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Mexique, 1900-1950. Une Modernité singulière

jeudi 6 octobre 2016

Mexique 1900 – 1950. Diego Rivera, Frida Kahlo, José Clemente Orozco et les avant-gardes
Grand Palais
Du 5 octobre 2016 au 23 janvier 2017
Tous les jours, de 10h à 20h
Nocturne le mercredi jusqu’à 22h
Fermé le mardi
Tarif plein : 13€
Tél. 01 44 13 17 17
www.grandpalais.fr

La Révolution mexicaine a bousculé non seulement la vie politique et la structure sociale du pays, mais l’art, jusque là dominé par les sujets historiques, le portrait et les scènes de genre. Emmenée par trois artistes phares : Diego Rivera, David Alfaro Siqueiros et José Clemente Orozco, (surnommés Los Tres Grandes/ Les Trois Grands, la création artistique des années qui ont accompagné ou suivi cette décennie sanglante (1910-1920) de lutte armée en réaction à la dictature du général Porfirio Díaz, témoigne de la vie et des aspirations des paysans, de la lutte des classes et du rêve d’utopie sociale.

José Clemente Orozco (1883-1949) a concentré son œuvre sur les horreurs de la Révolution avec ces fusillés, ces femmes accompagnant leurs maris soldats zapatistes au combat et ces torturés (Le Pendu, 1926-1928), dans une peinture proche de l’expressionnisme.
Activiste communiste le plus impliqué dans les mouvements sociaux et politiques, David Alfaro Siqueiros (1896-1974) se focalise quant à lui sur la lutte des classes. Privilégiant la peinture murale et ses volumes démesurés pour mieux parler au public, il peint des œuvres sombres dans des tons de terre brûlée comme cette impressionnante mère courage et ses trois enfants accroupis entre trois murs qui les étouffent, comme pour mieux symboliser l’exploitation de la classe ouvrière (Mère prolétarienne, 1931).
Diego Rivera (1886-1957) est certainement le plus connu d’entre eux en Europe où il séjourna de 1907 à 1921 ; plusieurs de ses peintures évoquent sa période parisienne durant laquelle il se confronte aux maîtres anciens et découvre les avant-gardes comme le postimpressionnisme et le cubisme. S’il les côtoie, le compagnon de Frida Kahlo ne souhaite pas en faire partie et développe son propre langage, se plaisant à portraiturer indiennes et métis aux corps massifs dans un archétype de femmes populaires : vendeuses d’arums ou de pinole (bouillie de maïs) et paysannes à l’ouvrage, telle cette Molendera (1924) à genoux, écrasant du maïs sur un metate, cet instrument traditionnel en pierre volcanique ; exaltant dans l’ensemble de son œuvre un sentiment de fierté nationale.

Quelques artistes mexicaines ont émergé de cette période post-révolutionnaire comme Lola Alvarez Bravo qui mènera une longue carrière de photographe des mouvements sociaux et bien sûr Frida Kahlo, qui fit une œuvre de sa vie tragique, peignant inlassablement des autoportraits racontant crûment sa détresse physique, exprimant aussi ses revendications féministes. Dans le magnifique Autoportrait aux cheveux coupés (1940) peint peu de temps après sa rupture avec Diego Rivera et dans lequel elle sacrifie sa belle chevelure jais qui le séduisait tant, elle exprime avec détermination et un certain sens de la dramaturgie sa volonté d’émancipation.

L’école mexicaine représentée par los tres grandes, acquit une réputation qui dépassa largement les frontières du Mexique, occultant d’autres courants esthétiques (Stridentisme notamment). L’exposition du Grand Palais tente de mettre un peu en lumière en fin de parcours, tout comme elle évoque les hybridations artistiques entraînées par la proximité des États-Unis et l’arrivée d’artistes européens fuyant le nazisme dans les années 1940 et attirés par l’exotisme du Mexique, tels les surréalistes Antonin Artaud et André Breton.
Mais de ce vaste panorama de l’art mexicain au XXe siècle, qui finit par se brouiller un peu dans les dernières salles à force de vouloir trop embrasser, les images qui s’imposent durablement à nous n’en demeurent pas moins celles des Trois Grands et de Frida Kahlo. Des images fortes de vie et de mort ; cette mort si familière aux mexicains depuis la période préhispanique et dont la représentation sous forme de squelettes rigolos et de crânes décorés de fleurs de toutes les couleurs est omniprésente dans l’art populaire. La boutique au sortir de l’expo en regorge !

Catherine Rigollet

Visuels : David Alfaro Siqueiros (1896-1974) Autoportrait (Le Grand Colonel), 1945. Pyroxilyne sur celotex. Mexico, Museo Nacional de Arte, INBA Patrimoine culturel, 1982 © INBA/Museo Nacional de Arte. Ramón Cano Manilla (1888-1974) Indienne d’Oaxaca, 1928. Huile sur toile. Mexico, Museo Nacional de Arte, INBA Patrimoine culturel, 1982 © Museo Nacional de Arte.
Visuel page d’accueil : Diego Rivera (1886-1957), La Molendera, 1924. Huile sur toile. México, INBA, Museo Nacional de Arte. Patrimoine culturel, 1982. Photo © Francisco Kochen © 2016 Banco de México Diego Rivera Frida Kahlo. Museums Trust, Mexico, D.F / Adagp, Paris.