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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Simon Hantaï

mercredi 22 mai 2013

Du 22 mai au 2 septembre 2013
Centre Pompidou
Tous les jours de 11h à 21h, sauf le mardi
Prix : 11 à 13€, selon période
Tarif réduit : 9 à 10€
Valable le jour même pour le Musée national d’art moderne
et l’ensemble des expositions
Tél. 01 44 78 14 63
www.centrepompidou.fr

 

- A lire : "Penser la peinture : Simon Hantaï", par Molly Warnock, commissaire des expositions Simon Hantaï qui se sont tenues en 2010 à la galerie Jean Fournier à Paris et à la Paul Kasmin Gallery à New York. Editions Gallimard. Collection Art et Artistes. 29€

Simon Hantaï. Le pliage comme méthode

On connait surtout les grandes œuvres de Simon Hantaï issues de la technique du pliage mise au point à partir de 1960 avec une première et éblouissante série, les Mariales. Hantaï peint « en aveugle » sur des toiles sans châssis, préalablement pliées, en les recouvrant de couleurs. Puis il défroisse les toiles, les met à plat et la surface de la peinture apparaît comme déchirée, la lumière à l’air de venir dans la couleur, de par derrière, sur le mode d’un vitrail. À nulles autres pareilles, ces Mariales, qui seront suivies d’autres séries d’œuvres issues de pliage selon des modes très différenciés (Catamurons, Panses, Meuns, Blancs, Tabulas) signent l’œuvre de cet artiste né en Hongrie en 1922, arrivé à Paris en 1948 et qui vivra en France jusqu’à sa mort en 2008. Sa technique du pliage, qui doit beaucoup à Cézanne et Matisse témoigne aussi de l’importance croissante du « non peint » dans son travail. En froissant, plissant, nouant même ses toiles puis les ouvrant après les avoir peintes, Hantaï laisse entrer de plus en plus le blanc. Les formes peintes comptant pour lui autant que le non-peint, et en déterminant une plus grande perception. Ce procédé de peinture-pliage influencera des artistes français de la génération suivante comme Daniel Buren et les peintres du mouvement Supports-Surfaces tel Viallat.

La magistrale rétrospective que lui consacre le Centre Pompidou, la première depuis plus de trente-cinq ans, magnifie les grandes séries de pliages débutées en 1960, jusqu’aux Laissées créées de 1981 à 1995, des toiles découpées dans des Tabulas, à la manière des papiers découpés de Matisse ; Hantaï ayant trouvé dans le ciseau un nouveau pinceau.
Mais l’exposition révèle aussi un autre Hantaï, un peintre d’une étonnante diversité et un penseur, profondément engagé dans une réflexion sur la peinture. Dans le film projeté au cœur de l’exposition où on le découvre en sueur plonger sous un monumental Tabula pour en dénouer les liens et libérer la couleur, il cite avec éblouissement un texte que Cézanne a écrit sur sa possibilité de peindre enfin la Sainte Victoire, lorsqu’il a pris conscience que son ombre était convexe, qu’elle fuyait de son centre.

Au fil du parcours chronologique, on découvre les premières toiles qu’Hantaï réalise après son arrivée à Paris traduisant encore l’influence des primitivistes hongrois et portant la marque de son séjour en Italie (Les Baigneuses). Puis entré dans le cercle des surréalistes, il va expérimenter des techniques très diverses : collage, frottage, grattage, et déjà le pliage. Ses grandes toiles colorées sont couvertes de formes organiques comme ce superbe Femelle-Miroir II de 1953, et bientôt de coulures et drippings, car Hantaï rompt très vite avec Breton. En écho aux toiles de Pollock, et à la manière de Georges Mathieu qu’il fréquente un temps, ses peintures deviennent de plus en plus gestuelles, libérées par la vitesse du geste et surtout abstraites. Dans la galerie de Jean Fournier, il expose en 1956 ses nouvelles toiles abstraites et entame une autre recherche esthétique et formelle avec la juxtaposition de touches régulières dans un jeu de mouchetis et de grattages. Il s’attelle en même temps à une œuvre monumentale dans laquelle il transcrit la liturgie entendue à la messe du jour (Peinture -Ecriture rose). Hantaï n’a encore rien produit de si grand (329,5 x 424,5 cm), ni comportant de l’écriture, même si elle est totalement indéchiffrable. Dans le même esprit, il réalise À Galla Placidia, une autre peinture de signes. Pour la première fois depuis qu’elles ont été peintes, les deux œuvres sont réunies dans une même salle. Elle sert de charnière avec le début des années 1960 et l’avènement du « pliage comme méthode », définitive.

Retiré du monde de l’art à partir de 1982, après sa consécration à la Biennale de Venise, Hantaï se refuse à exposer sauf en d’exceptionnelles occasions. Cinq ans après sa mort en 2008, à quatre-vingt-cinq ans, cette rétrospective de son œuvre, conçue par les commissaires Dominique Fourcade, Isabelle Monod-Fontaine et Alfred Pacquement, est la première depuis celle de 1976, à Paris, au Musée national d’art moderne, dans les locaux du Palais de Tokyo, quelques mois avant l’ouverture du Centre Pompidou. Un superbe retour.

Catherine Rigollet

Visuel page expo : Simon Hantaï, Mariale mc3, 1962, collection particulière. Adagp Paris 2013. Et Tabula, 1980. Centre Pompidou- Mnam. Adagp-Paris-2013
Visuel accueil : Simon Hantaï. Meun , 1968. Collection particulière. Adagp Paris 2013