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La galerie d'Agora

Gilbert Fillinger, directeur d’Art & Jardins / Hauts de France

Gilbert Fillinger
S. Bonnot, Bricole Bibendum, 2019
Collectif Piano Paysage, Jardin Brise-Lames
Stéphanie Cailleau, Waders 2015
R. Rambaud, L'ilot Leurres, 2018
Arras, La Paix des sonneurs
Peronne, Le jardin d'Eutychia
G. Fillinger dans les Hortillonnages

Directeur du nouveau Label Art & Jardins/Hauts de France, association qui a repris le Festival international de jardins Hortillonnages d’Amiens dont il est le fondateur, Gilbert Fillinger porte aussi d’autres projets pérennes comme les Jardins de la Paix et les Jardins « en sol mineur », des jardins participatifs dans les cités minières. À l’occasion de la 10e édition du festival des Hortillonnages (du 7 juin au 20 octobre 2019), cet homme engagé dans la promotion de l’art plastique et des arts vivants, la défense de la nature et l’écologie sociale nous parle de tous ses projets.

L’ADA. Directeur de la Maison de la Culture d’Amiens de 2005 à 2017, vous avez créé le Festival Art, ville et paysage, un événement que vous continuez à diriger, désormais appelé Festival international de jardins Hortillonnages Amiens et porté par l’association Art & jardins / Hauts de France. Pourquoi cette nouvelle structure et qu’apporte-t-elle ?

G.F. Venu visiter les Hortillonnages, Xavier Bertrand, Président de la région Hauts de France, qui savait que j’allais quitter la Maison de la Culture d’Amiens, m’a proposé de poursuivre le festival des Hortillonnages en l’intégrant dans un projet beaucoup plus large, celui de donner à la région une identité jardin très forte avec d’autres réalisations pérennes irriguant l’ensemble du territoire au travers du jardin, de l’insertion et de l’art. En discussion avec la Mission du Centenaire j’ai alors imaginé en 2018 Les Jardins de la Paix, des lieux paisibles, ouverts au public, conçus par des artistes originaires des pays qui ont combattu dans les Hauts-de-France. Et les Jardins « en sol mineur », des jardins participatifs dans les cités minières. En 2019, à l’invitation de Lille3000, nous participons aussi à l’événement Eldorado avec deux productions paysagères et quatre œuvres plastiques. Un autre projet est en cours sur l’image du bassin minier avec le Louvre Lens et le groupe Collective Disaster qui regroupe des artistes de sept pays. Des coopérations internationales se nouent également comme un partenariat avec l’École nationale d’architecture de Marrakech pour accompagner la création d’une section « Paysage » et le lancement d’un festival de jardins dans le cadre de « Marrakech, capitale africaine de la culture 2020 ».

L’ADA. La 10e édition du festival des Hortillonnages se tient du 7 juin au 20 octobre 2019, dans cet ensemble exceptionnel de jardins flottants au fil d’un dédale de 65 km de canaux coulant à quelques centaines de mètres de la cathédrale gothique. Son objectif a-t-il changé ?

G.F. Le festival conserve sa vocation à être un voyage artistique, paysager et poétique au cœur des Hortillonnages, à préserver et valoriser le site, tout en conservant et développant ce que nous avons mis en place comme le soutien et l’accompagnement de jeunes artistes (jusqu’à 40 ans) pour la production d’œuvres, des chantiers d’insertion pour l’entretien des Hortillonnages et des œuvres, une réflexion profonde sur la place de l’homme dans la nature et la manière de préserver nos ressources naturelles. Désormais le festival s’étend au-delà d’Amiens, de Saint-Quentin à la mer avec déjà trois jardins et d’autres à venir.

L’ADA. Comment les artistes du festival des Hortillonnages sont-ils sélectionnés et dans quelles conditions travaillent-ils sur le site ?

