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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Miquel Barceló. Sol y sombra

mardi 22 mars 2016

- Du 22 mars au 31 juillet 2016
Musée national Picasso-Paris
5, rue de Thorigny – 75003
Du mardi au vendredi, de 11h30 à 18h
Samedi et dimanche + vacances scolaires, de 9h30 à 18h
Plein tarif : 12,50€
www.museepicassoparis.fr

- Du 22 mars au 28 août 2016
BnF François Mitterrand
Quai François-Mauriac - 75013
Du mardi au samedi, de 10h à 19h
Dimanche, de 13h à 19h
Plein tarif : 9€
www.bnf.fr

- Billet coupe-file 18 € pour l’entrée aux 2 expositions.

Peintre, dessinateur, sculpteur et céramiste, Miquel Barceló (né en 1957 à Majorque) est un artiste protéiforme. Un expérimentateur au joyeux appétit créatif. Deux expositions le mettent à l’honneur au Musée national Picasso-Paris et à la Bibliothèque nationale de France, centrées respectivement sur les peintures et céramiques d’un côté et l’œuvre gravée de l’autre. Envoûtant !

Premier artiste contemporain invité au Musée national Picasso-Paris depuis sa réouverture en 2014, Miquel Barceló y occupe l’intégralité du sous-sol de l’Hôtel Salé avec un ensemble de peintures, sculptures, céramiques et œuvres sur papier des années 1990 à aujourd’hui, dont le caractère expérimental et les affinités formelles ne sont pas sans rappeler le maître des lieux. C’est Floquet de neu, le gorille albinos (1999) qui vivait au zoo de Barcelone et que Barceló a souvent peint qui accueille le visiteur. Suivent trois somptueuses toiles monumentales chargées de matières, de pigments et de bosselés qui en font de véritables bas-reliefs, comme L’Atelier aux sculptures (1993) sur laquelle on distingue un fatras de toiles et de sculptures humaines et animales, tel ce chat blanc famélique au premier plan, les pattes engluées dans les pots de peinture.

Des œuvres aussi facétieuses que le grand mur de têtes en céramiques réalisé en 2015 (une multiplicité de briques qui sont autant d’autoportraits de l’artiste), l’éléphant en plâtre posé sur sa trompe, la tête piquée de pinceaux (L’artiste peintre, 2014-2015), la tête de mort sous son chèche touareg, et tous ces grands pots en céramique écrasés, transpercés, éventrés, épineux et parfois noircis par la fumée. On retrouve aussi dans l’exposition plusieurs des thématiques de prédilection de l’artiste majorquin : la tauromachie, le devenir animal, la griffure et l’empreinte, la littérature, les fonds marins et les poissons qui décorent notamment des assiettes très picassiennes ou ce fragment de maquette pour la cathédrale de Palma de Majorque dont il décora la chapelle San Père en 2007, un chef d’œuvre.

L’ŒUVRE GRAVÉ DE BARCELO

La Bibliothèque nationale de France a choisi de faire découvrir son œuvre imprimé, soit à ce jour, près de 250 gravures sur cuivre, bois, lithographies, sérigraphies et estampages, une part méconnue, peu exposée, mais indissociable de la production de l’artiste. L’exposition sur le site François-Mitterrand s’ouvre par une monumentale fresque de 190 mètres de long sur 6 mètres de haut, créée in situ par l’artiste, constituée d’argile badigeonnée sur toute la hauteur des vitres de l’allée Julien Cain, puis grattée au doigt pour dessiner des têtes et des formes animales qui jouent avec la lumière différente au fil de la journée. Baptisée Le Grand Verre de terre. Vidre de meravelles, cette verrière détournée en fresque éphémère donne le ton de l’univers envoûtant de Barceló et rend aussi hommage à Ramon Llull, philosophe, théologien, mystique et écrivain majorquin du XIIIe siècle, auteur de quelque 300 ouvrages écrits en catalan, latin et arabe, dont de nombreux manuscrits sont conservés à la BnF. Une création soutenue par l’Institut Ramon Llull, organisme public chargé de la promotion internationale de la culture catalane, dans le cadre des commémorations du 700e anniversaire de la mort de ce fondateur du catalan littéraire.

Construit autour d’une sélection de soixante estampes, travaux récents ou très anciens, en dialogue avec des dessins, des sculptures, des céramiques et des peintures, le parcours se déploie sur les mêmes thèmes qu’au musée Picasso : l’empreinte, la trace et la griffure, la tauromachie auxquels s’ajoutent ici la métamorphose (avec les autoportraits de l’artiste en monstre, chien, poisson ou gorille), les hybrides et bien sûr la littérature. Grand lecteur, Barceló est nourri des amitiés nouées avec des écrivains comme Paul Bowles, Hervé Guibert ou Patrick Modiano et s’est inspiré d’écrits comme ceux de Sade pour graver sa série Pornograficas, d’après les 120 Journées de Sodome.

On vous recommande vivement le film (25 minutes) qui présente plusieurs séquences, dont le travail de Barceló au Mali sur la falaise de Bendiagara (pays Dogon) et aussi son incroyable spectacle-performance Paso Doble, une œuvre éphémère, sculpturale et vivante, créée avec le chorégraphe Josef Nadj à l’occasion du Festival d’Avignon 2006, et présentée ici devant des maliens médusés de voir les deux artistes en costume et pieds nus dans la glaise se couvrir la tête de pots en argile fraîche, les sculpter en bestiaire fantastique avant d’écraser chaque masque sur un mur d’argile puis de passer entièrement à travers ce mur, comme pour se fondre dans le tableau.

Catherine Rigollet

Visuels : Miquel Barceló, l’Atelier aux sculptures, 1993 (détail). Technique mixte sur toile. Museo Nacional Centro de Arte Reina Sofia, Madrid, Espagne.
Miquel Barceló, Tonyina, 2012. Céramique. Collection de l’artiste.
Miquel Barceló, céramiques fumées, 2014. Collections particulières et de l’artiste.
Photos : L’Agora des Arts (Musée Picasso, 21 mars 2016).
Miquel Barceló, Fresque sur argile (détail), verrière BnF. Photo : L’Agora des Arts (BnF, 21 mars 2016).