approfondie de la part contributive de Vinci à 19 célèbres tableaux, avec de somptueuses reproductions et agrandissements de détails. Parmi eux, les deux versions de La Vierge aux rochers (1483-1485, Louvre et 1491-1508, National Gallery à Londres), différentes par leur style, mais toutes deux d’une extraordinaire beauté. Sainte Anne (1500-1517/1518, Louvre), « un vertige spatial et temporel ». La Dame à l’hermine (1489-1490, Cracovie), un chef-d’œuvre. La Belle Ferronnière (1490-1495), partie au Louvre d’Abou Dhabi. Et bien évidemment La Joconde (1502-1515/1516, Louvre) qui « reste plus connue que bien comprise » et pose d’innombrables questions (identité, date, commanditaire…), auxquelles Alessandro Vezzosi apporte des explications crédibles à la lumière des dernières analyses, rendant encore plus fascinant ce portrait au sublime sfumato « d’une rare profondeur psychologique », dissimulant sans doute une histoire d’amour…
Pour Léonard, on connaît la fin de l’histoire : en but à la concurrence de Michel-Ange et de Raphaël, il quitte Rome et s’installe en France à Amboise à l’invitation de François 1er. Il y passera les dernières années de sa vie, bénéficiant de la protection de son royal mécène.
Un livre-enquête beau et passionnant qui célèbre à sa manière le 500e anniversaire de la mort du génie toscan.

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Par Alessandro Vezzosi
Editions de La Martinière
Parution 25 avril 2019
320 pages illustrées
55€


Bauhaus. 1919-1933

À l’heure du centenaire du Bauhaus, cet ouvrage de référence, révisé et actualisé, résume l’histoire brève et mouvementée, mais tellement riche du Bauhaus. Fondé par l’architecte Walter Gropius, ce mythique Bauhaus ne fut pas uniquement un mouvement précurseur du modernisme, mais la plus célèbre école d’art et de design allemande. Durant les quatorze années de son existence, elle réalisa une fusion novatrice entre beaux-arts, artisanat et technologie appliquée à la peinture, à la sculpture, au design, à l’architecture, au cinéma, à la photographie, au textile, à la céramique, au théâtre et aux installations.

Laboratoire d’idées interdisciplinaire et expérimental prônant un enseignement global, le Bauhaus et son principe d’ateliers (imprimerie, textile, menuiserie, peinture, métal, théâtre, tissage, photographie, architecture…) constitue un modèle de lieu de transmission des savoirs.
Un maitre de la forme et un maître artisan devaient former simultanément les élèves. Alors, affirmait Walter Gropius, « l’orgueilleux mur entre les artistes et les artisans tombera ». Gropius était aussi parvenu à créer une forte dimension communautaire entre enseignants et étudiants (dont moitié de femmes), vivant ensemble à l’école.

Étroitement lié aux événements politiques de la République de Weimar, le Bauhaus permit de brasser des points de vue, parfois utopiques, mais loin de tout dogmatisme. Si l’école s’est sabordée à l’arrivée au pouvoir du parti nazi, le Bauhaus influence toujours l’architecture et le design d’aujourd’hui. (https://www.lagoradesarts.fr/-L-esprit-du-Bauhaus-.html)

Réalisé en collaboration avec le Bauhaus-Archiv/Museum für Gestaltung de Berlin qui abrite à ce jour la plus importante collection sur l’histoire du Bauhaus, ce livre superbement illustré réunit des documents sur les personnalités qui ont formé ce collectif d’artistes idéalistes, au fil de ces trois lieux d’implantation à Weimar, Dessau et Berlin, tels que : Josef Albers, Marianne Brandt, Walter Gropius, Gertrud Grunow, Johannes Itten, Wassily Kandinsky, Paul Klee, Ludwig Mies van der Rohe et Lilly Reich. Il est enrichi de plus de 250 photographies, croquis, plans, maquettes et prototypes retraçant les œuvres réalisées.

C.R

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Par Magdalena Droste
Ed. Taschen 2019
Relié, 25 x 34 cm, 400 pages
ISBN 978-3-8365-7281-1
40 €


Les Fables de La Fontaine, illustrées par Chagall

C’est au célèbre marchand d’art Ambroise Vollard que l’on doit l’illustration des Fables de La Fontaine par Chagall. Pourquoi Chagall ? « précisément en raison des sources orientales du fabuliste » expliqua Vollard qui défendit son choix face aux critiques virulentes dénonçant le choix d’un artiste russe d’origine juive pour illustrer un chef-d’œuvre de la langue française, rappelant que le chant imagé des mots des Fables inspirées des écrits du grec Ésope, évoque le croisement de l’Orient et de l’Occident. Et quel meilleur artiste que Chagall pour nous faire passer du monde réel à celui du rêve ?
S’inspirant de sa culture russe et de la richesse des paysages français, bercé par la voix de sa femme Bella lui lisant à haute voix les Fables, Chagall va livrer sa vision onirique et personnelle des écrits du poète moraliste. Une vision en couleurs, rompant avec le style des deux artistes qui ont dominé l’illustration des Fables de La Fontaine au XIXe siècle, Grandville et Gustave Doré.
Au préalable, Chagall exécute, entre 1926 et 1927, une centaine de gouaches, exposées à la galerie Bernheim-Jeune en 1930. L’intensité de leurs couleurs vives est remarquable, comme ce somptueux violet de L’Aigle et l’Escarbot ; ces arbres rouges et jaunes de Les Loups et les Brebis ; ce Lion amoureux aux couleurs de l’arc-en-ciel comme la basse-cour de La Perdrix et les Coqs. Les cuivres seront gravés entre 1927 et 1930, les tirages des eaux-fortes exécutés par Louis Fort, puis Maurice Potin.
L‘édition de l’ouvrage ne verra pas le jour du vivant d’Ambroise Vollard qui meurt en 1939. C’est l’éditeur Tériade, que Chagall a rencontré en 1926, qui reprend le projet et édite l’ouvrage en deux volumes aux Éditions Verve, en 1952. Face à l’univers foisonnant de Chagall, quel plaisir de (re)lire ces 64 Fables de La Fontaine (choisies sur les 143...par Chagall et Vollard d’un commun accord ? On ne sait pas). On se retrouve plongé dans les vallons verdoyants auvergnats, les ciels voilés de Bretagne, la lumière chaude du midi…dans des compositions parsemées de pittoresques motifs de l’imagerie populaire russe, comme dans Le Pot de terre et Le Pot de fer avec cette barrière blanche et cette isba peinte en rouge. Et comme toujours chez Chagall, les personnages et les animaux volent.
Réalisé en collaboration avec le Comité Marc Chagall, ce coffret comporte une soixantaine de gouaches, accompagnées pour la première fois de leurs gravures. Il est complété d’un livret relatant l’histoire du projet par Ambre Gauthier, une des spécialistes de l’artiste. Une belle idée de cadeau pour les fêtes.

Catherine Rigollet

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Préface Ambre Gauthier
Ed. Hazan
Relié sous coffret + livret
22 x 32 cm.
252 p.
130 illust.
Publié le 16 octobre 2019
35€