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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Fernand Léger : Le beau est partout

mercredi 16 août 2017

Du 20 mai au 30 octobre 2017
Centre Pompidou-Metz
1, Parvis des Droits de l’Homme,
57020 Metz
Ouvert tous les jours, sauf mardi
Lundi, mercredi, jeudi, 10h à 18h
Vendredi, samedi, dimanche, de 10h à 19h
Entrée : de 7 à 12€
www.centrepompidou-metz.fr

Même …« dans l’ordre de vos casseroles, sur le mur blanc de votre cuisine ». Fernand Léger (1881-1955) voyait tout simplement la beauté partout et surtout dans « l’objet moderne, roi absolu de notre époque ». Voilà qui éclaire son parcours de touche-à-tout talentueux.

Cette exposition bien documentée a fait le choix, que certains contesteront, d’un accrochage thématique plutôt que chronologique, et couvre en huit sections cinq décennies d’une créativité toujours renouvelée, d’un dialogue incessant avec le monde, sans oublier l’exploration d’autres formes de création, avec des incursions dans les domaines de la typographie, du film, des décors de théâtre ou des costumes pour le ballet.

Un temps cubiste, Léger cherche les “contrastes de formes”, la fragmentation, les chocs chromatiques, il frise l’abstraction. Contrastes dont il trouvera les plus cruels exemples à Verdun, après sa mobilisation, dans les paysages bouleversés et les corps démembrés. De retour à la vie civile dans un monde radicalement changé, il s’intéresse à la ville, avec ses lumières, ses couleurs, ses panneaux et affiches, d’où son intérêt pour la typographie (Le typographe, 1919). Il dépose sur ses toiles des formes industrielles, leurs reflets – c’est sa période “mécanique”. Au contraire du futurisme, Léger fige ses machines, les fait poser. Fasciné par le cinéma, il produit Ballet mécanique, (1924), une quinzaine de minutes sans narration, jouant sur les contrastes de lumière, de rythme, sur la mobilité des objets, sur le cadrage et le montage. (Le film est visible sur YouTube).

Aux Ballets suédois pour lesquels il crée décors et costumes, au cirque qu’il fréquente volontiers, Léger voit le corps humain costumé et en mouvement. Sur ses toiles, de La danse, (1929) aux Grands plongeurs noirs, (1944), peint durant son exil aux États-Unis, les corps colorés plongent, dansent, se mêlent, aériens, en apesanteur. Abandonnant les contraintes du chevalet, Léger se lance dans la peinture murale aussi bien que dans la création de céramiques, de mosaïques et de vitraux. Il reviendra au chevalet dans ses dernières années, prônant un rôle social pour l’art en montrant l’homme moderne, au travail ou occupé à ses loisirs. Mais quelle déception, pour lui, communiste encarté depuis 1945, lorsque les ouvriers de Renault ricanèrent de ses Constructeurs, (1950), -dont on voit dans l’exposition l’état définitif-, accroché dans leur cantine.

Léger sut maintenir dans sa peinture, aussi engagée qu’elle fût, un style bien à lui. Il s’affranchit de la perspective traditionnelle, enferma les corps colorés dans des délinéations noires ou, au contraire, dissocia la couleur du dessin, et n’hésita pas à spatialiser les couleurs grâce à la céramique et au vitrail.

Un art encore aujourd’hui porteur de modernité et d’optimisme. Un excellent moment au cœur de l’été.

Elisabeth Hopkins

Visuels : Fernand Léger, Le Typographe, 1919. Huile sur toile, 130,3 x 97,5 cm. Philadelphia Museum of Art © The Louise and Walter Arensberg. Collection, 1950. © Adagp, Paris, 2017.
Fernand Léger, Les Loisirs-Hommage à Louis David, 1948 – 1949. Huile sur toile, 154 x 185 cm. Centre Pompidou, Musée national d’art moderne - Centre de création industrielle. © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Jean-François Tomasian/Dist. RMN-GP. © Adagp, Paris, 2016.