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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Lucien Clergue. Les premiers albums

samedi 14 novembre 2015

Du 14 novembre 2015 au 15 février 2016
Grand Palais - Porte H
Avenue Winston Churchill -75008 Paris
Tous les jours, sauf le mardi
De 10h à 20h
Nocturne le mercredi jusqu’à 22h
Fermé le 25 décembre.
www.grandpalais.fr

Il disait que le ciel de New York est comparable à celui d’Arles. Il jouait du violon. Et il avait réalisé un court-métrage sur la corrida. Ces trois anecdotes, et il y en a d’autres, sont tirées des vidéos ponctuant le bel accrochage des photos, thématiquement regroupées, de Lucien Clergue. Car l’homme est autant à l’honneur ici que son œuvre. Clergue (1934-2014), inséparable d’Arles, où il lance la première collection de photographie au musée Reattu, et cofonde les Rencontres dans les années 1960, Clergue, inséparable des amitiés qu’il avait forgées avec Picasso, Cocteau et Saint John Perse.

L’exposition raconte le photographe à ses débuts, dans les premières décennies : ses albums de planches-contact (jusqu’en 1956) révèlent la genèse de son travail, comme ne pourraient plus le faire les photos soumises aux nouvelles technologies. Leurs sujets mélancoliques trahissent le jeune homme blessé par la vie (destruction de sa maison dans les bombardements, mort de sa mère) : charognes, ruines, enfants déguisés en saltimbanques.
Sur une longue cimaise, on a monté 198 tirages originaux d’images de détails des sols camarguais, en marge des courants expérimentaux de la photographie des années 60 et 70. Reflets, contrastes et contre-jours, ainsi les herbes deviennent calligraphie et les irrégularités du sol anthropomorphies. La nature se fait abstraction, les matières prennent vie. Plus loin, les nus tronqués, sur la plage ou dans la vague, ont la sensualité des courbes de violon. Les gitans sont observés avec une tendresse rapprochée, et le regard du taureau mourant est chargé d’incompréhension. Il est le vaillant héros du beau court-métrage réalisé par Clergue sur la corrida. L’exposition se conclut sur quelques photos tirées du « Langage des sables », une thèse de doctorat en photo et sans texte que Clergue avait soutenue avec succès devant Roland Barthes, préfacier du livre à venir. Des formes et dessins captés sur la plage, abstraits et éphémères.

Clergue, ami et illustrateur des poètes, nous offre un long poème visuel dont le spectateur saura choisir et retenir les plus beaux vers.

Elisabeth Hopkins

Visuels : Lucien Clergue, Raie échouée, Camargue, 1965 ; tirage vintage ; 49,6 x 60 cm © Atelier Lucien Clergue.