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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Seydou Keïta

jeudi 31 mars 2016

Du 31 mars au 11 juillet 2016
Grand Palais, Porte H
Avenue Winston Churchill
75008 Paris
Ouvert du mercredi au lundi, de 10h à 20h
Nocturne le mercredi jusqu’à 22h.
Fermé le mardi, le 1er mai.
Le 21 mai (nuit des musées), gratuit de 20h à 1h
Entrée : 10€
www.grandpalais.fr

 

- Catalogue : 224 pages, 250 illustrations, 20,5 x 24 cm. Éditions de la RMN, 35€. Un e-catalogue au format tablette est disponible sur l’App Store : 6,99 euros.

Loin des stéréotypes, des photos codifiées à vocation anthropologique prises lors de la période coloniale, le photographe malien Seydou Keïta (c. 1921-2001) nous offre 300 photos en noir et blanc, prises de 1949 à 1962, date à laquelle il ferma son studio pour devenir photographe officiel. Des portraits, à la demande de la classe moyenne de Bamako, capitale du Mali. Modernité, tradition, élégance, timidité et fierté des modèles mêlés dans les tirages signés, mais modernes et de plus grand format (Seita avait gardé ses négatifs), ou dans des “vintages” au format de carte postale.

Ayant débuté, enfant, avec un simple Kodak Brownie (les baby boomers se rappelleront ces cubes de bakélite au maniement simplissime), Keïta, mieux équipé par la suite, apprit à faire ses développements et ses tirages. Dans son studio et sa petite cour défilèrent alors des jeunes, des familles, des femmes seules ou accompagnées, des pères avec leur progéniture au creux de leur coude, des jeunes gens en uniforme, ou en tenue décontractée à l’occidentale, que le photographe saisissait, en une seule pose, après les avoir installés devant un tissu bariolé, choisi au hasard et changé lorsqu’il était sale. Des portraits, en pied, en buste, assis, ou allongé comme une odalisque (pour les femmes), où l’élégance africaine joue avec des accessoires européens qui modernisent le modèle, surtout masculin (cravate, chapeau, montre, fume-cigarette et, quand Keïta put se les offrir, une Vespa ou sa propre Peugeot 203). Une quarantaine de poses par jour, annonce le photographe dans une interview filmée, qu’il tirait aux dimensions d’une carte facile à poster à la famille ou aux amis. Un travail de mémoire sur une société qui veut sa place sur la carte du monde.

On a particulièrement aimé le portrait du formidable Billaly, en immense boubou de bazin, avec son tout petit enfant ; les couples n’osant manifester que leur timidité malgré la tendresse de leurs poses ; les femmes dans leurs robes bariolées se fondant dans le décor de tissu non moins bariolé ; les enfants sérieux comme des papes…

Des photos en noir et blanc qui dégagent une luminosité due en partie à la maîtrise technique de Keïta, mais surtout à l’intensité de son regard sur les personnages, et son désir de les rendre vivants et beaux. « J’étais capable d’embellir quelqu’un. À la fin, la photo était très belle. C’est pour ça qu’à la fin, je dis que c’est de l’Art ». Du grand art plutôt qui nous donne envie de découvrir, en dehors de Seïta, les autres portraitistes de studio africains de cette période, Malick Sidibé et Cornélius Yao Augustt Azaglo, entre autres.

Elisabeth Hopkins

Visuel page expo : Seydou Keïta, Sans titre, 1949-1951. Tirage argentique moderne réalisé en 1998 sous la supervision de Seydou Keïta et signé par lui. 180 x 120 cm Genève, Contemporary African Art Collection © Seydou Keïta / SKPEAC / photo courtesy CAAC – The Pigozzi Collection, Genève.