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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Soulèvements

mercredi 19 octobre 2016, par cath

Du 18 octobre 2016 au 15 janvier 2017
Jeu de Paume
1, place de la Concorde - 75008
Tous les jours sauf lundi, de 11h à 19h
Nocturne le mardi jusqu’à 21h
Tarif plein : 10 €
www.jeudepaume.org

Exposition transdisciplinaire réunissant photographies, mais aussi tableaux, œuvres graphiques, affiches, films, vidéos et objets, Soulèvements nous entraîne au fil de centaines d’images, du XIXe au XXIe siècle, sur le thème des émotions collectives et des événements politiques en tant qu’ils supposent des mouvements de foules en lutte.

Sur les deux étages du musée du Jeu de Paume confié à l’historien de l’art et philosophe Georges Didi-Huberman (né en 1953), on fait face à toutes les formes de soulèvement et à leurs différentes façons de s’exprimer, depuis Goya jusqu’à aujourd’hui, ici et ailleurs.

Au-delà de l’imagination qui peut soulever des montagnes et des éléments qui se déchaînent faisant se soulever les drapés et claqués les drapeaux, c’est le bras levé en signe d’espérance et de résistance tel l’Homme en blouse debout sur une barricade de Courbet, (1848) ou les 47 piques dressées d’Annette Messager (1992). Ce sont les mots criés, chantés ou écrits pour exprimer sa révolte comme ce calligramme à l’encre de Garcia Lorca avec ce simple mot : Mierda (1934).
C’est faire la grève pour se soulever contre ses conditions de travail (Rose Zehner photographiée par Willy Ronis durant la grève aux usines Javel-Citroën en 1938).
C’est manifester pour défendre ses droits, ses opinions, sa liberté ou exiger justice : comme à Méru lors des grèves des boutonniers en 1909, à Paris lors de la Commune en 1871, à Berlin en 1919, à La Paz en 1946, à Budapest en 1956, en mai 68 à Paris, à Londonderry en 1969, ou encore comme ces « Mères de la place de Mai » réclamant la vérité sur le sort de leurs enfants disparus entre 1976 et 1983, durant la dictature militaire argentine.
C’est construire des barricades, comme ces femmes républicaines espagnoles faisant la chaîne pour amasser des pavés, en 1936, photographiées par Agusti Centelles.
Et c’est parfois mourir de s’être soulevés comme le montre Vallotton dans La Charge (1893) ou Alvarez Bravo immortalisant en 1934 un ouvrier mexicain en grève, assassiné.

Une exposition pleine de drames et d’espérance, qui montre qu’il y aura toujours des femmes et des hommes avec des désirs et des gestes pour se soulever, dire non, franchir les murs et les frontières comme ces migrants filmés à la frontière gréco-macédonienne par Maria Kourkouta, en mars 2016.

Catherine Rigollet

Visuels : Gilles Caron, Manifestations anticatholiques à Londonderry, 1969 © Gilles Caron / Fondation Gilles Caron / Gamma Rapho.
Annette Messager, 47 piques, 1992, matériaux divers, piques en métal de différentes tailles, crayons de couleur, tissus, dessins. Courtesy Annette Messager et Marian Goodman Gallery © ADAGP, Paris, 2016 © Annette Messager.
Manuel Álvarez Bravo, Ouvrier en grève, assassiné, 1934, tirage gélatino-argentique. Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, Paris © Musée d’Art moderne de la Ville de Paris / Roger Viollet © Estate Manuel Álvarez Bravo.