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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Mantegna & Bellini

jeudi 13 décembre 2018

Du 1er octobre au 27 janvier 2019
National Gallery, Sainsbury Wing
Trafalgar Square, London WC2N 5DN
Ouvert tous les jours, de 10h à 18h
Nocturne le vendredi jusqu’à 21h
Entrée : £14
www.nationalgallery.org.uk

 

- On pourra voir la version allemande de cette exposition à la Gemäldegalerie de Berlin du 1er mars au 30 juin 2019.

 

Visuels : Andrea Mantegna, The Presentation of Christ in the Temple, about 1454. Egg tempera on canvas, assembled on wooden construction, 77.5 × 94.4 cm. Gemäldegalerie, Staatliche Museen zu Berlin © Staatliche Museen zu Berlin, Gemäldegalerie / Photo : Christoph Schmidt.
Giovanni Bellini, The Presentation of Christ in the Temple, about 1470–5. Oil on panel, 80 x 105 cm. Fondazione Querini Stampalia, Venice © Fondazione Querini Stampalia Onlus, Venezia.

Deux peintres de la Renaissance examinés avec minutie dans leur symbiose artistique.

L’exposition, une collaboration entre le musée londonien et les Staatliche Museen de Berlin, met en parallèle une soixantaine de peintures et dessins de deux peintres admirés en leur temps, et devenus beaux-frères quand Andrea Mantegna (c. 1431-1506) épouse Nicolosia, demi-sœur de Giovanni Bellini (actif de 1459 à 1516), par ailleurs fils de Jacopo Bellini et demi-frère de Gentile.
Né non loin de Padoue d’un père artisan, Mantegna ne doit qu’à lui-même l’épanouissement de son talent. Formé à Padoue, ville universitaire bouillonnante d’innovations artistiques, il est instruit par Francesco Squarcione puis par le sculpteur Donatello. En 1460, Mantegna devient peintre à la cour de Mantoue, avec les contraintes que cela entraine, sur le choix des sujets en particulier. C’est de là qu’il diffuse ses gravures, puisqu’il lui est interdit de vendre ses œuvres peintes.

Parallèlement, Bellini, né environ cinq ans après Mantegna, jouit de l’autonomie accordé à celui qui est considéré alors comme le plus grand peintre vénitien (dans son atelier travailleront Titien et Giorgione). Mantegna, avec son goût pour l’art antique, et influencé par les modèles sculpturaux, peint en intellectuel ; Bellini peint pour susciter l’émotion. Pour autant, Bellini ne semble avoir aucun scrupule à emprunter un thème, une composition, ou un motif à Mantegna, tout en lui insufflant une atmosphère différente. Regardons leur Présentation du Christ au Temple (voir visuels), en 1454 pour Mantegna (conservée à Berlin) et du début des années 1470 pour Bellini (conservée à Venise). Ces deux toiles offrent autant de similitudes de composition, de pose des personnages principaux, que de disparités. Bellini y ajoute ainsi deux personnages secondaires et fait disparaître le cadre de marbre, des auréoles et la cape en brocart de Joseph. De même pour Le Christ au Mont des Oliviers (peint par Mantegna en 1455-56 et par Bellini en 1458-60). À l’architecture antique, la vue en contre-plongée du Christ et de la nature qui l’entoure peintes par un Mantegna au dessin et coup de pinceau vigoureux répondent l’architecture plus contemporaine, le point de vue à hauteur d’horizon et le ciel rosé adoucissant la solitude du Christ d’un Bellini plus serein.

Leur dialogue pictural durera sept ans avant que Bellini ne finisse par se libérer de l’influence de Mantegna. Mais il n’empêche, La Transfiguration du Christ (1458-60) de Bellini fut longtemps attribuée à Mantegna.
L’exposition ne s’arrête pas à l’examen de quelques doublons spectaculaires. Elle explore ce qui les rapproche dans leur œuvre dessiné, ce qui sépare leurs portraits (traitement des visages et des textiles), elle met l’emphase sur le paysage atmosphérique et les couleurs vénitiennes de Bellini, la perspective et son extraordinaire talent pour le raccourci de Mantegna.
On en sort séduit, mais conscient que l’influence des peintres ne s’est pas uniquement exercée l’un sur l’autre. On aurait aimé en savoir plus sur l’impact de leurs innovations sur la peinture européenne du 16e siècle.

Elisabeth Hopkins