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11ème biennale d’art contemporain. Une terrible beauté est née

lundi 19 septembre 2011

Du 15 septembre au 31 décembre 2011
La 11e Biennale de Lyon rassemble 60 artistes du monde entier, venus principalement d’Europe, d’Afrique et d’Amérique latine, et dont les œuvres sont exposées sur 14 000m2 dans quatre lieux : La Sucrière, la Fondation Bullukian, le Musée d’Art Contemporain de Lyon et l’usine T.A.S.E (ancienne fabrique de soie artificielle construite à Vaulx-en-Velin en 1924).
Commissaire invitée Victoria Noorthoorn.

www.biennaledelyon.com

- Plus de 100 lieux d’art et de culture du Grand Lyon et de la région Rhône-Alpes s’associent à la Biennale de Lyon.

Côté beauté, on est loin de l’Aesthetic Movement. des années 1860-1900 en Angleterre qui prônait l’art pour l’art. Autrement dit un art avec comme seule vocation la beauté, sans considération sociale, politique, religieuse ou morale. Ici l’art EST Politique, au sens où les artistes, citoyens du monde, alertent, interpellent, questionnent, revendiquent, prennent position. Et ce qu’ils expriment, en force, en poésie et beauté le plus souvent (on passera sous silence les œuvres peu convaincantes ou absconses), est à l’image de leurs œuvres : terrible. Alignement de cercueils évoquant l’état dramatique de 55 pays d’Afrique (The Time de Barthélémy Toguo). Homme nu semblant tirer le poids du monde et luttant pour rompre ses chaînes (Puxador de Laura Lima). Poids de la mémoire et tentative d’autodafé pour s’en délivrer (Stronghold, impressionnante installation de Robert Kusmirowski). Lac de sang aspiré dans un tourbillon puis submergeant à nouveau le territoire comme l’annonce d’une fin du monde (El silencio de las sirenas d’Eduardo Basualdo). Univers urbain labyrinthique et oppressant (The Capacious Memory de Robbie Cornelissen). None en prière encapuchonnée dans un état de soumission-prostration face au poids de la religion (The Nun of Bruges de Guillaume Bijl). Visages trahissant la folie (Marlene Dumas). Amour chronométré (Michel Huisman et son impressionnante sculpture Le Poisson). Machine à rééduquer et formater les individus (Eva Kotatkova). Obsession du temps qui passe (Fernando Bryce). Le constat semble sans appel : la plupart des artistes contemporains internationaux réunis à Lyon désespèrent du monde. À défaut de le réinventer, l’imagination au service de leur art est un moyen pour eux de se libérer.

Catherine Rigollet