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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Seguí, la peinture en miroirs

mardi 8 mars 2016, par cath

Du 27 février au 22 mai 2016
Musée de l’Hospice Saint-Roch
36100 Issoudun
Du mercredi au dimanche : 10h-12h/14h-18h
Fermeture les lundis et mardis jusqu’au 30 avril
Puis ouvert de 14h à 18h à partir du 2 mai
Entrée libre
Tél. 02 54 21 01 76
http://museeissouduntv

 

Visuels : Antonio Seguí, Pensando mucho, 1984. Sérigraphie en couleurs, 50 x 70 cm. ©photo B. Hatala ©ADAGP, Paris 2016.
Antonio Seguí, Gente en la calle II, 1992. Linogravure en couleurs sur papier Arches, 89,6 x 62,8 cm. Atelier Clot, Bramsen & Georges, Paris. ©Photo Christophe des Brosses.

L’artiste argentin Antonio Seguí (né en 1934 à Córdoba) a fait d’un banal petit personnage en costume, borsalino et cravate au vent (son double ?), le motif quasi unique d’une œuvre plus complexe qu’il n’y paraît de prime abord, pleine d’ironie et de questionnements. Seul, ou dupliqué en dizaines d’exemplaires pour former une foule, toujours en mouvement, survolant la ville à grandes enjambées, changeant de chapeau et de veste pour incarner une multitude de personnages (passant, boucher, juge ou militaire) et de comportements sociaux dans des paysages urbains très denses, ce bonhomme au traits simplifiés semble en perpétuelle quête existentielle.
Il symbolise à lui seul le théâtre de la vie et des vanités (El Teatro de la vida, 1991), permet aussi à Seguí de tirer une salve mordante sur la vie politique de son pays à l’époque de la dictature militaire (Los Generales, 1963), ou de s’interroger sur notre espace de liberté (En laisse, 2003)…

Si ses premières œuvres s’apparentent davantage à des caricatures au trait expressionniste proche d’un George Grosz ou d’un Otto Dix, Seguí s’oriente ensuite vers une forme narrative proche de la bande dessinée, qui regorge d’énigmes. Que signifie ces culs-de-jatte, ces figures d’échecs, ou encore cette absence de femmes dans l’œuvre de ce fier conquistador qui n’en a pourtant pas manqué dans sa vie privée….mais qui les peint peu et toujours dénudées. Et quel est le sens de cette mystérieuse série aux éléphants sur laquelle Seguí ne s’est jamais vraiment expliqué, donnant chaque fois une nouvelle version. « L’image est trompeuse. On est dans une recherche formelle, et ce motif, comme un autre, permet à Séguí de travailler la peinture, les couleurs, la perspective », tente d’analyser l’historien d’art Daniel Abadie, co-commissaire de l’exposition avec Patrice Moreau, directeur du Musée de l’Hospice Saint-Roch.

Plus connu par ses peintures, Antonio Seguí qui a fondé toute son œuvre sur le dessin a aussi beaucoup pratiqué l’art de l’estampe, « une expression parallèle à celle de mes tableaux et le meilleur instrument de diffusion de mon travail ». Il a expérimenté à l’envi les techniques de gravures : lithographie, eau-forte, linogravure, xylographie, sérigraphie ou encore cette gravure au carborundum qui donne de l’épaisseur à son trait incisif, comme un coup de pinceau. L’exposition du musée d’Issoudun est la plus importante rétrospective de l’œuvre gravée depuis l’exposition itinérante organisée en Argentine en 1984, l’exposition présentée à Porto Rico en 1993, ou l’exposition de la donation Seguí au Museo Caraffa à Córdoba en 2003. Au fil d’un parcours chronologique, plus d’une centaine d’estampes sont mises en regard d’un ensemble d’huiles sur toile et autres œuvres originales tels que fusain, collages, monotypes, reliefs, témoignant de la richesse d’une œuvre qui continue à puiser à la source des mêmes ingrédients, sans jamais se répéter ni s’émousser, toujours aussi caustique et laissant toute liberté au spectateur de se raconter des histoires.

Catherine Rigollet

- À voir aussi au musée de l’Hospice Saint-Roch :
Textures de l’art contemporain
Cette passionnante exposition met en évidence la persistance du textile comme sujet, matériau ou métaphore dans l’art contemporain. Ce sont les élèves de l’ENSA de Bourges, encadrés par Antonio Guzmán, qui ont fait le choix de la vingtaine d’œuvres (parfois inédites) et les ont installéedans les dix-sept salles de l’ancien Hôtel-Dieu, en résonance avec les collections historiques. Parmi les dix-huit artistes, dont une moitié de femmes : Anne Laval et sa toile d’araignée en laine d’acier (Paysage de poussière, 2013), Florence Garrabé et ses entrailles en broderies (Atomique, 2012), Sophie Lecomte et sa surprenante robe en cheveux (Haire, 1997), Latifa Echakhch dont les trois contours de tapis rouge, vert et bleu répondent aux vitraux de la chapelle (Frames, 2009). En suivant ce fil d’Ariane, on rencontre aussi des œuvres de : Michel Aubry, Xavier Zimmermann, Valérie Belin, Natalia Jaime-Cortez, Mustapha Sedjal, Chiharu Shiota, Takao Minami, etc. Jusqu’au 22 mai 2016.