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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Maurizio Cattelan : Not afraid of love

lundi 24 octobre 2016, par cath

Du 21 octobre 2016 au 8 janvier 2017
Monnaie de Paris
11 Quai de Conti, Paris 6ème
Tous les jours de 11h à 19h,
Nocturne le jeudi jusqu’à 22h
Entrée : 12 €
www.monnaiedeparis.fr

 

Visuels : Maurizio Cattelan, La Nona Ora, 1999. Résine polyester, cire, pigment, cheveux naturels, tissu, vêtements, accessoires, pierre, moquette. Photo Zeno Zotti.
Maurizio Cattelan : Senza Titolo, 2001. Photo Zeno Zotti. Courtesy Maurizio Cattelan’s Archive.

Le retour “post requiem” de Cattelan le provocateur

Il avait fait croire que l’exposition de ses œuvres au Guggenheim de New York en 2011-12 serait son chant du cygne. Il mettait fin à sa création et se consacrait à son magazine, TOILETPAPER, une œuvre d’art en tant que telle. Quelques années plus tard, remisant sa décision, Maurizio Cattelan (né en 1960) crée pour le même musée une nouvelle œuvre, America, 2016 : une toilette de WC en or massif utilisable par tous comme ses consœurs en porcelaine. Une dénonciation bien duchampienne des possessions des possédants. Et fait un vrai retour muséal à Paris, où une vingtaine de ses œuvres, celles qu’il juge les plus représentatives, trouvent un véritable écrin sous les lambris et les ors de La Monnaie.

En façade du musée, vingt bannières portent les adjectifs qu’il s’attribue sans vergogne et qui s’appliquent aussi bien à son travail : fragile, double, détesté, tendre, irrévérent, caché, paradoxal, etc… Car il s’agit beaucoup de l’artiste dans cette exposition, sculpté à plusieurs reprises, haut perché, la tête surgissant du sol, accroché comme un pantin, gisant sur un lit… contemplant ses propres œuvres ou peut-être son futur sur le marché de l’art.

La plupart des œuvres nous sont connues : l’iconoclaste La Nona Hora, 1999, d’un Jean Paul II renversé par un météorite au son du tambour du Tamburino, 2003 qu’il faut savoir trouver dans les ors du plafond. Ou encore le cheval à la tête enfouie dans le mur qu’il essaie de franchir, les neuf gisants de marbre que l’on avait vus superbement installés à la Punta della Dogana (“All, 2007”), et dans un coin et de dos comme il se doit, le petit garçon agenouillé qui se révèle être Hitler (Him, 2001).
Avec Cattelan, on peut revoir sans déplaisir ces œuvres qui n’ont rien perdu rien de leur imagination, de leur humour, de leurs interrogations existentielles (vraiment ?), de leurs références à l’art, à la nature, à la littérature. Mais elles ne nous paraissent plus aussi provocantes. Alors, que nos imaginations se déchainent, à l’instar de Christian Lacroix, Guy Savoy ou Jean de Loisy et autres, dont on peut lire les improvisations sur l’une ou l’autre des œuvres.

Pas peur de l’amour ? En tout cas, pas peur de faire ce retour “post requiem” (pour citer l’artiste) sur la scène et le marché de l’art.

Elisabeth Hopkins