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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Pol Bury : Le temps en mouvement (Time in Motion)

vendredi 7 avril 2017

Du 23 février au 4 juin 2017
BOZAR Palais des Beaux-Arts
Rue Ravenstein, 23 - 1000 Bruxelles
Ouvert du mardi au dimanche, 10h à 18h
Nocturne le jeudi jusqu’à 21h
Fermé le lundi
Entrée : 16€
www.bozar.be

 

- Catalogue, relié, 272 pages, en français, anglais ou néerlandais. Edition BOZAR BOOKS & Mercatorfonds. 39,95€.

François Pinault avait-il raison d’avancer que Pol Bury (1922-2005) serait un Léonard de Vinci de notre temps ? On ne peut que se régaler de cette vue d’ensemble très complète (fontaine monumentale incluse) du travail éclectique de cet artiste belge qui sut s’intéresser tour à tour au Surréalisme, à l’abstraction géométrique, à l’art cinétique. Qui n’hésitait pas à rejoindre puis éventuellement à délaisser certains mouvements (les Surréalistes, CoBrA, le Groupe Art Abstrait). Qui s’exprimait à travers la peinture, la sculpture (monumentale, cinétique), les bijoux, le graphisme. Et qui fut, par ailleurs, un écrivain prolixe….

Avec plus d’une centaine d’œuvres, dont une soixantaine motorisées, on suit de près cet artiste qui ne cessait de se réinventer à chaque rencontre : celle de Magritte, qui exposa ses premières peintures surréalistes en 1945/46 aux côtés de Brauner, De Chirico, Ernst (Titre perdu, 1945) ; celle de Soulages, qui l’intéressa à l’abstraction (Dans la mer, 1949) ; ou celle du poète André Balthazar avec qui il fonda la maison d’édition et la revue Daily Bûl. Un travail sur la forme, la matière, le mouvement, qui se traduit par une formidable variété d’œuvres devant lesquelles on ne peut que s’arrêter, prendre son temps – chacune est un éloge de la lenteur –, voire même écouter.
Les mobiles de Calder que Bury voit à Paris en 1950 l’inciteront quelques années plus tard à se séparer de la peinture de chevalet (« les formes figées, limitées au rectangle, ne peuvent plus me passionner »). Il transforme les plans de couleur sur toile en Plans mobiles, panneaux en masonite peints, aux mouvements lents et imprévisibles, accompagnés de l’injonction « Veuillez toucher, » puis en Ponctuations, lumineuses ou molles, en Entités érectiles, toutes aussi en mouvement. L’œuvre prend sa liberté !

Installé à Paris, Bury réalise ses première sculptures indépendantes et animées de mouvements déconcertants, puisqu’une boule placée sur un plan incliné résiste à l’attraction gravitationnelle (Boule sur un plan incliné, 1963). Après un aller/retour américain de deux années où ses œuvres s’arrachent, il revient en France pour créer pour Aimé Maeght ses reliefs en bois et ses sculptures à cordes (faites pour être écoutées), puis des sculptures en métal, qui deviennent vite monumentales. De 1980 à sa mort, il produit des fontaines de plein air que l’on retrouve de New York à Séoul, et dont Ionesco disait : « une fontaine de Pol Bury […] spiritualise autour d’elle, elle irradie, elle humanise ». Elles sont devenues aujourd’hui sa marque de notoriété auprès du grand public. Les Parisiens connaissent Sphérades, la fontaine du Palais-Royal, qui côtoie depuis 30 ans les colonnes tronquées de Daniel Buren.

Dans cette jubilatoire pléthore d’œuvres, il ne faut pas manquer les quelques “cinétisations” de photographies. Par un jeu de fines découpes et de réassemblage, l’artiste fait se tordre, s’enrouler, se dérouler les architectures photographiées. Une exceptionnelle créativité et inventivité qui, oui, renvoient peut-être à Léonard. Bruxelles n’est qu’à un jet de pierre de Paris. Il serait dommage de manquer la rencontre avec ce stimulant artiste.

Elisabeth Hopkins

Visuels : Pol Bury, 26 œufs aplatis sur un plateau - c.1971 Private Collection, Brussels © Luc.
Pol Bury, 49 boules sur un plan incliné mais surélevé - 1966 Private Collection, Brussels © Schrobiltgen, Brussels.