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Chambord, 1519-2019 : l’utopie à l’œuvre. Le rêve d’un roi.

Fêter ses 500 ans mérite bien une grande célébration et se voir le héros d’une exposition phare retraçant sa vie, ses amours… À commencer par le premier d’entre eux, François 1er. « Mais au fait qu’a-t-il voulu faire de Chambord ? » s’interroge Jean d’Haussonville Directeur général du Domaine national de Chambord. « Ni un pavillon de chasse, ni un château de gouvernement, ni une « danseuse », mais une « œuvre d’art ! »

Le rêve d’un roi


Pour Roland Schaer, philosophe et co-commissaire de l’exposition : « Chambord est avant tout un exercice de rhétorique monarchique, le rêve d’un roi qui veut donner forme à l’idée qu’il se fait de son pouvoir et de son royaume ». Une utopie. D’ailleurs l’époque est aux utopies dans les grands traités d’architecture. L’architecture est conçue et représentée avant d’être matérialisée : elle est invention de formes, « chose mentale ». Mais Chambord n’a pas été terminé. À la mort du roi, en 1547, le château est encore en chantier. D’où l’idée de l’architecte Dominique Perrault de construire le parcours de l’exposition autour de cette notion d’utopie et de lancer un concours international d’architecture auprès d’universités pour « terminer » Chambord et l’ancrer dans le contemporain. L’exposition est donc double : rétrospective et prospective.

Léonard de Vinci et Chambord


À la suite de la bataille de Marignan, François 1er qui a découvert les merveilles de l’architecture italienne et le travail de Léonard de Vinci, l’a invité à séjourner à la cour de France en tant que « premier peintre, architecte et ingénieur du roi ». La personnalité emblématique de François 1er, ainsi que la place de Léonard de Vinci, mort à Amboise quelques mois avant le début de la construction de Chambord, sont illustrées par près de 150 œuvres remarquables. Ainsi ce manuscrit avec un dessin assez énigmatique montrant François 1er prêt à partir en guerre ou en croisade et sa mère lui offrant un livre. Léonard de Vinci est évoqué par un portrait de profil réalisé par Le Titien, exécuté à partir d’une médaille et par trois manuscrits-dessins originaux, issus du Codex Atlanticus. Si à la différence de Romorantin, on ne connaît aucun dessin de Léonard qui soit directement relatif à Chambord, le vieil artiste a été consulté et son influence se fait notamment sentir dans la conception du plan centré du donjon et de l’escalier « à double vis », composé de deux rampes jumelles hélicoïdales s’enroulant l’une au-dessus de l’autre autour d’un noyau creux et ajouré. D’ailleurs, on ne trouve mention d’aucun « architecte » dans la conduite du chantier, ce qui est la norme en France à la Renaissance. La maîtrise d’ouvrage est déléguée à un « superintendant » qui a une fonction d’administration du chantier. En réalité, il est très vraisemblable que les directives, en particulier celles qui ont donné lieu à des remaniements du projet émanaient directement du roi.
Il a imprimé sa marque de la même manière à Blois, Amboise, Fontainebleau, Saint-Germain-en-Laye, Villers-Cotterêts, etc. Mais Chambord reste le modèle de palais idéal. François 1er, roi bâtisseur, est mis en avant avec un vitrail le mettant en scène comme un architecte et onze chantiers de François 1er sont représentés par des dessins et gravures. Si de nombreuses archives de la construction de Chambord ont été perdues, elle a pu être reconstituée de mémoire, au 17e siècle, grâce à une maquette en bois retrouvée à Tours.

Chambord inachevé


L’appel à projets lancé par Perrault a abouti à la sélection de dix-huit universités à travers le monde (dont en France L’École d’architecture de Versailles, l’École d’architecture de Nancy et l’École Boulle). Les élèves ont imaginé ou réinventé plusieurs Chambord, en s’appuyant sur de nouvelles techniques et en intégrant les préoccupations environnementales et écologiques. Les projets sont présentés dans l’exposition. Deux prix seront décernés, dont celui du public invité à voter après sa visite.
Catherine Rigollet
Visuels : Château de Chambord, view of the posterior façade, Jacques Androuet du Cerceau, vers 1570. Dessin sur vélin. British Museum, Londres, (Royaume-Uni).
Codex Atlanticus, Études de physique sur le contrepoids et le mouvement perpétuel
(Fol.1062), Léonard de Vinci, Veneranda Biblioteca Ambrosiana -Pinacoteca (Milan)
(Exposé dans une salle entièrement consacrée aux manuscrits de Léonard de Vinci).
François 1er, roi de France, Tiziano Vecellio, dit Titien, vers 1539. Paris, Musée du Louvre, Département des Peintures.

Du 26 mai au 1er septembre 2019
Domaine national de Chambord
Tous les jours, 9h-18h
Plein tarif : 14,5 €
Tél. 02 54 50 40 00
www.chambord.org