L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

« Des portraits d’artistes contemporains, des interviews de personnalités du monde de l’art, des reportages. »
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La galerie d'Agora

Hugues Losfeld - Peintre en décor

Héritier des peintres de fresques de l’Antiquité grecque ou romaine dont le talent pour les trompe-l’œil d’intérieur a ressurgi à la Renaissance puis au XVIIIe siècle pour orner églises, châteaux, hôtels particuliers…Hugues Losfeld est un artisan d’art de la réplique, doublé d’un artiste créatif. Sous ses doigts naissent des illusions parfaites de chêne, érable ou sycomore, marbres et briques, mais aussi des grisailles, des grotesques, des trompe-l’œil et même des paysages panoramiques qu’il invente ou réinterprète, tel un jardin à l’italienne inspiré d’Hubert Robert ou une vision idéalisée de l’abbaye Saint-Vincent à Laon dans l’Aisne, gravement endommagée par un incendie en 2008.

Un talent qui n’a pas échappé à l’architecte du patrimoine Camille Gérome-André, maître d’œuvre des travaux de restauration de la Villa Majorelle à Nancy. Dans le cadre de ce travail minutieux pour restituer les décors d’origine et l’âme de ce joyaux de l’Art nouveau, Hugues Losfeld et son atelier sont intervenus dans la plupart des pièces, réalisant les patines murales, des peintures de faux-bois d’acajou sur une cheminée, de faux-chêne sur les poutres de la cage d’escalier ou encore de fausses briques dans le jardin d’hiver. Autant de techniques à l’huile et à la caséine (cette « peinture au lait » déjà utilisée dans l’Antiquité) parfaitement maîtrisées par ce diplômé de la prestigieuse école Van Der Kelen – Logelain à Bruxelles, sorti médaille d’argent en 2008.

À 35 ans, installé dans le petit village d’Oeuilly, dans sa terre natale du Laonnois, Hugues Losfeld travaille à la manière des ateliers du XVIIIe siècle, formant des peintres à ses techniques et à son identité et s’associant avec d’autres artisans d’art lorsqu’un chantier de restauration le nécessite. Un réseau qu’il s’est constitué au fil de ses chantiers, mais aussi par ses rencontres au Salon du Patrimoine à Paris (https://www.patrimoineculturel.com ), auquel il participe depuis cinq années.
Travaillant pour des particuliers (Château d’Irigny près de Lyon, Château de Canaples dans la Somme…) ou répondant à des appels d’offres publics (Villa Majorelle, Mairie de Bollène dans le Vaucluse…), son carnet de commandes est bien rempli. Pour y faire face, Hugues Losfeld n’a pas pour autant besoin de modifier la taille de son atelier, convaincu qu’il ne faut pas être trop nombreux pour faire de beaux chantiers.
L’année 2020 a bien évidemment mis un coup de frein à des chantiers de restauration en Europe, mais le jeune peintre en décor, passionné de patrimoine, sait que la France ne manque pas d’opportunités en matière de restauration, comme de création. Cette deuxième facette du métier est même essentielle à cet artiste fin connaisseur de l’histoire de l’art qui s’intéresse aussi à l’agencement d’intérieurs, rêvant, imaginant des décors pour les sublimer. Avec une maxime personnelle : rester toujours dans le plaisir de faire.

Catherine Rigollet (novembre 2020)

Visuels : Portraits de Hugues Losfeld © StudioMennesson. Photos des œuvres : D.R