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Boltanski. "Personnes". Monumenta 2010

mardi 29 décembre 2009

Monumenta 2010
Christian Boltanski / "Personnes"
Grand Palais
Du 13 janvier au 21 février 2010
www.monumenta.com

Monumenta invite chaque année un artiste contemporain de renommée internationale à investir les 13 500 m2 de la nef du Grand Palais avec une œuvre spécialement conçue pour l’occasion. Après Anselm Kiefer en 2007, puis Richard Serra en 2008, c’est le Français Christian Boltanski qui relève le défi en 2010. Prévu initialement en juin 2009, Christian Boltanski a finalement passé son tour et laissé la vedette à La Force de l’art, un choix stratégique, l’artiste souhaitant confronter son oeuvre à la froideur du plein hiver. C’est le cas, sous la nef glaciale du Grand Palais. Des tas de vêtements sont étendus sur le sol et compartimentés soigneusement, des milliers d’autres sont empilés, pris et rejetés par une grue. Personnes est une œuvre conceptuelle, "visuelle, sonore et éphémère" qui se veut une métaphore sur l’inéluctabilité de la mort et sur le hasard (ou la main de dieu penseront certains) qui préside au destin de chacun. On image un camp de la mort, on croit entendre des battements de coeur, il fait froid et sombre, mais tout est très rangé, très aligné, trop et malgré la taille impressionnante de l’oeuvre et ce qu’elle semble suggérer, finalement l’émotion n’est pas au rendez-vous. Né en 1944 dans une famille juive, l’artiste reste marqué par le génocide juif et toute son œuvre est hantée par la mort, la perte, « la mémoire affective ». Photographe, sculpteur et cinéaste, Boltanski, marié à l’artiste Annette Messager, est surtout connu pour ses installations réalisées à partir d’entassements de vêtements et de photos évoquant des disparus. Il vient de se lancer dans une étonnante collection d’enregistrements de battements de milliers de cœurs humains, qui seront conservés dans une "bibliothèque des cœurs", dans une île de la mer du Japon. Une manière encore de lutter contre l’oubli, son obsession. L’actualité de 2010 n’est pas terminée pour cet artiste original qui à partir du 1er janvier, et ce jusqu’à sa mort, commence son œuvre ultime. Il va être filmé nuit et jour dans son atelier de Malakoff, et les images seront diffusées en direct dans une grotte en Tasmanie où vit David Walsh, joueur professionnel et richissime collectionneur fasciné par les œuvres macabres. Un « jeu » avec ce diable de Tasmanie qui a acheté « en viager » l’œuvre ultime, mais ne pourra l’utiliser qu’après la disparition de Boltanski.

Catherine Rigollet