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Philippe Cognée. Architecture : une fiction d’aujourd’hui

vendredi 7 juin 2013

Philippe Cognée. Architecture, une fiction d’aujourd’hui
Du 25 mai au 1er septembre 2013
Musée de l’Hospice Saint Roch – 36 105 Issoudun
Lundi et mardi de 14h à 19h. Du mercredi au dimanche de 10h à 12h et de 14h à 19h
Entrée gratuite
Tél. 02 54 21 01 76
http://musee.issoudun.fr

 

- Catalogue. De ses cendres. Ville ou Peinture. Textes de Françoise Clédiat, Yves Peyré, Paul Chemetov, Elke de Rijke, Antoine Emaz, Catherine Millet, Marc Donnadieu, Pierre Bergounioux. Entretiens avec Philippe Cognée et Guy Tosatto, réalisés par Djamel Meskache. 88 pages. 100 illustrations. Tarabuste éditeur. 22€.

 

Le lumineux musée d’Issoudun offre ses cimaises à une trentaine de ses œuvres, de 1996 à 2013, issues en majorité de la collection de l’artiste (né en 1957). L’architecture de la vaste salle de cette institution, ouverte sur toute sa longueur, scandée par d’immenses colonnes, laissant largement entrer par de hautes fenêtres les diagonales de la lumière naturelle caressant les œuvres de Cognée, n’a jamais paru aussi belle. Les grandes toiles de l’artiste respirent avec bonheur dans l’architecture épurée de Pierre Colboc. Le sous-titre de l’exposition « un fiction d’aujourd’hui » interpelle. Interrogation ou exclamation ? « Seulement une affirmation » précise Djamel Meskache, commissaire associé avec Sophie Cazé conservateur en chef du musée. « La question de la fiction de l’architecture se pose aujourd’hui chez le peintre qui se doit de la soulever car derrière l’architecture transparait la question politique d’un habitat précis à un moment précis, les constructions se référant à notre vie de citoyen. Philippe Cogné ne se contente pas d’observer, il va au delà des apparences qu’il donne à voir ». Le vrai monde c’est le périphérique des villes, et leur introduction dans l’histoire de la peinture est importante. Les barres de construction d’Immeuble Beaulieu ou Château de Rezé sont l’exemple de ce sujet pictural peu abordé dans notre contemporanéité artistique. « Je souhaite brosser le portrait d’un habitat » complète Philippe Cognée, fasciné par l’architecture depuis son enfance mais nullement déçu de ne pas en exercer la profession. « Chaque maison possède son caractère, est à l’image de son propriétaire et de leurs différences nait la beauté des Maisons de Brazilia ou du Caire rouge ». Peintre de la modernité, Cognée arpente physiquement les villes à travers l’œil de sa caméra ou de son appareil photographique ou en capture les images virtuelles sur le site Internet Google street. Le diptyque de La médina, vue de jour et de nuit, par la juxtaposition serrée de ses maisons et de ses ruelles labyrinthiques se transforme en un tapis chamarré et le musée Guggenheim de Bilbao dans l’enchevêtrement de ses plaques métalliques aux reflets bleuté semble une immense banquise fondant.
Posée au sol, au cœur de l’exposition, l’immense maquette d’Utopie I, dans sa rotondité, renvoie étonnamment à la gravure de l’île Utopie de l’ouvrage éponyme de Thomas More (1516). Dans ces petits morceaux de marbre, chacun y projette l’image idéalisée qu’il se fait de la ville. Actuelle Singapour ou tentaculaire Mexico, tout est visible dans cette matrice qui est une transition entre le regard frontal porté par Philippe Cognée sur la ville et la perspective horizontale de la cité développée en seconde partie de l’exposition. Inutile de prendre l’avion, les villes survolées par la magie des images du site Internet Google Earth deviennent géométriques (Paysage aberrant), abstraites (Cour intérieure) ou vertigineuses (New York). Les barres d’immeubles de CIEU ou du diptyque SUUO dessinent des lettres inconnues, tels « des tags aux couleurs froides » selon le peintre. Présentées pour la première fois, dans le cabinet d’art graphique, les photographies de Paysages urbains prises du métro aérien new-yorkais lancé à pleine vitesse témoignent de cette poétique approche construction-déconstruction qu’il porte sur la ville. Elles sont caractéristiques de la technique picturale propre à cet artiste : peinture à l’encaustique recouverte d’un film rhodoïd chauffé au fer à repasser puis arraché, conférant à sa peinture cet aspect flouté.

Gilles Kraemer

Visuel page expo : Philippe Cognée, Hong Kong, 2003. Peinture à la cire sur toile marouflée sur bois, 153 x 122 cm.
Visuel vignette : Philippe Cognée devant Médina, diptyque (jour/nuit), 2013, encaustique sur toile, 200 x 200 cm x 2. photo G.K.