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Domaine de Trévarez. L’oeuvre d’un amateur d’art au XIXe siècle

Président du conseil général du Finistère, député de Quimperlé, James de Kerjégu (1846-1908) est aussi un amateur d’art éclairé, que son mariage avec la fille d’un banquier berlinois a considérablement enrichi. Vivant entre Paris et la Bretagne où il souhaite recevoir luxueusement, il fait appel en 1893 à l’architecte Walter-André Destailleur pour lui construire un château disposant de tout le confort moderne : électricité, chauffage central, salle de bain pour chaque chambre d’invité, ascenseur, y compris pour les locaux réservés aux domestiques.
Dominant la vallée de l’Aulne, avec sa façade de pierres et de briques roses (qui cache une surprenante armature en fer comparable à celle de la Tour Eiffel achevée en 1889), le château est un incroyable mélange de style néogothique, victorien et breton à l’extérieur et de modernité luxueuse à l’intérieur, bien en phase avec l’effervescence de la Belle Époque. Le grand salon, côté ouest, est décoré de peintures inspirées des décors végétaux des salons du 18e siècle ; son plafond à caisson de style néo-Renaissance en staff a été réalisé par Florian Kulikowski, un artiste parisien à qui l’on doit aussi des éléments de décoration pour l’Opéra Comique et la gare d’Orsay. Le vestibule du premier étage conserve dans une niche Retour de pêche, une composition attribuée à Granchi Taylor (1857-1921), membre du groupe de Concarneau et familier de Gauguin, surtout connu pour son affiche des Filets Bleus à Concarneau.
La construction du château et de ses écuries voisines s’accompagne de la création et de l’aménagement d’un vaste parc avec cascades, fontaines, grand bassin, jardin de rocaille, jardin botanique, serres, potager. Les allées principales sont bordées de plantes dites de terre de bruyère : camélias, rhododendrons, hortensias, et d’arbres exotiques...James de Kerjégu n’aura guère le temps de profiter de Trévarez, dont la construction s’achève en 1907, un an avant son décès, à 62 ans. C’est sa fille Françoise, épouse du Marquis Henri de la Ferronnays qui en héritera, y séjournant en période de chasse, jusqu’à la fin des années 1930. Le matin du dimanche 30 juillet 1944, une escadrille de la Royal Air Force bombarde Trévarez occupé par les Allemands. Très endommagé, le château est abandonné, jusqu’à ce que le Conseil départemental du Finistère achète le domaine et l’ouvre au public dans les années 1970. Toujours en cours de restauration, le rez-de-chaussée et une partie du premier étage sont ouverts à la visite.
Devenu un haut lieu du patrimoine finistérien, inscrit au titre des Monuments Historiques en 2009, Trévarez est reconnu "Patrimoine du XXe siècle" pour son château, labellisé "Jardin remarquable" pour son parc à l’anglaise de quatre-vingt-cinq hectares et "Jardin d’excellence" depuis 2016 pour ses collections de camélias. Chaque année un artiste est invité à poser son regard sur le lieu et sur les liens qu’il entretient avec son parc, comme Eva Jospin, en 2018.
Catherine Rigollet
Visuels : Château de Trévarez (29), détail. Photo L’Agora des Arts 2018. Vue générale du Château de Trévarez, photo Didier Olivré - cdp29. Jardin de Rocaille, photo L’Agora des Arts 2018. Bassin de la Chasse (avec l’Empreinte sur l’eau, oeuvre de Shigeko Hirakawa) , photo L’Agora des Arts 2018. Grand salon au 19e. photographie d’époque. cliché L’Agora des Arts. Vasque, photo L’Agora des Arts. Retour de pêche, peinture de Granchi Taylor, photo L’Agora des Arts, 2018.

Domaine de Trévarez
29520 - Saint Goazec
Du 21 mars au 30 juin et du 1er septembre au 4 novembre :
Tous les jours de 13h30 à 18h30
Du 1er juillet au 31 août :
Tous les jours de 10h à 18h30
Du 24 novembre au 6 janvier :
Tous les jours de 14h à 19h30
Plein tarif : 7€
Moins de 7 ans : gratuit
Téléphone : 02 98 26 82 79
www.cdp29.fr