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« Une sélection des meilleures expositions en France »

Expo en France

Milléniales. Peintures 2000-2020

Sur les quais de la Garonne, le bâtiment de la MÉCA s’offre en volumes asymétriques et lignes obliques dont la rigidité peuvent surprendre. De plus l’architecte a imposé, dans les espaces d’exposition, de lourdes cimaises inamovibles. Aux commissaires d’exposition de s’y confronter ! Ce que fait fort efficacement Vincent Pécoil, commissaire du jour.
Pour remettre à sa place la peinture, trop souvent qualifiée de medium démodé à l’ère des nouveaux media numériques, il a choisi de montrer des œuvres peintes créées depuis l’an 2000. N’hésitant pas à élargir le concept pour y inclure certaines techniques, comme la sérigraphie ou l’impression numérique. Et prouvant que les thèmes picturaux traditionnels – portraits, paysages, natures mortes – s’ils ont bien été phagocytés par la photographie et le numérique, continuent à fleurir sur les toiles des peintres.
Quarante-neuf artistes ont répondu « présent ! ». À même les murs, Vincent Ganivet et ses Ronds de Fumée, 2008, sur lesquels il faut se retourner au-dessus de l’entrée. Ils semblent renvoyer aux rosaces de nos églises, ou Flora Moscovici, qui s’est approprié sol et murs pour y balader sa peinture aussi fluide qu’une aquarelle pour évoquer les paysages de Roumanie.

Les thèmes se succèdent. Les portraits et autoportraits réalistes, voire métonymiques comme Just Us, 2018 d’Eliza Douglas, sont ponctués par le X mystérieux de Wade Guyton (Untitled, 2011), portrait « né sous X » ou portrait de Malcolm X ?? Ou signature d’un illettré devenue tableau ? La section privé/public oppose la diffusion planétaire de sa vie sur la toile à l’intimité d’une peinture de son monde à soi (Nina Childress, Bibliothèque, 2005). Dans la partie paysages, Gérald Petit confronte les possibilités de la peinture et de la photographie qu’il a beaucoup pratiquée. Le captivant triptyque, Sans titre (Moderne), 2020, est inspiré par les photos de presse des incendies criminels de la forêt brésilienne.

Et on aime terminer sur cette toile couverte de lettres formant des phrases sans espace ni ponctuation, signes de l’intervention humaine dans un texte. Le cartel révèle que ce sont les réponses de Cortana, « l’assistante de productivité personnelle » installée sur le téléphone de l’artiste, lorsqu’elle ne comprend pas la question. Confrontée à l’échec de cette forme d’intelligence artificielle, l’artiste, Sylvie Fanchon, (Sans titre (Je suis désolée), 2018) revient à la peinture qui, elle, n’a d’autre prétention que de se faire regarder…et désinstalle l’application de son téléphone.
Un choix d’œuvres qui souligne judicieusement le propos du commissaire, mais dont la plupart seront vite oubliées.

Elisabeth Hopkins

Visuels : Vincent Ganivet, Ronds de fumée, 2008, traces de fumigène, dimensions variables, collection Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA © Vincent Ganivet, photo J. C. Garcia.
Jean-Marie Blanchet, Wood #1, 2014, acrylique sur toile, 250 x 200 cm, don de l’artiste, collection Frac Nouvelle-Aquitaine MÉCA © Jean-Marie Blanchet.

Archives des expos en France
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Du 25 septembre 2020 au 3 janvier 2021
Frac Nouvelle-Aquitaine, MECA
3 Parvis Corto Maltese
33800 Bordeaux
Ouvert du mardi au Samedi, de 13h à 18h30
Le 1er dimanche du mois, de 13h à 18h30
Le 3e jeudi du mois, de 13h à 21h
Fermé les jours fériés
Entrée : contribution libre, 1 euro minimum
www.fracnouvelleaquitaine-meca.fr