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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Prune Nourry et ses Terracotta Daughters

samedi 26 août 2017

Du 22 mars au 10 août 2014
Le CentQuatre
5, rue Curial 75019 Paris
Les mercredis, jeudis, samedis et dimanches, de 14h à 19h
du mardi au dimanche pendant les vacances scolaires, de 14h à 19h
Plein tarif : 8€
Tel. 01 53 35 50 00
www.104.fr

Séduire pour attirer l’attention. L’objectif de Pascale Marthine Tayou, ”, Xavier Juillot, Jérémy Gobé et Prune Nourry, quatre artistes réunis au Cent-Quatre dans l’exposition « Avec motifs apparents » est clairement apparent et l’effet d’attirance réussi avec des œuvres le plus souvent spectaculaires. Le sens de leur message, « de leur alerte » disent-ils, est en revanche moins lisible au premier abord et chacun a le sien.

Celui de Prune Nourry -la régulation de la natalité en Chine et la problématique du genre dans le cadre d’une société masculinisée- ne fait guère de doute face à son armée de Terracotta Daughters directement inspirée par la célèbre armée de soldats de terre cuite de Xi’an ; une œuvre qui fait suite à son projet Holy Daughters en Inde. Produite avec l’aide d’un atelier d’artisans chinois, son armée de 108 Terracotta Daughters grandeur nature a été réalisée à partir du moulage des têtes, troncs et jambes de huit adolescentes afin de permettre ensuite la création de 108 statues toutes différentes. Les huit sculptures modèles qui ont servi de base de travail ont été acquises par huit collectionneurs et ont permis de financer le projet. Présentée d’abord à Shanghai, cette œuvre monumentale réalisée au cours d’une année passée en Chine a investi la halle principale du CentQuatre (en accès libre) à Paris. Elle partira ensuite pour Zurich, New York et Mexico, puis retournera en Chine « pour être enterrée, avant d’être excavée symboliquement en 2030, date à laquelle la Chine s’attend à un pic de célibataires mâles », commente Prune Nourry. Les 108 sculptures continueront ensuite leur tour du monde espère la jeune artiste née en 1985 et qui vit aux États-Unis et travaille particulièrement au travers de la performance, de la vidéo et de la photographie sur la sélection de l’enfant par la science.

Depuis une dizaine d’années, Pascale Marthine Tayou présente ses dessins, textes et surtout ses assemblages complexes constitués des détritus de la société dont il explore et exploite l’état de décomposition. Né en 1967 à Yaoundé au Cameroun, artiste inclassable, multiforme et multimédia, Pascale Marthine Tayou propose au CentQuatre trois installations, dont Favelas. Constituée de trois murs de nichoirs empilés d’où émergent des gazouillis, comme si chaque petite maison de bois était habitée, cette œuvre poétique exprime cependant un sujet grave, la précarité.

Plasticien, également enseignant à l’École d’architecture de Paris La Villette en “Arts et scénographies urbaines”, Xavier Juillot aime expérimenter matières et techniques, pour surprendre dans des interventions paysagères conçues comme des utopies urbaines. À la manière de Christo, il a emballé le château d’eau du Cent-Quatre d’une feuille d’argent plaquée sur l’architecture grâce à un système d’aspiration. Cette "Déprime passagère" qui peut s’apparenter à une immense compression de métal, révèle aussi les formes de la tour de manière fantomatique.

Jérémy Gobé est un as de l’articulation du geste et de l’objet. Né en 1986, cet artiste associé au CentQuatre où il est en résidence prolonge souvent des éléments naturels (oursins, papillons, coraux) par un travail manuel (tricot résiné, papier mâché, dessin, sculpture) afin de créer des objets hybrides, pleins de poésie. Lauréat du prix Bullukian en 2011, il s’est emparé d’une dizaine de meubles dégottés chez Emaüs et voués à disparaître, auxquels il a redonné vie en les emmaillotant dans d’étranges tricots réalisés sur-mesure, transformant une simple table ou une armoire en sculpture-textile aux couleurs acidulées. Œuvres joyeuses vues de jour, elles deviennent étrangement spectrales le soir venu.

Catherine Rigollet