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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Maryan. La Ménagerie humaine

jeudi 2 janvier 2014

Maryan. La ménagerie humaine
Du 6 novembre 2013 au 9 février 2014
Musée d’art et d’histoire du judaïsme
Hôtel de Saint-Aignan
71, rue du Temple - 75003 Paris
Ouvert du lundi au vendredi, de 11h à 18h et le dimanche de 10h à 18h
Nocturnes le mercredi jusqu’à 21h
Entrée : 7€
www.mahj.org

À travers sa peinture et ses dessins peuplés de juges, de gardiens de camps, d’inquisiteurs, de bourreaux, d’une pauvre humanité aux masques effrayants de clowns ou de victimes, Maryan (Pinchas Burstein, 1927-1977) donne à lire ses visions, ses passions, son théâtre de l’absurde et de la cruauté. Une œuvre expressionniste, puissante, tragique, et grinçante. Faire (re)découvrir l’œuvre de ce prodigieux dessinateur depuis l’enfance, également peintre et lithographe formé aux Beaux arts à Paris, notamment auprès de Fernand Léger, avant de s’installer aux États-Unis tout en continuant à exposer régulièrement à Paris était un projet de longue date du musée d’art et d’histoire du judaïsme. Mais il lui fallait trouver une trame inédite pour ne pas trahir l’artiste qui refusait que son œuvre soit réduite à sa seule histoire. Celle d’un homme, né en Pologne dans une famille juive traditionnelle, qui a passé son adolescence dans des ghettos, des camps de travail, des camps de concentration, seul survivant de sa famille et lui-même miraculeusement rescapé après avoir été fusillé par des types de la Gestapo complètement saouls qui l’ont raté…« Je n’oblige personne à aimer ma peinture mais qu’on me colle pas des étiquettes, par exemple : peinture dénonciatrice, agressivité sans bornes », écrivait Maryan lors d’une exposition à la galerie Ariel à Paris en 1977, un an avant sa mort. Difficile cependant de ne pas lier son œuvre à sa vie, même si son art s’étend bien au-delà. D’ailleurs, lui-même le reconnaissait : « ma peinture est autobiographique. Tout ce que je fais est forcément autobiographique. Je dois être moi dans chaque couleur que j’applique sur la toile. »
Cette importante exposition, qui a bénéficié de la participation du Centre Pompidou et du Spertus Institute de Chicago, ainsi que de prêts provenant du Centre national des arts plastiques, de galeries et de collections particulières, tant en France qu’en Europe, n’est pas à proprement parlé une rétrospective. Très peu d’œuvres des années 1950 où se percevait l’influence de l’abstraction dans sa façon d’ébaucher des visages et des personnages. Hormis un tableau clé de 1952 et ses illustrations du Procès de Franz Kafka de 1953, elle s’attache au temps forts de l’œuvre peint et dessiné de 1960 à 1977, fortement marquée par l’expressionnisme. Elle comprend, outre les carnets qu’il réalisa en 1971-1972 à la demande de son psychanalyste (donnés par la veuve de l’artiste au Musée national d’art moderne en 2012), vingt peintures et une trentaine de dessins regroupés par séries. On ne manquera pas les extraits d’Ecce Homo, un film de 90 minutes que Maryanl a tourné en 1975, dans sa chambre au Chelsea Hotel à New York, dans lequel il se met en scène et parle de ce qu’il n’a jamais pu dire. Après Bruno Schulz, Charlotte Salomon et Felix Nussbaum, voilà l’œuvre d’un autre artiste méconnu enfin révélé et qui projette autant de tragique que d’humanité et de dérision.

Catherine Rigollet

Visuel page expo : Maryan, Personnage (Napoléon), 1973. Crayon de couleur gras sur papier fort, 101,6 x 81,5 cm. Paris, Centre Pompidou, Musée national d’art modern – Centre de création industrielle © Paris, Centre Pompidou, MNAM – CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Philippe Migeat.
Visuel page d’accueil : Personnage, 1962. Huile sur toile, 127 x 127 cm. Collection particulière, courtesy Michel Soskine Inc., Madrid-New York. Sans titre, 1972. Huile sur toile, 100,5 x 61 cm. Collection particulière. Carnet de dessins n° 9, 1972. Encre de Chine sur papier, 30,5 x 23 cm. Paris, Centre Pompidou, Musée national d’art moderne – Centre de création industrielle © Paris, Centre Pompidou, MNAM – CCI, Dist. RMN-Grand Palais / Philippe Migeat