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Les peintres de Pont-Aven autour de Paul Gauguin

vendredi 1er février 2013

Les peintres de Pont-Aven. Autour de Gauguin
Du 12 janvier au 8 avril 2013
Atelier Grognard
6, avenue du château de Malmaison – 92500 Rueil-Malmaison
Tous les jours, de 13h30 à 19h
Entrée : 5€
Tél. 01 41 39 06 96
www.mairie-rueilmalmaison.fr

 

- Catalogue, 128 pages, éditions du Valhermeil, 19€

- Inauguré en 1985, le musée de Pont-Aven est fermé pour travaux. Il rouvrira à la fin de l’année 2014.
En savoir plus :
www.museepontaven.fr

Lire aussi : Pont-Aven, la naissance du musée.

Après cinq séjours passés à Pont-Aven, Paul Gauguin (1848 - 1903) quitte en 1894 cette bourgade du Finistère et part pour Tahiti puis les îles Marquises. Que deviendra cette génération de peintres dont il fut le chef de file et à laquelle il donnait les conseils suivants : « travaillez librement et follement... le droit de tout oser... si vous voyez cette ombre plutôt bleue, et bien peignez-là aussi bleue que possible ! » ? En 160 tableaux et œuvres sur papier (issus en majorité de collections privées), « cette école de peinture qui n’en n’est pas une … [mais] un atelier en plein air » selon les propos d’Hervé Duval, co-commissaire de cette exposition, est mise en lumière, entre 1886 (premier séjour de Gauguin) et les années 1920. Avec comme élément fédérateur à tous ces peintres : la Bretagne.

Gauguin partageait son enthousiaste avec le peintre Schuffenecker en lui écrivant « quand mes sabots résonnent sur ce sol de granit, j’entends le ton sourd, mat et puissant que je cherche en peinture ». L’attachement à cette région transparait dans la scène de la vie paysanne La Fenaison en Bretagne de Gauguin, Personnage dans la lande de Schuffenecker, ou encore La pluie sur la route dans laquelle deux bretonnes se cramponnent à leurs parapluies et Environs de Huelgoat, deux huiles de Paul Sérusier merveilleusement synthétisées. Rarement exposé, le danois Mogens Ballin – une belle découverte dans cette section consacrée aux années Gauguin – a peint une délicate merveille avec son Paysage de Pont-Aven, caractérisé par la suppression de la perspective et des couleurs douces aux cernes accentués. Autre étonnement : Femme au voile de Sérusier, œuvre énigmatique. Que dire de cette femme nue, recouverte d’une voile transparent, le doigt sur la bouche, dans une nuit étoilée ? Œuvre atypique mais comme un écho à une autre de ses toiles La bretonne à la serpe, enveloppée elle aussi de mystère. Est-elle la Grande Faucheuse ou une druidesse ?

Après le départ de Gauguin qu’allait devenir ce mouvement éphémère, ce « laboratoire pictural où la ligne et la couleur constituent l’essentiel des recherches » comme le souligne Hervé Duval ? Le groupe éclate, certains retournent dans leur pays, d’autres restent attachés à la région que Sérusier voit comme une terre de légendes. Ses toiles se nimbent d’intemporalité, de sacré, avec Le cueilleur de pommes. L’évocation de cette terre de croyances transparait aussi chez Maurice Denis (La sonneuse de cloche) et chez Émile Jourdan (Clair de lune à la chapelle Lanriot). Cette Bretagne c’est aussi la campagne, ses collines, ses foires (La foire à Châteauneuf-du Faou par Sérusier), ou ses manoirs (Kervaudu par Puigaudeau).
La section « De la terre à la mer » au centre de l’atelier Grognard, ancienne fabrique de plaques métalliques pour estampes, est un pur plaisir. Arrêtez-vous devant le Retour des goémoniers de Jourdan, avec la construction géométrique de sa côte rouge découpée comme au couteau, le bleu intense de la mer et son premier plan vert. Évadez-vous dans l’immensité du soleil couchant occupant presque la totalité de la toile Bretonnes au bord de la mer de Puigaudeau. Et plongez vous dans une mer tourmentée après un violent orage avec Falaises et arc-en-ciel de Maxime Maufra, 1895. Des œuvres où la vibration des émotions est très forte.

Gilles Kraemer

Visuel : Émile Jourdan, Clair de lune à la chapelle Lanriot. Huile sur carton. Ca 1910, 66x54 cm. Collection particulière © Bernard Galéron