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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Mona Hatoum

samedi 22 août 2015, par cath

Du 24 juin au 28 septembre 2015
Centre Pompidou - 75004 Paris
Tél. 01 44 78 12 33
Tous les jours, sauf le mardi, de 11h à 21h
Entrée : 14€
www.centrepompidou.fr

 

- Catalogue de 192 pages, 250 illustrations. 34,50€

 

- L’exposition sera présentée à Tate Modern, Londres, du 4 mai au 21 août 2016, puis au Kiasma, Helsinki, du 7 octobre 2016 au 26 février 2017.

L’artiste le dit elle-même. Ne focalisez pas sur son origine palestinienne. La spectaculaire installation d’une centaine d’œuvres – vidéos, sculptures, installations, photos, œuvres sur papier – de Mona Hatoum (née en 1952 à Beyrouth, installée depuis 1975 en Angleterre) prouve que, portant haut la flamme de cette région de conflits, elle n’en est pas moins ouverte au monde, un monde d’indécision, de violence, d’espoir et d’humour. D’où la variété des médiums qu’elle utilise, des tendances qu’elle butine (conceptualisme, minimalisme, surréalisme), des cartes qu’elle utilise comme motif récurrent.
So much I want to say (1983), répète-t-elle à l’infini sur la vidéo qui ouvre l’exposition, la bouche muselée par deux mains masculines. Elle en avait déjà beaucoup dit dans ses œuvres performatives des années 70 et 80, où elle se mettait en scène toujours en marge de la société. Performances pérennisées par des vidéos, des photos et les instructions détaillées de l’artiste. Et elle le dit de mieux en mieux avec ses sculptures et installations des années 90 et 2000.
Au fil des années, les œuvres deviennent plus marquées par le monde d’aujourd’hui, violence, oppression, telle Hot Spot (2014), néons rouges vibrants marquant les contours des continents sur un globe/cage, métaphore de notre terre enflammée par les conflits. Ou par la situation palestinienne à laquelle plusieurs œuvres sont consacrées : Present Tense (1996/2011), un assemblage de 2200 pains de savon de Naplouse, sur lesquels est tracée une carte de la région sans aucune cohérence territoriale ; ou encore Twelve windows (2012-13), douze broderies palestiniennes crées sous l’égide d’une ONG, métaphore optimiste pour ce territoire divisé. Moins optimistes sont Cellules ((2012-13) ou Natura morta (medical cabinet) (2012) qui renferme des grenades en verre, ou encore Impenetrable (2009), clin d’œil aux Pénétrables de Soto, mais ici fait de fils barbelés menaçants.
L’une des œuvres les plus belles, et intrigante, est peut-être Light Sentence (1992) dont l’artiste nous dit qu’il n’y a pas de message, et que c’est au spectateur d’y faire sa propre expérience, un empilement de 36 casiers grillagés dont les ombres projetées sur les murs par une ampoule nue dansent lentement et indéfiniment. Lieu de quoi ? D’enfermement, d’interrogation, d’évasion, de rêve ou de liberté ?

On aimera moins les boules de cheveux éparpillées dans plusieurs œuvres (boules d’origine très pragmatique, une bonde de douche nettoyée, et les cheveux roulés sans y penser). Alors qu’on s’amusera des objets surréalistes réunis comme dans un cabinet de curiosités, telle Tea 42, une double tasse créée lorsque Mona Hatoum avait rencontré son mari.
À la sortie, ne faites pas surtout pas l’impasse sur les films. Mona Hatoum, aussi concentrée qu’elle soit sur son œuvre, y montre qu’elle ne se croit pas investie d’une mission, mais qu’il lui faut porter témoignage tout en laissant toute sa liberté au spectateur pour pénétrer, physiquement et psychologiquement, ses œuvres. Une exposition qui ne peut qu’interpeller dans le contexte actuel.

Elisabeth Hopkins

Visuels page expo : Mona Hatoum, Light Sentence, 1992. 36 casiers grillagés, moteur électrique, ampoule d’éclairage, 1,98 x 1,85 x 4,90 m. © Centre Pompidou, Musée national d’art moderne, Paris. AM 2009-56 © Photo : Centre Pompidou, Mnam-CCI / Dist RMN-GP [Philippe Migeat].
Mona Hatoum ©Photo Andri Pol, 2013.
Visuel page d’accueil : Mona Hatoum, T42 (gold), 1999. Grès fin à liseré or, ebn 2 parties. 5,5 x 24,5 x 14 cm. Exemplaire d’exposition. © Courtesy of the artist © Photo Courtesy White Cube [photo Bill Orcutt].