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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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La Cocina de Picasso : une cuisine goûteuse

mercredi 29 août 2018

La Cocina de Picasso
Du 25 mai au 30 septembre 2018
Museu Picasso, Barcelona
Montcada, 15-23,
08003 Barcelona
Tel. (+34) 932 563 000
Le lundi, De 10h à 17h
Du mardi au dimanche, De 9h à 20h30
Le jeudi, De 10h à 21h30
Entrée : 6,50 €, expo seulement
www.museupicasso.bcn.cat

Légère, colorée et goûteuse comme un gaspacho, cette exposition dédiée à la cuisine, aux deux sens du terme (le lieu et ses ustensiles, et les mets), dans l’œuvre de Pablo Ruiz Picasso (1881-1973). Peintures – versions modernes des “bodegones” espagnoles — sculptures faites d’ustensiles, estampes et céramiques révèlent un artiste étonnamment frugal dans son régime quotidien, lui qui jouit pourtant d’un appétit insatiable pour la vie et les femmes. Picasso cherche-t-il à pérenniser ses souvenirs d’Espagne à travers ses produits, alors qu’il va s’installer à Paris, au Bateau-Lavoir en 1904 ?

Quelque 180 œuvres couvrent une soixantaine d’années pendant lesquelles la table et la cuisine restent un motif récurrent. De 1899, quand il crée les menus du Els Quatre Gats, un cabaret barcelonais où il retrouve ses amis artistes, à son Déjeuner sur l’herbe,1960, plat de résistance de l’exposition, variation sur la toile éponyme de Manet, où nourriture et ustensiles apparaissent sur petit coin de la toile, laissant toute la place aux convives probablement tendus vers d’autres délices.
L’une des premières toiles de l’exposition est Nature Morte, Paris, 1901 : mélange de nature morte hollandaise et de Cézanne. Le génial Picasso n’est pas encore présent. Mais déjà sa versatilité prend le dessus. Passant de sa période bleue au Cubisme puis au surréalisme, il peint des auberges (Le restaurant, 1914), des ustensiles, des fruits et légumes (Nature morte avec cerises, 1943), des poissons et fruits de mer (Picasso n’aimait pas la viande rouge), voire même des portraits validés par un élément de gastronomie (l’adorable Jeune garçon à la langouste, 1941, dans un camaïeu de gris et rose rehaussé de deux touches de bleu).

Ce qui importe, c’est que ses toiles se laissent goûter, humer, comme un vrai plat. « Ainsi j’ai mis dans cette nature morte une botte de poireaux. Eh bien, je voudrais que cette toile sentît le poireau ». Et il décline des poissons en des toiles bleues, ou pose sur trois petites toiles comme des notes sur une partition, un citron, une aubergine et une tomate. Il joue aussi avec les ustensiles pour créer des sculptures surréalistes, tirant un visage féminin d’une simple passoire (Tête de femme, 1929-30).

En 1946, il visite l’atelier de céramique de Vallauris, il travaillera ce matériau pendant une bonne quinzaine d’années, travail immortalisé par le photojournaliste américain David Douglas Duncan (décédé en juin 2018), dont les photographies introduisent le spectateur dans l’intimité du peintre, y compris lorsqu’il juxtapose une empreinte en argile de l’arête de la sole qu’il vient de manger sur un plat en faux style grec ancien (Corrida et poisson, 1957). Une thématique facile exploitée avec légèreté par Picasso. Une mise en bouche à savourer sans modération, avant de voir ou revoir, ici ou ailleurs, le reste de son œuvre, les portraits chargés d’érotisme, les appropriations des toiles des grands maîtres, ou la complexité d’un Guernica dénonciateur.

Elisabeth Hopkins

Pablo Picasso. Restaurant. Paris, printemps 1914. Huile sur toile découpée collée sur du verre. 42 x 34 cm. Fundación Almine y Bernard Ruiz-Picasso para el Arte. En dépôt temporaire au Museo Picasso Málaga © FABA Photographe inconnu, tous droits réservés © Sucesión Pablo Picasso, VEGAP, Madrid 2018.
Pablo Picasso, Jeune Garçon à la langouste, 21 juin 1941. Huile sur toile 130 x 973 cm. Musée Picasso, Paris. Photo (C) RMN-Grand Palais (Musée national Picasso-Paris) / Jean-Gilles Berizzi. © Sucesión Pablo Picasso.