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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Sous le vent de l’art brut

vendredi 21 janvier 2011

Du 17 janvier au 26 août 2011
Halle Saint Pierre
2, rue Ronsard, 75018
Tél. 01 42 58 72 89
Ouvert tous les jours de 10h à 18h
www.hallesaintpierre.org

A lire :
- Le catalogue de l’exposition qui consacre une biographie à chacun des artistes.
- "L’art brut aujourd’hui". Hors série n : 4 du magazine Artension, septembre 2010 (qui fait l’objet d’une réimpression en 2011)

Charlotte Zander a tout juste vingt ans lorsque, dans les années 1950, elle commence à collectionner des ex-voto, des marines et des peintures populaires. Aujourd’hui, sa collection dédiée à l’art naïf, mais aussi brut, singulier ou à la marge….totalise 4000 œuvres abritées au château de Bönnigheim, en Allemagne. La Halle Saint-Pierre en a sélectionné plus de 400, de 49 artistes internationaux qui ont inventé des manières différentes de dessiner, peindre ou sculpter, souvent dans l’ignorance de la culture établie et avec des matériaux modestes. Si certains sont célèbres, tels Bauchant, Boix-Vives, Le douanier Rousseau, Lesage, Séraphine de Senlis, Scottie Wilson ou Wölfli, beaucoup restent inconnus ; la notion de carrière leur était étrangère comme l’idée d’exposer. Le parcours de cette exposition impressionnante par sa richesse et la diversité de ses styles, est un véritable voyage dans l’onirisme, le fantastique et l’étrangeté, le conscient et l’inconscient, renvoyant constamment à une interrogation sur la vie et le profil psychique des hommes et des femmes qui nous y entrainent. Envoyé en prison en 1989 pour trafic de drogue, l’américain Jeffry Hill a sculpté des scènes religieuses et érotiques dans des savonnettes blanches comme l’ivoire. Né en 1892 en Lituanie, Friedrich Schröder-Sonnenstern fut plusieurs fois interné pour cause de vagabondage, vols, voies de fait, puis maladie mentale. Très prisés des surréalistes, ses grands dessins colorés peuplés de figures hybrides dominées par une idole maternelle aux attributs sexuels impressionnants, firent souvent scandale lors de leurs expositions. Face aux œuvres de Llija Bosilj (1895-1972), on pense à la féerie de signes symboliques et poétiques de Miro. Fils de paysan, né en Serbie, Bosilj a peint toute sa vie des tableaux allégoriques inspirés de légendes, contes serbes et scènes bibliques. De son vivant, il a participé à de nombreuses expositions où figuraient également des œuvres de Picasso, Chagall, Klee, Kandinsky et Schiele. Né en Croatie, autodidacte également, Sava Sekulic (1902-1989) sera tour à tour ouvrier agricole, charpentier, maçon, batelier… avant de se mettre à peindre vers 1932 pour illustrer ses poèmes. Son œuvre, hors du temps, est peuplé de créatures fantasmagoriques, des animaux stylisées évoquant Chagall et des personnages aux cheveux et bras qui s’étirent et s’enroulent comme les tentacules d’une pieuvre. Engagé volontaire sur le front espagnol en 1936, Carlo (1916-1974) poignarde son capitaine dans un moment de folie. Interné, atteint de délire de persécution et harcelé par des hallucinations visuelles terrifiantes, il se réfugie dans la musique et le dessin à partir de 1947. Il réalisera près de 3000 dessins autour du symbole du nombre 4, des œuvres où dominent des silhouettes percées de trous. Fous, naïfs, visionnaires…réunis « sous le vent de l’art brut », tous ces artistes sont finalement libres de toute étiquette et surtout des techniques ou des dogmes de la rationalité. Ils nous offrent des œuvres d’une incroyable vitalité, puissamment inspirées, d’une grande richesse esthétique, définitivement inscrites dans l’histoire de l’art.

Catherine Rigollet