G.F. Les artistes sont sélectionnés à la suite d’un appel à projets qui doivent correspondre à plusieurs critères comme la sauvegarde des Hortillonnages, les couleurs, la fragilité du lieu…Comme chaque année, il y a dix nouvelles créations et d’autres remises en état. Le parcours 2019 réunit au total cinquante œuvres de jeunes artistes internationaux avec une vingtaine d’installations et une trentaine de jardins disséminés sur deux sites que vous pouvez découvrir à pied pour l’île aux Fagots et l’île Robinson (libre accès) ou en barque pour les parcelles de l’étang de Clermont (payant). Les artistes sont rémunérés pour venir réaliser leur œuvre et l’installer, et leurs frais sont pris en charge. Le financement de l’ensemble des projets portés par le Label Art & jardins / Hauts de France est assuré par la région, le département, la métropole d’Amiens, l’Europe (pour les Jardins de la Paix)…et des mécènes.

L’ADA. Les œuvres du festival des Hortillonnages 2019 sont-elles toujours aussi diversifiées et poursuivent-elles toujours les mêmes objectifs, notamment de sauvegarder le site, d’être en résonance avec le territoire, de développer une nouvelle approche du tourisme, plus écologique, plus « lente » et plus solidaire ?

G.F. Le Jardin Brise-Lames du Collectif Piano Paysage et le Collectif Atelier L. Paysage est une proposition paysagère artistique et écologique qui accueille le public, tout en protégeant les rives grâce à la structure du banc qui ceinture l’île. Le Bricole Bibendum de Sylvie Bonnot est inspiré des « bricole » de la lagune de Venise qui signalent aux navires les hauts-fonds. Floriane Pilon a composé Écorce, une installation en verre qui compose avec le paysage sans le masquer et avec des tissus issus de l’industrie locale. Raphaëlle Duquesnoy a imaginé les Hortillophones, des machineries acoustiques qui permettent l’écoute du paysage et sensibilisent à l’écologie…Le jardin est un bon lien pour amener les gens à la culture et les Hortillonnages dans lesquels on se promène lentement en barque rendent les gens heureux. Je peux en témoigner ! À plusieurs reprises, quand la pression était trop forte, j’ai retrouvé la sérénité dans les Hortillonnages.

Propos recueillis par Catherine Rigollet
Photos : courtesy Label Art & Jardins / Hauts-de-France

Gilbert Fillinger Agrandir l'image (pop up)

S. Bonnot, Bricole Bibendum, 2019 Agrandir l'image (pop up)

Collectif Piano Paysage, Jardin Brise-Lames Agrandir l'image (pop up)

Stéphanie Cailleau, Waders 2015 Agrandir l'image (pop up)

R. Rambaud, L'ilot Leurres, 2018 Agrandir l'image (pop up)

Arras, La Paix des sonneurs Agrandir l'image (pop up)

Peronne, Le jardin d'Eutychia Agrandir l'image (pop up)

G. Fillinger dans les Hortillonnages Agrandir l'image (pop up)


https://www.artetjardins-hdf.com/festival-international-jard...
 
Visuels : Portrait Gilbert Fillinger © art & jardins Hauts-de-France - Mathieu Farcy.
Sylvie Bonnot, Bricole Bibendum, 2019 (dessin projet), Étang de Clermont.
Collectif Piano Paysage : Gwenaëlle Charrier et Pierre David / Collectif Atelier L. Paysage : Florine Lacroix et David Belamy. Le Jardin Brise-Lames 2019 (dessin projet). Étang de Clermont.
Stéphanie Cailleau, Les Waders ou Cuissardes, FIJ Hortillonnages Amiens 2015 © Yann Monel
Romain Rambaud, L’Ilot Leurres. FIJ Hortillonnages Amiens 2018 © Yann Monel
Arras, « La Paix des sonneurs ». Jardin écossais par Anna Rhodes & Melissa Orr. Hommage aux 2500 joueurs de cornemuse de la Grande Guerre : en première ligne des bataillons écossais. Jardin de la Paix 2018 © Yann Monel
Péronne, « Le Jardin d’Eutychia ». Jardin irlandais et nord-irlandais par Peter Donegan (Irlande) et Ian Price (Irlande du Nord). Jardin de la Paix 2018 © Yann Monel