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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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FASHIONING FASHION. Deux siècles de mode européenne 1700-1915

dimanche 16 décembre 2012

Du 13 décembre 2012 au 14 avril 2013
Musée des arts décoratifs
107, rue de Rivoli – 75001 Paris
Du mardi au dimanche, de 11h à 18h
Nocturne le jeudi jusqu’à 21h
Tél. 01 44 55 57 50
www.lesartsdecoratifs.fr

Le Los Angeles County Museum of art (LACMA) a récemment acquit deux exceptionnelles collections de vêtements et d’accessoires européens anciens appartenant à deux antiquaires, Martin Kamer et Wolfgang Ruf. Constituées de près d’une centaine de pièces en remarquable état, elles reflètent les principales tendances de la mode du XVIIIe aux années 1930, principalement en France, en Angleterre et en Italie, témoignent des savoir-faire et des influences. Après avoir été exposées à Los Angeles et à Berlin, elles sont présentées au musée des arts décoratifs à Paris, enrichies d’autres pièces collectées depuis la création du LACMA en 1915.
Dans un jeu de miroirs démultipliant les personnages, un joli défilé de mannequins féminins et masculins illustre deux siècles de mode, en particulier dans l’aristocratie, seule avec la grande bourgeoisie à pouvoir s’offrir de si luxueuses toilettes et à en changer jusqu’à cinq ou six fois par jour, entre le saut du lit et la soirée à l’opéra. L’exposition s’ouvre sur ces étonnantes robes qui donnaient aux femmes des hanches de plus d’un mètre de large, grâce à deux petits paniers attachés de part et d’autre de la taille. Des toilettes égayées de chinoiseries, de turqueries et de broderies indiennes faisant alors fureur vers 1750, pour la plupart réalisées par les fabriques de Lyon ou de Tours. Chez les Anglais, le style est alors plus sobre, l’élégance plus discrète, mais partout le gilet est la pièce maîtresse de la tenue des hommes. Les élégants en possèdent jusqu’à plusieurs centaines, certains sont de véritables peintures à l’aiguille. L’anglomanie et son goût du confort va faire tomber les paniers des femmes et ôter les perruques des hommes qui adoptent le catogan. À la Révolution française, le vêtement se fait parfois porte-drapeau des opinions comme cet exceptionnel gilet brodé de messages et de motifs symboliques. Le style Empire d’inspiration néoclassique, illustré par les robes à la taille haute de Joséphine agrémentées de châles cachemire apportés par les officiers bonapartistes après la campagne d’Egypte, laisse place vers 1820 au courant romantique et à des tailles très ajustées. Toutefois, les manches répondent à un goût de la disproportion rendue possible par des amplificateurs façonnant les fameuses « manches gigot ». Chez les hommes, le dandysme à la britannique compose des lignes sobres et graphiques, le pantalon long remplace la culotte. Les innovations techniques, la mécanique Jacquard notamment, permettent la production en série et la démocratisation des modèles. Les colorants industriels offrent une nouvelle gamme de coloris inédits. Installé à Paris, le britannique Charles Frederick Worth ouvre un salon de couturier, 7 rue de la Paix, et présente sur de vrais mannequins ses propres créations, lançant à la fois la haute couture et le défilé de mode. Le succès est immense. Nouvelle révolution –de la mode- avec le retour des hanches avantageusement arrondies par les crinolines, ces cages à cerceaux métalliques coupables de tous les excès, jusqu’à restreindre la mobilité des femmes. Les cages seront remplacées par des « faux culs » peu avant 1870, accentuant la chute des reins, mais parallèlement, de nouveaux vêtements font leur apparition, créés spécialement pour les pratiques sportives qui se développent, telle cette rare robe de tennis anglaise en toile de coton, lavable ! Les femmes porteront encore d’étouffant corset au laçage très serré avant de pouvoir respiré librement grâce à Paul Poiret. Le couturier parisien, ancien apprenti de Worth va libérer la femme du corset, des dentelles et des postiches pour lui dessiner des coupes simples et élégantes, remonter la taille, ajuster les robes et les fendre sur le côté pour ne pas entraver la marche. Il sollicitera aussi la collaboration de peintres, tel Raoul Dufy, pour dessiner des motifs.

Catherine Rigollet

Visuel : Robe à la française, Angleterre, vers 1765, satin et façonné de soie © 2010 Museum Associates/LACMA