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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Eugène Boudin. Roi des ciels

dimanche 24 mars 2013

Eugène Boudin
Exposition labellisée « Normandie impressionniste »
Du 22 mars au 22 juillet 2013
Musée Jacquemart-André
158, Bd Haussmann - 75008
Tous les jours de 10h à 18h
Nocturnes les lundis et samedis jusqu’à 20h30
Plein tarif : 11 €
Tél. 01 45 62 11 59
www.musee-jacquemart-andre.com

www.expo-eugeneboudin.com

À la fin de sa vie, Monet écrit : « je dois tout à Boudin ». Corot quant à lui le surnomme le "roi des ciels", tant il est vrai que de sa Normandie natale à Venise sur les traces de Guardi dont il admire la légèreté de la touche, en passant par Anvers, Dunkerque, Berck, la Bretagne ou la Côte d’Azur, Eugène Boudin (1824-1898) a su saisir l’atmosphère si particulière de chacun des lieux qu’il a visités, dans une quête toujours renouvelée de la lumière.
Il s’intéresse aux effets de l’eau et des vagues, à l’évanescence des nuages, aux brouillards nacrés, aux instantanés des figures croisées. Comme les peintres de Barbizon, il pose son chevalet hors de l’atelier pour réaliser ses paysages, d’abord à Honfleur où il est né et où il revient s’installer en 1854 à la ferme Saint-Siméon, auberge populaire où il fait venir ses amis, Courbet et le jeune Monet, de seize ans son cadet. Boudin va très vite se concentrer sur les marines et les scènes de plage de la Manche. Son lieu de prédilection : Trouville, ses pêcheurs, ses marchés, ses laveuses évoquées de quelques traits et touches de couleurs et Deauville, fréquentée par la haute société du Second Empire dont il croque les élégantes en crinolines et les concerts au Casino. Las, si Boudin, peintre des ciels brouillés et des atmosphères fugitives est apprécié de quelques collectionneurs célèbres (Feydeau, Tourgueniev, Dumas-fils, Baudelaire, Hoschedé et Viau), sa peinture ne fait pas encore recette. La reconnaissance viendra tardivement, grâce au marchand Paul Durand-Ruel qui lui achète des toiles et le présente en 1886 lors de la grande exposition impressionniste organisée à New York. L’intérêt des amateurs américains est immédiat.

Pour la première fois depuis 1899 (date de l’exposition posthume organisée à l’École des Beaux Arts par Claude Monet), une institution parisienne organise une rétrospective de l’œuvre de Boudin, cet autodidacte, commis chez un papetier-imprimeur avant de fonder sa propre papeterie au Havre, d’y rencontrer des peintres comme Millet et Troyon, de se découvrir le goût de l’art et devenir l’un des précurseurs des impressionnistes aux côtés desquels il expose lors de leur première manifestation en 1874, chez Nadar à Paris.

Cet événement parisien, organisé sous le commissariat de Laurent Manœuvre qui a participé à la rétrospective Eugène Boudin, en 1992 au musée éponyme d’Honfleur, bénéficie de prêts exceptionnels des plus grands musées américains qui possèdent de nombreuses œuvres de l’artiste. Le Musée Jacquemart-André a également reçu des prêts du Museo Thyssen-Bornemisza, du Musée national des beaux-arts du Québec, de galeries françaises (Galerie Schmit qui a publié le catalogue raisonné de l’œuvre peint de Boudin (1973), galerie de La Présidence) et tout naturellement du soutien du Musée d’Art moderne André Malraux du Havre et du Musée Eugène Boudin d’Honfleur, qui possèdent les plus grands fonds d’œuvres de l’artiste en France. Le musée honfleurais a ainsi prêté Les tables à Saint-Siméon et le fameux Honfleur, le clocher Sainte-Catherine, longtemps attribué à Claude Monet.
Au total, près de soixante peintures, aquarelles et dessins sont présentées dans une belle scénographie en gris pâle, dont trente-quatre œuvres jamais présentées en France.

Catherine Rigollet

Visuel : Eugène Boudin (1824-1898), Marée montante à Deauville, 1894. Huile sur toile, 55 x 80 cm. Québec, Musée national des beaux-arts du Québec, Don de la succession Maurice Duplessis. Restauration effectuée par le Centre de
conservation du Québec grâce à une contribution des Amis du Musée national des beaux-arts du Québec. © MNBAQ, photo : Toni Hafkenscheid.
Pêcheuses sur la plage de Berck,1881, huile sur bois, 24,8 x 36,2. Washington, National Gallery of Art – Alisa Mellon Bruce collection - © Courtesy Galerie nationale d’Art, Washington