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Michiel Coxcie, le Raphaël de Flandre

vendredi 1er novembre 2013

Michiel Coxcie. Le Raphaël flamand
Du 31 octobre 2013 au 23 février 2014
M – Museum Leuven
Vanderkelenstraat, 28 – Leuven (Belgique)
Ouvert tous les jours, sauf mercredi, de 11h à 18h
Nocturne le jeudi jusqu’à 22h
Tarif : 12€
Tél. + 32 (0) 16 27 29 29
www.mleuven.be

- Louvain (Leuven) est à 20 minutes de Bruxelles, accessible en moins de 2h de Paris par le Thalys.

 

- Le M-Museum Leuven, complexe architectural contemporain signé Stéphane Beel réunit une collection exceptionnelle de tableaux et de statues du gothique flamboyant, dont Les Sept Sacrements, le chef-d’œuvre absolu de Rogier van der Weyden. Une œuvre qui a elle-seule mérite le voyage dans ce chef-lieu de la province du Brabant flamand. « Capitale mondiale de la bière », et immense cité universitaire (près de la moitié de ses 98 000 habitants sont des étudiants), cette ville ravagée par les deux grandes guerres mondiales a été superbement reconstruite.

 

- Un parcours Michiel Coxcie a été conçu à travers Louvain. N’hésitez pas à l’emprunter. Il vous fera découvrir l’Hôtel de ville néo-gothique, la Tour sans clous de l’abbaye de Sainte-Gertrude, le Grand béguinage et de nombreux édifices religieux, dont l’église Saint Pierre qui abrite une exceptionnelle et monumentale chaire baroque en bois sombre, sculptée par l’artiste flamand Jacques Bergé.
www.coxcie.be
www.visitleuven.be

Artiste largement inconnu, Michiel Coxcie (1499-1592) n’a fait l’objet d’aucune grande monographie à ce jour. Intrigués et passionnés par ce peintre qui fut influent aux Pays-Bas au seizième siècle et dont le surnom de « Raphaël de Flandre » donné par ses contemporains en dit long sur l’appréciation de son talent à l’époque, des spécialistes, dont Peter Carpreau, conservateur au M – Museum Leuven et Koenraad Jonckheere, professeur d’histoire de l’art à l’université de Gand, explorent son œuvre et sa vie depuis quatre ans. Cette toute première exposition monographique est le fruit de leurs recherches.
Né vers 1499, probablement à Malines, Coxcie s’est formé dans l’atelier du peintre bruxellois Bernard van Orley, avant de se rendre en Italie, y demeurant une dizaine d’années, de 1530 à 1540, pour y approfondir sa connaissance de l’Antiquité et de l’art des grands maîtres de la Renaissance. De retour dans son pays, il introduit les éléments stylistiques de la Renaissance italienne dans ses dessins et ses huiles sur panneaux, tel ce magnifique David et Goliath (vers 1540) qui ouvre l’exposition, ou ce Saint-Jean l’Évangéliste qui la clôt, provoquant une « révolution artistique » dans la peinture hollandaise. Devenu l’un des peintres favoris de Charles-Quint, Coxcie se hisse très vite au rang de peintre à la Cour de son fils Philippe II. Il réalise tableaux, vitraux monumentaux, gravures et tapisseries murales pour la dynastie des Habsbourg et pour des commanditaires de Bruxelles, Anvers ou Malines.
Mais ce foisonnement d’œuvres est tellement multiforme, le style si différent de l’une à l’autre que l’on s’interroge souvent sur l’identité de l’auteur. Ainsi, cette très énigmatique Caverne de Platon, désormais considérée comme le manifeste artistique de Michiel Coxcie, invite le spectateur à un jeu d’identification : ici Le Torse du Belvédère, là des poses de Michel-Ange vues dans l’esquisse de La Bataille de Cascina... À défaut donc d’avoir un style original à lui et d’avoir fait preuve de beaucoup de créativité, Coxcie serait donc un copiste talentueux, empruntant à différentes sources, capable d’habiles synthèses, travaillant sur les mêmes objets que Raphaël, Michel-Ange, Léonard de Vinci, reprenant dans ses tableaux tout ou parties de leurs compositions. La pose de la vierge dans La Sainte parenté, tendant les bras vers l’enfant jésus, rappelle étonnamment La Vierge à l’Enfant avec sainte Anne par Léonard de Vinci. Et longtemps les dessins de sa grande série de 32 gravures racontant l’histoire d’Amor et Psyché furent attribués à Raphaël avant que des écrits de Giorgio Vasari (1511-1574), célèbre biographe d’artistes ayant bien connu Coxcie changent la donne ; confirmant aussi la main du « Raphaël flamand » dans la réalisation des fresques de l’église Santa Maria dell’Anima.
Fervent catholique, Coxcie va réagir en militant durant la Crise iconoclaste qui fait rage aux Pays-Bas au milieu du XVIe siècle, se servant de ses tableaux pour défendre la cause de l’Église catholique romaine face à la réforme protestante. Il va même jusqu’à se représenter avec les attributs de Saint Georges et habillé en duc d’Albe, ce général espagnol réputé pour son extrême cruauté aux Pays Bas et son dévouement à Philippe II, le défenseur du catholicisme. Son engagement lui vaudra ensuite de nombreuses commandes de décorations d’églises. Il se lance également dans la copie de la magnifique Descente de Croix de Rogier van der Weyden pour Marie de Hongrie. Puis dans celle de l’Agneau mystique de Van Eyck, réalisée à la demande de Philippe II, et dont les différents panneaux, dispersés à travers l’Europe, ont été exceptionnellement réunis pour cette exposition.
Après la mort de Coxcie à 93 ans, en chutant d’un échafaudage, sa réputation décline rapidement aux Pays Bas. On lui reproche désormais d’avoir perverti l’art flamand par l’influence italienne, d’avoir « singé » Raphaël, même si au XVIe siècle la copie de tableaux d’illustres prédécesseurs est une pratique courante et respectée. À cela s’ajoutent l’éparpillement de sa production, dont une partie fut sans doute détruite durant la Crise iconoclaste et une baisse de qualité de son atelier repris par son fils Rafaël. L’histoire de l’art oublie Michiel Coxcie, n’associant plus désormais l’art des Pays-Bas au XVIe siècle qu’à Pierre Bruegel l’Ancien. L’objectif de cette exposition est de lui redonner la place qui lui revient dans l’histoire de l’art, par son mérite artistique.

Catherine Rigollet

Visuel page expo : Michiel Coxcie, David et Goliath, 1540-1549. Huile sur panneau, 139 x 106 cm. © Madrid, Patrimonio national.
Visuel page d’accueil : Michiel Coxcie, volet droit de l’Autel de Saint-Luc, Saint Jean l’Évangéliste ©National Gallery, Prague 2013.