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La Vie et la mort à travers l’art du XVe siècle

Une des premières illustrations de l’ouvrage, une peinture sur bois attribuée à Hans Memling (vers 1485), représente un détail du Polyptyque de la Vanité terrestre et de la Rédemption céleste : un mort debout, le ventre déchiré par une blessure, mais un visage de squelette souriant. « L’artiste a tracé deux fentes transversales dans les orbites vides, comme pour signifier que ces yeux sont simplement fermés et qu’un jour ils s’ouvriront », commente Alberto Tenenti. Avant l’avènement de l’imprimerie, le XVe siècle s’est essentiellement nourri d’images. Fresques et autres livres d’heures formaient ce que l’Église appelait la ‘‘Bible du pauvre’’, peuplée d’anges et de démons. Dans la seconde moitié du siècle, l’imprimerie bouleverse tout, les images se propagent à grande vitesse. C’est alors qu’apparaît l’Ars moriendi, guide du mourant pour le salut de son âme. Depuis la peste noire de 1348, la multiplication des fléaux menace l’un des piliers sur lesquels repose la culture chrétienne : l’attente du Jugement dernier. En prenant conscience de leur inexorable dégradation corporelle, les hommes appréhendent différemment la durée. Au-delà de la spiritualité, c’est une curiosité pour les aspects plus matériels de la mort qui s’exprime. Une frénésie macabre s’empare de l’Europe occidentale. Les hommes savourent “les horreurs de la décomposition”, créant ‘‘une expression indépendante de la force qui les détruit’’ : ils dansent avec des squelettes. Alberto Tenenti analyse avec finesse cette iconographie singulière. Cette histoire d’un art, à la croisée des sciences humaines, met en perspective les mentalités de l’époque.

Alberto Tenenti (1924-2002)
Ed. Allia – Paris
Août 2018 (première publication 1952)
Ouvrage illustré
128 pages
13€