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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Bill Viola. Une exposition à vivre

mercredi 5 mars 2014

Du 5 mars au 21 juillet 2014
Grand Palais
Entrée Champs-Elysées
Du mercredi au samedi, de 10h à 22h
Dimanche et lundi, de 10h à 20h
Nuit européenne des musées : ouverture gratuite et exceptionnelle le 17 mai, de 20h à minuit
Plein tarif : 13€
www.grandpalais.fr

Parler d’immersion totale dans l’univers d’images digitales de Bill Viola n’est pas excessif, tant l’eau est omniprésente dans l’œuvre de l’artiste. Elle en est sa source et se transforme dans ses vidéos en déluge (Going Forth by Day), cataracte (Three Women), cascade (Tristan’s Ascension), ou plus sereinement, mais tout aussi angoissant, en miroir d’eau (The Dreamers). Enfant, Bill Viola frôla la mort par noyade. Il aurait pu en garder un souvenir terrifié. Mais ce temps passé en apesanteur, ce silence, cette lumière bleue apaisante dont il se souvient, lui ont permis au contraire de se défaire de la peur de la mort. « Cette mort indispensable pour qu’il y ait la vie », dit-il. Créée en 1979, The Reflecting Pool (le bassin miroir), constitue une œuvre fondatrice du travail de cet artiste américain, né à New York en 1951 et qui a choisi de vivre en Californie, aux portes du désert, pour ses grandes étendues et le bruit du vent qui nourrissent son travail inscrit dans la durée. Un paysage lien entre le moi intérieur et le moi extérieur de cet homme, un rien prédicateur, qui ne cesse d’interroger la vie, la mort, la conscience, l’amour, la passion, le temps, la création, l’espace…–et nous y confronte, à travers ses installations vidéo. Des paraboles dans lesquelles la spiritualité suinte au fil des images, d’autant plus efficaces qu’elles sont souvent monumentales, enveloppant le visiteur dans l’univers métaphysique et poétique de l’artiste.

« Chacun trouvera ce qu’il cherche ou ce dont il a besoin », inutile selon lui de donner davantage d’informations qui risquent de tuer l’imagination, de polluer l’esprit. Il faut en revanche prendre le temps, cette matière première de l’œuvre de Bill Viola qui s’inscrit aussi dans l’histoire de l’art. Faisant référence aux grands maîtres tels que Goya, Jérôme Bosch ou encore Giotto, transformant Going Forth By Day, vaste ensemble mural de tableaux digitaux en fresques, comme celles de la basilique Saint-François d’Assise, sommet inégalé de l’installation artistique selon Viola.
Dans The Voyage, l’une des cinq vidéos de Going Forth By Day, on croit d’ailleurs reconnaître Bill Viola dans ce personnage assis au soleil, adossé au mur d’une pièce à l’intérieur de laquelle un jeune couple veille un homme en train de mourir, méditant sur l’existence en regardant un bateau que l’on charge des meubles provenant de la maison, prémices de la traversée du Styx...

De The Reflecting Pool (1977-79) à The Dreamers (2013), les cinq décennies de l’œuvre de Viola sont représentées dans l’exposition du Grand Palais, sa première grande rétrospective en France dont le commissariat est assuré par Jérôme Neutres et Kira Perov, la femme de Bill Viola et sa principale collaboratrice depuis leur rencontre en 1977. Avec vingt œuvres (principalement issues du Studio Bill Viola ou de la collection Pinault), soit plus de trente écrans et des heures d’images, elle constitue un voyage dans l’imaginaire de cette grande figure de l’art vidéo et de son questionnement intimiste et universel : qui suis-je ? Où suis- je ? Où vais-je ? Des réflexions qu’il consigne aussi depuis quarante ans dans les quarante tomes de son Journal.

Catherine Rigollet

Visuel page expo : Bill Viola, Going Forth By Day (détail), 2002, « First Light » (panneau 5), installation vidéo sonore, cycle de cinq projections, 36 minutes, performers : Weba Garretson, John Hay, Collection Pinault, Photo Kira Perov.
Bill Viola, Going Forth By Day (détail), 2002, « The Deluge » (panneau 3), installation vidéo sonore, cycle de cinq projections, 36 minutes, Collection Pinault, Photo Kira Perov.
Visuel page d’accueil : Bill Viola, Ascension, 2000, installation vidéo sonore, 10 minutes, performeur : Josh Coxx, Bill Viola Studio, Long Beach, Etats-Unis, Photo Kira Perov.
Bill Viola, Fire Woman, 2005, projection vidéo couleurs haute définition, quatre enceintes, 11 minutes 12 secondes, performer : Robin Bonaccorsi, Collection Pinault, Photo Kira Perov