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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Lucian Freud

jeudi 11 mars 2010

Du 10 mars au 19 juillet 2010.
Centre Pompidou
Tous les jours sauf mardi, de 11h à 21h
www.centrepompidou.fr

A lire : "Lucian Freud, peintre de la nudité". Par Philippe Comar. Hors série Découvertes chez Gallimard. 8,40€.

Entre fascination et répulsion, l’univers de Lucian Freud ne laisse en tout cas personne indifférent. Il n’y a qu’à regarder le public déambuler silencieux et mal à l’aise devant les grandes toiles du peintre britannique, né en 1922 à Berlin, pour s’en convaincre. Le corps dénudé dans sa crudité, voilà ce qui a toujours fasciné cet artiste âgé aujourd’hui de 88 ans, ce petit fils de Sigmund qui a choisi de sonder l’humain en le faisant poser nu des heures durant. Certes on est loin des nus académiques, loin des poses voluptueuses et des rondeurs roses d’un Renoir, de la blancheur de l’Olympia de Manet …Chez Freud, les corps sont avachis, assoupis comme sans vie dans des poses souvent improbables, étranges. Les sexes sont exhibés sans érotisme. Les chaires sont grasses, plissées et verdâtres, d’un réalisme cruel rappelant que tout corps organique est prêt à se décomposer. Et l’on se demande bien quelle vision cet homme porte sur les êtres humains et sur lui-même pour les peindre ainsi sans complaisance, dans une intimité gênante, presque cruelle, mais avec une telle puissance du trait, un regard si incisif. « Ce qui m’intéresse chez les gens, c’est le côté animal. C’est en partie pour cette raison que j’aime les peindre nus. Parce que je vois davantage de choses » explique cet artiste qui choisit comme modèles ses proches, ses nombreux enfants, ses compagnes, et depuis les années 1960 concentre son travail dans son atelier (y compris lorsqu’il peint la nature). Une ambiance d’enfermement que l’on ressent avec une intensité étouffante en regardant ses toiles. Le Centre Pompidou avait déjà organisé une rétrospective en 1987. Depuis, la côte de cet artiste de renommée internationale n’a cessé de croître. L’une des œuvres exposées (Benefits Supervisor Sleeping, 1995) s’est vendue près de 34 millions de dollars en mai 2008. Ce nouvel hommage présente un ensemble d’une cinquantaine de peintures de grands formats, complété par une sélection d’œuvres graphiques et des photographies de l’atelier londonien de l’artiste.

Catherine Rigollet