Partenariat et publicité Liens utiles Contact La rédaction Suivre la vie du site RSS 2.0 Logo FaceBook Logo Twitter
L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

Accueil > Expos en Europe > Archives expo en Europe > Matisse et les Fauves > Matisse et les Fauves

Matisse et les Fauves

samedi 21 septembre 2013

Matisse et les Fauves (Matisse Und Die Fauves)
Du 20 septembre 2013 au 12 janvier 2014
Albertina
Albertinaplatz 1 – Vienne (Autriche)
Tous les jours, 10h à 18h
Nocturne le mercredi jusqu’à 21h
Plein tarif : 11,90€
Tél. +43 (0)1 534 83-0
www.albertina.at

 

- À lire : "Matisse and the Fauves". Catalogue de l’exposition (Allemand /Anglais), 328 pages illustrées. Textes de Claudine Grammont et Heinz Widauer. 39,80€.

 

- A découvrir : la collection d’arts graphiques
Abrité dans l’un des hôtels particuliers des Habsbourg, le musée de l’Albertina possède l’une des plus grandes et prestigieuses collections d’arts graphiques au monde. Fondée en 1776 par le Duc Albert de Saxe-Teschen, gendre de l’Impératrice Marie-Thérèse, elle compte près d’un million d’estampes et 50 000 dessins, du gothique flamboyant à nos jours. Des œuvres phares, comme le Lièvre de Dürer, plusieurs esquisses d’enfants de Rubens dont le célèbre Nikolaus Rubens avec un collier de corail, des paysages de Poussin, Lorrain, Canaletto, Michel Ange, Guardi, Greuze, mais aussi des chefs d’œuvre graphiques modernes et contemporains, telle qu’une série de nus et d’autoportraits d’Egon Schiele présentée actuellement dans les salles d’apparat.

L’Albertina célèbre les dix ans de sa réouverture en présentant, pour la première fois en Autriche, une grande exposition consacrée à Matisse et au fauvisme ; un mouvement d’avant-garde auquel n’a participé aucun artiste autrichien. Présentée exclusivement à Vienne, elle réunit 140 peintures et sculptures venues du monde entier et issues des riches collections de l’Albertina. Jusqu’au 12 janvier 2014.

Qu’elles révolutionnent la forme ou la couleur, les avant-gardes ont toujours choqué. Les Fauves n’ont pas échappé à cette diabolisation. En 1905, lors du 3ème Salon d’Automne à Paris, Henri Matisse avec sa Femme au chapeau (absente de l’expo viennoise) et un groupe d’artistes dont Henri Manguin, André Derain, Albert Marquet et Maurice de Vlaminck -le plus « barbare » de tous-, scandalisent le public avec les couleurs pures, vives et bigarrées de leurs tableaux qui semblent avoir été peints à la hâte, avec de violents coups de pinceaux. Le motif semble être accessoire, discrédité même par les artistes, seule l’expression compte pour eux. Pourtant, en parcourant la dizaine de salles tapissées d’un violet qui fait d’autant mieux jaillir les rouges, oranges, verts et jaunes pétants des tableaux de Matisse et de ses compères de la « Cage aux fauves » ainsi nommés par le critique d’art de l’époque Louis Vauxcelles, on découvre une peinture terriblement humaniste et idéaliste, avec ses nus épanouis, ces bateaux pavoisés, ces bains de mer et ces paysages chauffés de luminosité jusqu’à fondre les formes dans l’abstraction. Derain n’écrit-il pas à Matisse qu’il souhaite « ne plus rien faire qui représente quelque chose ». L’Autriche qui, contrairement à l’Allemagne et à la Hongrie, resta à l’écart du fauvisme ou de son influence, accueille pour la première fois, une exposition sur ce premier mouvement d’avant-garde du 20ème siècle, très bref (1904-1907/08), mais qui contribua de façon considérable à l’évolution du modernisme.
Le parcours qui réunit 140 œuvres d’une douzaine d’artistes, dont 56 Matisse et 37 Derain, ouvre sur le prélude du fauvisme avec les expérimentations de la couleur et de la forme par Matisse, Manguin et Marquet entre 1900 et l’été 1905 durant lequel Derain et Matisse confirment la naissance du fauvisme à Collioure. « On a voulu une exposition didactique qui montre les développements du fauvisme autour de Matisse et l’influence du primitivisme et de l’art africain sur les fauves », souligne Claudine Grammont, spécialiste de Matisse et du fauvisme et co-commissaire avec Heinz Widauer de l’exposition Matisse et les fauves (Matisse und die Fauves) à l’Albertina. En témoignent un exceptionnel lit sculpté par Derain en 1906/07 avec femmes nues et totems, et de nombreuses sculptures, bois gravés, estampes et céramiques qui jalonnent le parcours ; un des points forts de cette grande et belle exposition viennoise qui consacre des salles à chacun des artistes ayant participé au fauvisme –y compris brièvement comme Braque et Rouault. Elle se clôt avec Kees van Dongen, le dernier artificier des fauves, le seul ayant conservé sa palette en 1908, tandis que Matisse s’est éloigné, Vlaminck est entré dans une période cézanienne abandonnant la couleur pure sortie du tube et restructurant ses toiles, Braque un temps conquis par la peinture des fauves a vite orienté ses recherches vers le cubisme, à l’instar de Derain et Dufy, tandis que Manguin et Marquet sont retournés vers une sorte de postimpressionnisme.

Catherine Rigollet

Visuel page expo : Henri Matisse, La fenêtre ouverte, 1905. National Gallery of Art, Washington. Collection of Mr. and Mrs. John Hay Whitney © Succession Matisse/VBK, Vienna 2013.
Visuel page d’accueil : André Derain, Collioure, 1905. Scottish National Gallery of Modern Art, Edinburgh, Photo : National Galleries of Scotland © VBK, Vienna 2013.
Visuel vignette : Henri Matisse, portrait d’André Derain, 1905 (détail). Tate, London.