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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Tintoret. Naissance d’un génie

dimanche 11 mars 2018

Du 7 mars au 1er juillet 2018
Musée du Luxembourg
19, rue de Vaugirard – 75006 Paris
Tous les jours, de 10h30 à 18h
Jusqu’à 19h vdi, sdi et dim + jours fériés
Fermé le 1er mai
Tarif plein : 13€
www.museeduluxembourg.fr

« Le petit teinturier » (Tintoretto), voilà un surnom bien modeste pour celui qui deviendra un génie de la peinture à l’instar de son maître, et grand rival, Titien. Né à Venise en 1518, d’un père teinturier, Jacopo Robusti est certes de petite taille et d’extraction modeste, mais avant même ses vingt ans, il est un peintre célèbre, possédant son propre atelier avec des collaborateurs et ayant déjà peint L’Adoration des mages (vers 1537-1538) ; une œuvre d’une grande originalité, dans laquelle il a su combiner les sources d’inspiration, dont L’Adoration des bergers de Titien, pour livrer sa propre version. Ce ne sera pas sa seule peinture inspirée du Titien. La fameuse toile La Conversion de saint Paul, dans laquelle tout l’espace pictural semble résonner de la tonitruante question divine « pourquoi me persécutes-tu », adressée à Saul (futur saint Paul), rappelle des éléments de la composition de La Bataille de Spolète du maître de Cadore.

Il n’empêche, nourri de ses maîtres, ouvert aux idées et formes nouvelles venues de toute l’Italie et de l’Europe entière, l’ambitieux Tintoret est sorti de l’anonymat. Il va rapidement s’affirmer sur le devant de la scène, recevoir de nombreuses commandes du clergé et de la noblesse. Il ne se limite pas à la peinture religieuse, la profane le séduit aussi. Il peint de nombreux portraits, personnalités ou amis proches, d’une grande intensité dans l’expression comme ce portrait d’homme au regard pénétrant (peut-être Lorenzo Soranzo ?, 1547). Il réalise des tableaux décoratifs inspirés de l’Ancien Testament ou de la mythologie antique comme ce violent Caïn et Abel (une petite huile sur bois qui devait faire partie à l’origine de la décoration d’un meuble). Le nu féminin occupe aussi une place centrale dans sa production. L’un des plus fameux est Le Péché originel. À priori « classique » dans sa représentation d’Adam et Eve nus, cette grande toile révèle un détail incongru. Dans un souhait de naturalisme, et d’humour impertinent (ou les deux), Tintoret a représenté Adam le dos blanc, mais la nuque hâlée par le soleil, (un détail qui ne saute pas immédiatement aux yeux du visiteur), comme si le premier homme n’était pas nu, mais dévêtu…

Ce sont les quinze premières années de sa carrière, témoins de ses œuvres de jeunesse, qui sont rassemblées au musée du Luxembourg, dans cette exposition qui célèbre le 500e anniversaire de la naissance de Tintoret. Elle met en évidence la précocité et l’importante production du Tintoret. Une productivité qui interroge les spécialistes. Le jeune Jacopo est-il bien l’auteur de toutes les œuvres qu’on lui attribue ? Et d’avancer le nom de Giovanni Galizzi qui aurait pu collaborer à plusieurs tableaux religieux (où être sa doublure), notamment vers 1544, à une période où Tintoret élargit considérablement sa production. Cela n’enlève rien à la virtuosité, à l’indépendance d’esprit et à l’éclectisme d’un artiste précoce que l’on suit d’œuvre en œuvre dans sa quête d’identité.

Catherine Rigollet

Visuels : Tintoret, Caïn et Abel, vers 1538-1539, huile sur bois, 31 x 78,5 cm. Budapest, Szepmuveszeti Muzeum. © Szepmuveszeti Muzeum/ Museum of fine Arts, Budapest, 2018. Photo L’Agora des Arts.
Tintoret, Portrait d’homme (Lorenzo Soranzo ?), 1547, huile sur toile, 63 x 51 cm. Nantes, musée d’Arts de Nantes © RMN-Grand Palais / Gérard Blot.
Tintoret, Le Péché originel, vers 1551-1552, huile sur toile, 150 x 220 cm. Venise, Gallerie dell’Accademia. Photo L’Agora des Arts.