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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Misia, reine de Paris

samedi 4 août 2012

Misia, reine de Paris
Commissariat d’Isabelle Cahn et Marie Robert
Du 12 juin au 9 septembre 2012
Musée d’Orsay
Niveau 5, salle d’exposition temporaire
Tarif plein : 9€ musée et exposition
Tous les jours, sauf le lundi de 9h 30 à 18h
Nocturne le jeudi jusqu’à 21h35
www.musee-orsay.fr

 

 

- Catalogue "Misia, reine de Paris", sous la direction de Guy Cogeval et d’Isabelle Cahn. Coédition Gallimard / musée d’Orsay. 192 pages, 130 illustrations, 35 euros. Dommage que les œuvres présentées dans cette belle exposition pluridisciplinaire ne soient pas toutes reproduites !

 

 

- Organisée avec le concours de l’Opéra national de Paris et coproduite avec le musée Bonnard, Le Cannet, l’exposition se poursuivra au musée Bonnard au Cannet (06110), du 13 octobre 2012 au 6 janvier 2013.
www.museebonnard.fr

 

 

- A lire : "Misia. La vie de Misia Sert", Arthur Gold et Robert Fizdale, éditions Gallimard, 1981.

Qui était Misia, née Marie Godebska à Saint-Pétersbourg (1872 – Paris 1950) ? Elle épouse en 1893 le directeur de la publication culturelle et artistique La Revue blanche (1889-1903) Thadée Natanson puis Alfred Edwards, le richissime propriétaire de presse, en 1905. Elle passe à la postérité sous le nom de son troisième mari, le peintre José Maria Sert (auquel, du 8 mars au 5 août 2012, le musée du Petit Palais a consacré une exposition Le Titan à l’œuvre), épousé en 1920. Son amie Gabrielle Chanel l’appelle Madame Verdurinska, surnom convenant très bien à celle qui inspira quelques traits de Madame Verdurin et de de la princesse Yourbeletieff à Marcel Proust. Eric Satie la surnomme « la mère Tue-tout » et Jean Cocteau « la faiseuse d’anges ». Paul Morand, dans le manuscrit de L’allure de Chanel, hiver 1946-1947, écrit quant à lui sous la dictée de Coco Chanel : « elle a un appétit aigri du succès et une passion profonde et sacrilège de l’échec. » Qui était donc cette Misia ? Une pianiste de talent, fervente de Beethoven, Schubert et Chopin, élève de Gabriel Fauré, donnant son premier concert public en 1892 mais refusant de faire carrière. Érik Satie lui dédie Trois morceaux en forme de poire en 1903, Maurice Ravel Le cygne en 1906 et La valse en 1920. Et elle joue pour le plaisir de ses amis. Edouard Vuillard peint Misia au piano, 1899, perdue au milieu de son immense salon du 9, rue Saint-Florentin ou Cipia écoutant Misia au piano, 1897-1898. Elle rencontre l’impresario Serge Diaghilev dont elle mécène les représentations de Boris Godounov au palais Garnier en 1908 puis lui apporte un important soutien financier et ses relations pour les Ballets russes. Michel Georges-Michel la représente dans sa loge, telle la reine de Paris, le soir de La première de "Parade" au théâtre du Châtelet en mai 1917, une création des Ballets russes sur un argument de Jean Cocteau, une musique de Satie et des décors de Picasso. Misia aidera Diaghilev jusqu’à ses derniers instants à Venise en 1929, subvenant également aux funérailles de ce dernier. Venise, cette ville dans laquelle elle séjournera une dernière fois à l’été 1947, presque aveugle, habillée avec élégance, portant ses perles, photographiée par Horst P. Horst À la Galleria dell’Accademia ou sur La terrasse de l’hôtel Europa. Les perles, elle les aimait tellement que Pierre Bonnard, dans Jeux d’eau ou Le voyage, 1906-1910, un des panneaux décoratifs qu’elle lui commande pour son salon du quai Voltaire, représenta dans les bordures du panneau des singes et des pies jouant avec des colliers de perles.
Cette femme magnétique, à la forte personnalité, charismatique fut largement impliquée dans la vie artistique parisienne. Par son mariage avec Thadée Natanson, elle accueille les artistes d’avant-garde de La Revue blanche qui fréquentent leur appartement dont Vuillard retranscrit en une vision panoramique l’atmosphère ouatée Le salon aux trois lampes, rue Saint-Florentin, 1899. Ce salon était une annexe des bureaux de La Revue comme le furent les maisons de campagne des Natanson à Valvins - voisine de celle de l’ami Stéphane Mallarmé - puis à Villeneuve-sur-Yonne, demeure où venaient souvent Toulouse-Lautrec et Vuillard. Lorsque l’on évoque Misia, on la croise très souvent sous la palette de ce dernier. Comment ne pas évoquer le trouble qu’elle lui procure en regardant La nuque de Misia, 1897-1899, toile dans laquelle sourd l’amour qu’il lui portait. N’incarnait-elle pas l’idéal de la Parisienne élégante, lectrice de La Revue, que Bonnard en 1891 et Toulouse-Lautrec en 1895 choisirent pour illustrer l’affiche publicitaire de cette publication ?

Gilles Kraemer

Visuel : Félix Vallotton (1865-1925), Misia à sa coiffeuse, 1898. Détrempe sur carton, 36 x 29 cm
Paris, musée d’Orsay. © RMN (Musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski.