L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

" Beaux livres d’art. Catalogues d’expo. Sélection de nouveautés". Par Catherine Rigollet
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Les livres

Artistes en Normandie. Delacroix, Monet, Bonnard, Doisneau...

Chaque été, la Ville de Deauville lève le voile sur une partie des collections des Franciscaines, futur lieu culturel qui ouvrira ses portes en 2020. L’exposition "Artistes en Normandie" (présentée à Point de vue, du 8 juillet au 16 septembre 2018) présente ainsi 46 œuvres, des représentations de la Normandie, tant en peinture qu’en photographie, de 1830 à nos jours. À travers une sélection de peintures et de photographies, cet ouvrage qui l’accompagne présente cent-cinquante ans de chefs-d’œuvre issus de la collection du Musée des Franciscaines de Deauville et de la collection Peindre en Normandie.
Les paysages ruraux, portuaires et balnéaires normands sont à l’honneur avec Delacroix (Falaises à Dieppe, vers 1834), Corot (Rue de Village en Normandie, 1875), Monet (Etretat, vers 1864), Boudin (Marée basse soleil couchant, vers 1880-85), Le Sidaner (Voiliers sur la mer dans le lointain, 1896), Dufy (Le Bassin du Roy au Havre, 1907), Vuillard (et son superbe Jardin à Amfreville, vers 1905-1907 au vert et bleu acidulés et irradiants – cf. couverture du catalogue), André Hambourg (En septembre sur la plage à Trouville, 1971). Mais aussi Doisneau (Deauville 27 juin 1963) ou Massimo Vitali (La Plage de Deauville, 2011). Tous les artistes possédant leur propre regard sur cette Normandie qui les a enchantés, déclenchant leur envie de la peindre. Et nous de la voir et revoir à travers leur regard.

C.R

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Sous la direction d’Alain Tapié.
Coédition Musée des Franciscaines, Deauville / Somogy éditions d’Art.
Parution :
15 août 2018
96 pages
19€


Pastels du musée du Louvre, XVII-XVIIIe siècles

On compare souvent la poudre colorée du pastel à celle couvrant les ailes du papillon. Aussi fine, aussi fragile. Dans un ouvrage passionnant, Xavier Salmon invite à mieux connaître l’histoire de cette technique et dévoile des secrets d’histoire et d’exécution des quelque cent-soixante pastels européens des XVIIe et XVIIIe siècles (âge d’or du pastel) conservés au musée du Louvre ; la plus importante collection en France. Ce catalogue accompagne l’exposition En société, Pastels du Louvre des XVIIe et XVIIIe siècles, du 7 juin au 10 septembre 2018, qui invite à redécouvrir des œuvres de Charles Le Brun, Robert Nanteuil et Joseph Vivien au XVIIe. De François Boucher, Jean-Baptiste Chardin, Joseph Ducreux, Jean-Baptiste Greuze, Adelaïde Labille-Guiard, Élisabeth-Louise Vigée Le Brun, Jean-Baptiste Perronneau et surtout Maurice Quentin de La Tour, au XVIIIe. S’y ajoutent quelques rares artistes étrangers tel l’anglais John Russell et sa réputée « petite fille aux cerises » (Mary Hall, future épouse de Joseph Paice Vickery, 1788). En Europe, la France fut en effet le seul pays à connaître un réel engouement pour le pastel. Séduits par le velouté de cette poudre si délicate à poser, les artistes en firent même des œuvres en elles-mêmes.

La plupart sont des portraits, témoins d’une époque, d’une société, mais aussi de la psychologie des personnages, et quelques autoportraits, comme le célèbre Autoportrait aux bésicles (1771) de Chardin. Une figure du peintre vieillissant qui enchanta Marcel Proust, qui en fit un long descriptif : « (…) Le moindre pli de peau, le moindre relief d’une veine, est la traduction très fidèle et très curieuse de trois originaux correspondants : le caractère, la vie, l’émotion présente ». Xavier Salmon rappelle que Chardin, très affecté physiquement par l’usage de la peinture à l’huile à cause des pigments à base de plomb et des liants, ne travailla plus qu’au pastel à partir des années 1770. Il n’empêche, son talent de pastelliste le hissa au même niveau que son rival en la matière : Maurice Quentin de La Tour, considéré par les frères Goncourt comme le maître en la matière, au XVIIIe siècle.

On ne peut que les approuver en contemplant son Autoportrait à l’œil-de-bœuf ou à l’index. Et surtout son grand portrait de Jeanne Antoinette Lenormant d’Etiolles, marquise de Pompadour. Une œuvre d’une grande délicatesse des tons et d’une précision extrême, jusque dans les moindres détails de la composition qui ne doit rien au hasard. Ainsi ces ouvrages reliés posés sur la table, comme De l’Esprit des lois de Montesquieu, dont il ne manque pas une dorure à la reliure, la partition de musique tenue par la favorite de Louis XV, où encore cette gravure extraite du Traité de pierres gravées publié par Pierre Jean Mariette en 1750, posée sur la console. Autant d’objets ostensiblement figurés pour montrer une Madame de Pompadour, femme à la mode certes dans sa somptueuse robe bordée de dentelles, mais aussi protectrice des arts et sensible aux idées nouvelles. Un portrait au pastel qui fut alors largement commenté, et critiqué…L’art n’y était pour rien.

Catherine Rigollet

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Xavier Salmon
Louvre Editions / Hazan
Format 245 x 285 cm
384 pages, 230 ill.
59€


California Crazy. American Pop Architecture

Au début des années 1920, l’ère automobile a commencé, l’envie de voyager des Américains se développe et une nouvelle vague d’entrepreneurs ingénieux entendent bien tirer parti de ce nouveau mode de transport. D’extravagantes architectures se mettent à pousser sur le bord des routes. Ces édifices prennent les formes les plus diverses : figurine, bateau, cafetière, tasse, tonneau, donut, cornet de glace, fruit, légume, animal, etc. Gigantesques de préférence. Certains sont aussi des répliques de château fort, de pyramide ou d’igloo. Ils visent à attirer l’œil des automobilistes et des routiers de passage à la recherche de carburant, d’une bière, d’une glace, d’un repas sur le pouce, d’une distraction ou de souvenirs touristiques.

Considérées comme monstrueuses et rejetées en bloc par l’establishment architectural de l’époque, ces constructions hors norme ne cessèrent pourtant de se multiplier, notamment dans le Sud des États-Unis et de la Californie. Un concept de « California Crazy » englobant aussi l’architecture d’intérieur, la signalétique et les automobiles les plus fantaisistes. Balayées par l’Histoire, ces architectures populaires à la fois novatrices et rebelles, regagnèrent leurs lettres de noblesse il y a une quarantaine d’années. Elles sont célébrées dans cette anthologie, réactualisée, qui présente les plus beaux « spécimens » de ce style d’architecture. Elle réunit aussi des essais qui décryptent les courants ayant favorisé la naissance de ce mouvement et identifient les paysages et comportements non conventionnels des à-côtés de Los Angeles et de Hollywood ayant permis à ces bâtisses loufoques de fleurir en masse.

On se régale à parcourir ce florilège d’architectures excentriques.

C.R

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De Jim Heimann
Ed. Taschen
Relié, 21 x 28,5 cm
Version anglaise
324 pages
40 €


Gratte-Ciel

Vous ne trouverez aucun gratte-ciel français dans ces 45 défis architecturaux de New York à Dubaï. Si l’Europe n’est pourtant pas absente de cette course au gigantisme, c’est essentiellement en Amérique du Nord et surtout en Asie et au Moyen-Orient que la compétition se joue, avec comme dernier record à battre : le Burj Khalifa de Dubaï : 828 mètres. Soit le double du légendaire Empire State Building construit en 1931. À ces hauteurs stratosphériques, la conception des tours « megatall » relève autant de l’ingénierie que de l’architecture. C’est à Adrian Smith de SOM (Skidmore-Owings&Merrill) que l’on doit ainsi cette tour de 63 étages de bureaux, logements et hôtel, construite en 2010. Depuis, aucune autre n’est venue battre ce record établi par SOM, des spécialistes en la matière qui ont déjà signé : Le John Hancock Center et La Willis Tower à Chicago ou encore le One World Trade Center à New York.

Vitrines du rêve américain, comme de l’obsession du superlatif qui a gagné les pays émergents, ces gratte-ciel sont des prouesses architecturales qui fascinent et qui forcent l’admiration par la beauté du geste architectural qui les a dessinées, à chaque fois unique. Car loin des tours standardisées des années 1950, la diversité des formes est devenue la priorité pour l’environnement urbain. Une frise en dernière page témoigne de cette variété : de la pyramide de la Transamerica Pyramid de San Francisco, au torse en rotation du Turning Torso à Malmö. De la balle de revolver du St Mary axe à Londres, à la pagode chinoise du Taipei 101 à Taïwan.

Cet ouvrage propose un tour du monde des gratte-ciel les plus emblématiques construits entre 1902 et 2014, regroupés par continent. Chaque gratte-ciel est présenté sur deux doubles-pages, avec son histoire, les coulisses de sa création, les caractéristiques de sa structure, une photo pleine page et des illustrations. Un glossaire des mots techniques complète judicieusement ce passionnant guide grand public.

C.R

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John Hill
Ed. Alternatives
Parution : 15-02-2018
192 p. illust.
20€


Aux 4 coins. Paris en polaroid

« Le véritable voyage ne consiste pas à chercher de nouveaux paysages, mais à avoir de nouveaux yeux », écrivait Marcel Proust. Clément Grosjean, arpenteur parisien, flâneur de l’insolite, nous les ouvrent bien grands. Ce photographe français qui capture le monde avec des appareils Polaroid depuis 1998, privilégie l’authenticité des instants spontanés en portraits ou en photographies de rue.
De la Tour Eiffel aux Abbesses, en passant par la Motte Piquet Grenelle et le Canal Saint Martin, il nous entraîne dans un parcours singulier à travers Paris fait de souvenirs intimes, comme autant de petits fragments de mémoire et de nostalgie que tout parisien ou amoureux de la capitale peut partager. Un voyage immobile et poétique en 30 mosaïques accompagnées de textes de Nicole Barrière. Poète, écrivain, essayiste, traductrice, Directrice de la collection Accent tonique aux Éditions l’Harmattan, elle travaille régulièrement en dialogue avec d’autres artistes : peintres, photographes, musiciens.

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Clément Grosjean
Textes Nicole Barrière
Les petites éditions
21x21cm, broché
64 pages
Sortie avril 2018
ISBN 978-2-9540665-9-2
20€


Normandie, maisons et jardins d’écrivains. Lieux d’inspiration

Les amoureux de la Normandie et du patrimoine en général devraient être séduits par ce beau livre consacré aux lieux de mémoire de 25 écrivains (du XVe au XXe siècle) ayant un lien fort avec la Normandie. Illustré de plus de 120 photographies, il permet de découvrir notamment des lieux fermés au public comme ceux liés à André Gide à Cuverville, Marguerite Duras à Trouville, Guy de Maupassant à Etretat, André Maurois à Elbeuf, la Comtesse de Ségur au Château des Nouettes ou bien encore Alexis de Tocqueville au Château de Tocqueville.
Qu’ils soient Normands de naissance ou d’adoption, ils ont, chacun à leur manière, magnifié l’atmosphère normande si particulière. Ainsi, si Marcel Proust était parisien, c’est bien la Normandie et notamment Cabourg (Balbec) et la Côte Fleurie qui inspira l’auteur de À la recherche du temps perdu. Y séjournant chaque été à partir de 1907, « il enchaîne les visites d’églises et d’abbayes », souligne Jérôme Marcadé, auteur de l’ouvrage, également parisien de naissance et Normand de cœur.
C’est au Havre, qui fête en 2017 les 500 ans de sa création et celle de son port que Raymond Queneau est né, un 21 février 1903. Plus havrais que normand, l’auteur de Zazie dans le métro a passé toute son enfance dans cette ville meurtrie par les bombardements lors de la Seconde Guerre mondiale. La reconstruction du Havre avec ses architectures d’Auguste Perret et d’Oscar Niemeyer, lui inspire Le Café de France en 1947, une nouvelle dans laquelle Queneau s’affirme « havrophile ». De sa maison natale à son lycée en passant par la bibliothèque, le visiteur peut encore partir sur ses traces. Terminons avec Flaubert, né à Rouen et qui fit de Croisset, en bord de Seine, son havre de paix et d’écriture, faisant des pays de Caux et d’Auge le cadre de ses principaux romans : Madame Bovary et Bouvard et Pécuchet.

Un livre qui nous invite à entrer dans l’intimité de ces lieux de mémoire des écrivains normands au travers des photographies de Benoît Delplanque. Simples maisons ou belles demeures, grands parcs arborés ou petits jardins clos, tous reflètent la diversité de cette région qui fleure la pomme et le varech, riche d’une diversité de paysages et de mille lieux de patrimoine à visiter.

C.R

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Texte : Jérôme Marcadé
Photos : Benoît Delplanque
Éditions des Falaises
Collection Lieux d’émotion
160 pages – 120 photos
29€


Un Américain à Paris

Dessins d’architecture de la donation Neil Levine

Publié à l’occasion de l’exposition de la collection de dessins d’architecture de Neil Levine, ce catalogue est déjà un hommage à cet historien de l’architecture, grand spécialiste d’Henri Labrouste et de Frank Lloyd Wright, et défenseur de bâtiments français du XIXe déconsidérés dans les années 1960, comme la bibliothèque Sainte-Geneviève à Paris, ou qui menaçaient d’être détruits, comme la gare d’Orsay. Constituée entre 1968 et la fin des années 1970, et léguée au musée d’Orsay en 2013, la collection de 300 dessins d’architecture de Neil Levine s’articule autour de deux axes reflétant ses intérêts d’historien : les innovations des architectes de la période romantique, dont Labrouste fut un des plus célèbres représentants (Neil Levine fut un des premiers à démontrer qu’Henri Labrouste fut davantage qu’un pionnier de l’architecture métallique), et la formation architecturale de l’École des beaux-arts, que Labrouste contribua à faire évoluer.

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Co-édition (bilingue) Hazan-Musée d’Orsay
96 pages
ISBN 978-2-7541-096-28
22€


De Staël en Provence

Ce catalogue officiel de l’exposition « Nicolas de Staël en Provence » à l’Hôtel de Caumont - Centre d’art à Aix-en-Provence (du 27 avril au 23 septembre 2018), se concentre exclusivement – comme l’exposition- sur les œuvres peintes par l’artiste en Provence de juillet 1953 à octobre 1954. Cette année marque un tournant dans la vie et l’œuvre du peintre. Il découvre la lumière du Midi, fait aussi l’expérience intense de la solitude et puise son génie dans le désespoir le plus profond, dans l’exaltation la plus haute, dans une relation amoureuse périlleuse avec Jeanne, une amie de René Char. À partir de Lagnes (juillet 1953) et de Ménerbes (novembre 1953), le regard du peintre aura rencontré son « feu ». Les paysages sont saisis au plus près de leur motif, avec une attention portée à l’évolution de la lumière au fil de la journée.

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Gustave de Staël et Marie du Bouchet
Ed.Hazan
240 x 280 mm
216 pages
100 illustr.
29€


Une histoire de la peinture pour les enfants

Cet ouvrage richement illustré raconte l’histoire de l’art pictural, des peintures rupestres de Lascaux jusqu’à Jean-Michel Basquiat. Il déroule au fil des siècles l’évolution de l’art pictural à travers les tableaux de ses plus grands maîtres aussi bien dans la peinture européenne qu’asiatique ou orientale. Une belle galerie de peintures où l’on croise Jan van Eyck, Boticelli, Leonard de Vinci, Michel-Ange, Bruegel, Le Caravage Rembrandt, Vélasquez, Vermeer, Goya, Hokusaï, Turner, Van Gogh, Munch, Monet, Bonnard, Matisse, Dali, Picasso, Pollock, Frida Khalo, Roy Lichtenstein. Pour chaque tableau, un petit paragraphe nous explique l’œuvre, tandis qu’un autre nous parle de l’artiste enrichi d’une anecdote marquante autour de ses créations. Des petits dessins animent la page de façon ludique. Un livre original pour s’initier à la peinture et à l’art.

