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Hervé Di Rosa. Peintures, peinture (1978-2018)

Début 1993, Hervé Di Rosa décide de faire son tour du monde de la peinture, s‘arrêtant un ou deux ans dans des ateliers de peinture locaux « afin de détruire mon style », dit-il. Actuellement, ayant accompli dix-neuf étapes, il s’est posé à Lisbonne au milieu des azulejos. L’exposition du Musée du Touquet-Paris-Plage « Peintures, peinture (1978-2018) » raconte ce parcours d’une façon à la fois chronologique et thématique.
Ce voyage dans le travail d’Hervé Di Rosa oscille entre BD, pop art, critique ouverte de la société actuelle et travail plus classique dans ses dernières toiles. Di Rosa amuse avec ses monstres récurrents comme le « René » un cyclope sans nez à la bouche grande ouverte ou le « Raoul » une femme toute rose aux grandes lèvres. Mais l’humour ne cache-t-il pas une autre facette de l’artiste qui médite : « Généralement je pense que ma peinture fait rire, parfois j’en doute. En réalité, Je crois que suis toujours sur le fil du couteau, entre l’humour et l’angoisse ». Dans L’Attaque de la rue du malheur, une grande toile de 1984, la couleur explose dans le chaos. Dans cette ville du Sud où règne la pauvreté, les femmes ont attiré des monstres qui détruisent tout. Les femmes responsables de l’horreur ?!
Quant à La mangeaille de 1986, serait-elle un clin d’œil au film La grande bouffe et un pied de nez à la société de consommation ?
Di Rosa affirme ne jamais évoquer la religion. Et pourtant, l’Artiste et sa femme (1987) semblent bien plantés dans le jardin d’Éden, effrayés face à un monstre qui n’est pas le serpent mais un homme au gros cigare, banquier, galeriste ? La bonne année de 1986, plonge dans l’angoisse. Dans un camaïeu de noirs et de jaunes surgissent des visages nazis et des casques guerriers. « Le réel habite mes dessins, même si ce n’est pas le dessin de la réalité » laisse tomber Di Rosa. Miami croise la route de Di Rosa qui dit que « c’est une ville sans ombre ». Là sa peinture devient épurée à l’image des grands entrepôts de la ville, traversée parfois par un vagabond. Opulence et pauvreté face à face.
Au Vietnam, le peintre s’installe dans le plus ancien atelier qui travaille encore la nacre et la coquille d’œuf, naissent alors des œuvres raffinées habitées de matière précieuse. Retour à la plage, avec L’autocar des vacances, caricature des congés payés avec embouteillages et canettes jetées. Les natures mortes jouent avec le Pop Art. En 2017, La bibliothèque de Victor Prat montre des monstres s’agitant dans une bibliothèque classique, l’ensemble finement peint. Une ode à la culture ?
Françoise Chauvin
Visuels : Portrait d’Hervé Di Rosa © Victoire Di Rosa.
Hervé Di Rosa, La mangeaille, 1986. Huile sur toile de jute, 155 x 155 cm. Collection particulière.

Du 20 octobre 2018 au 19 mai 2019
Musée du Touquet-Paris-Plage
Angle des avenues du Golf et du Château
Le Touquet-Paris-Plage 62 520
Ouvert tous les jours sauf le mardi
Tarif plein : 3,50 €
Tel. 03 21 05 62 62
www.letouquet-musee.com