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De Mick Manning
Illustrations Brita Granström
Editions Gründ
Parution 28-09-2017
88 pages
14,95€


Gaetano Pesce. Réinventer le monde sensible

Gaetano Pesce occupe depuis près de cinquante ans une position originale dans l’architecture et l’art du design. Toute sa vie, cet architecte, peintre, designer, sculpteur et philosophe italien (né en 1939 à La Spezia, près de Venise) a voulu faire accepter l’idée que l’art possède aussi une dimension pratique, utile et pragmatique. Conciliant la série industrielle avec la création de pièces uniques, il a donc cherché à gommer la frontière entre le design et l’art contemporain (« Je ne vois pas de différence entre le design et l’art », répète-t-il), réinventant la forme de nombreux bâtiments et objets du quotidien, tout en repensant leur mode de fabrication technique et l’usage des matériaux de synthèse.

En 1959, il participe à Padoue à la formation du groupe N, des jeunes architectes et designers rêvant d’inventer une forme artistique propre au service du public, loin de l’élitisme. En 1969, il crée l’une de ses œuvres les plus importantes le fauteuil UP, appelée aussi La Mama, parce qu’elle évoque une femme -aux rondeurs très felliniennes-, attachée à un boulet. Avec cette œuvre « féministe » (selon les convictions de Pesce qui dénonce ici la femme traitée comme prisonnière), aux formes anthropomorphes et à l’esprit du Pop art, le designer accède à une renommée internationale.

Depuis, naviguant entre Milan, Paris et New York, le fringant Pesce ne cesse d’inventer des formes, des usages et des matières nouvelles, pour des lampes, des chaises, des bijoux, des lustres ou des maisons. Il aime les objets utiles, les imperfections sources de beauté, l’erreur qui peut être une sorte de chance, l’asymétrie, l’hybridation (comme ses fauteuils Feltri en feutre, à cheval entre le vêtement et le meuble), la couleur (son héritage vénitien), le confort et les formes organiques (son fauteuil UP dans lequel on peut se lover en témoigne) et la gastronomie italienne ! Son fauteuil Sensa Fine Unica, créé en 2010 ressemble à une montagne de spaghetti (en PVC coloré), et il a aussi créé un Vase Spaghetti en résine de polyuréthane (édition Fish Design, 2016).
Fruit d’une année d’entretiens avec Philippe Garnier, cet ouvrage en forme d’abécédaire révèle le parcours et la pensée de ce designer militant, piquant et cultivé.

Catherine Rigollet

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Édition Buchet-Chastel
Entretien avec Philippe Garnier
Collection « Entretiens »
19 janvier 2017
232 p.,19 ill.
19€


6000 ans de réceptacles. La vaisselle des siècles

À partir du 17 mai 2017 et jusqu’au 31 janvier 2018 le Musée Barbier-Mueller (Genève) présente cent pièces majeures de ses collections, de provenances, époques, cultures et matériaux divers, qui furent sélectionnées et classées par « rayons » par le poète, romancier et critique d’art Michel Butor (décédé en septembre 2016), offrant une interprétation poétique de chacun de ces conteneurs.
Inspiré par ces réceptacles, Butor a, pour chacun d’eux, écrit un poème après les avoir, au préalable, classés par « rayons » en fonction du rôle que leurs formes lui ont chuchoté. Ces boîtes, vases, plats, situles et carafes sont devenus dans son regard tantôt préparateurs, présentateurs ou verseurs tantôt décorateurs, conservateurs ou donateurs. Les 100 réceptacles reproduits dans ce livre proviennent de grandes civilisations de l’Antiquité, de cultures majeures d’Afrique, d’Océanie, des Amériques et, dans une moindre mesure, d’Asie. Des vases d’artistes contemporains occidentaux, toujours choisis par Michel Butor, figurent également dans cet ouvrage-catalogue. Tous sont reproduits en quadrichromie sur la planche de droite tandis que les poèmes de Michel Butor apparaissent en regard sur la planche de gauche.
Patrimoine de l’humanité, ils présentent un panorama non seulement temporel mais aussi géographique de la création humaine.

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Ouvrage collectif
Sous la direction de Michel Butor
Éditions Ides et Calendes
Juin 2017
240 pages, 101 ill.
69€