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Peintres du plein air. De Corot à Van Gogh

mardi 26 février 2013

Impresionismo y aire libre. De Corot a Van Gogh. (Impressionnisme et peinture de plein air. De Corot à Van Gogh).
Commissariat de Juan López-Manzanares
Du 5 février au 12 mai 2013
Musée Thyssen-Bornemisza
Paeso del Prado, 8 – 28014 Madrid
Métro Banco de Espaňa (ligne 2)
Du mardi au vendredi et dimanche, de 10h à 19h
Samedi, de 10h à 21h
Billet couplé musée/exposition 15€
www.museothyssen.org

 

- "Impresionismo y aire libre". Catalogue en espagnol. Textes de Juan López-Manzanares (En plein air), Vincent Pomarède (P.-H. de Valenciennes), Michel Schulman (l’École de Barbizon), Guillermo Solona (Monet et Van Gogh). 220 pages. Pas de notices détaillées des œuvres exposées. Prix 36,10€.

Bien avant la première exposition impressionniste de 1874, la peinture en plein air existait. Souvenons-nous du voyage en Italie des artistes à la fin du XVIIIe siècle qui fréquentèrent la Ville éternelle et la campagne romaine, ne reconstituant plus un paysage idéalisé en atelier comme le pratiquaient leurs prédécesseurs ! Mettons nos pas dans ceux des artistes qui s’attardèrent dans les ruines, parcoururent les paysages rocheux, escaladèrent les montagnes, se promenèrent parmi les forêts, s’arrêtèrent au bord des lacs et des rivières, captèrent les variations de la lumière et le mouvement des nuages, longèrent les rivages. Tel est le parcours par thèmes de cette exposition du musée Thyssen-Bornemisza qui nous installe à côté du chevalet des peintres pour regarder quelques cent seize paysages, peints entre 1770 et 1920.
Quelle modernité dans le cadrage des tableaux de Pierre-Henri de Valenciennes : Le toit au soleil et Le toit à l’ombre, des années 1782-1784 représentant une vue de Rome construite d’une façon cubiste. Quittons la Cité de la papauté et ses monuments romains et attardons nous devant Le pont de Narni de Camille Corot, plein de sensibilité. Après son retour en France, nous retrouvons le peintre dans la forêt de Fontainebleau en compagnie de Jules Coignet ou de Théodore Caruelle d’Aligny dont la toile Forêt de Fontainebleau, entre Chailly et Barbizon, presque entièrement occupée par d’énormes rochers de grès rouge, est tout à fait étonnante par son cadrage. Carl Gustav Carus, l’ami du peintre romantique allemand Caspar David Friedrich qui aurait eu largement sa place ici, nous entraîne vers des montagnes écrasant l’homme de leur puissance tandis que l’abyssale et sombre Vallée des angoisses de Vincent-François-Joseph Courdouan se confronte au sommet du Niesen vu en vert et bleu électrique par Ferdinand Hodler.
Point central du parcours, la vaste salle des arbres va du romantisme d’Achille-Etna Michallon au fauvisme d’André Derain, de l’école de Barbizon aux impressionnistes et post-impressionnistes. Les grands chênes du vieux Bas-Bréau est une des belles pages de Théodore Rousseau. Toute la maîtrise de cet artiste se concentre dans la masse des branches feuillues et le graphisme des troncs des arbres. Si le Sous-bois de Narcisse Diaz de la Peňa paraît bien diaphane face à celui très sombre de Courbet, Le chêne Bodmer de Claude Monet et son voisin, L’allée de châtaigniers à la Celle Saint-Cloud d’Alfred Sisley sont des œuvres fortes. Réunis en un « carré magique », Les peupliers et Bennecourt de Monet, Le clos normand de Cézanne, L’hôpital de Saint-Rémy de Van Gogh et Pontaubert de Georges Seurat constituent un puissant dialogue sur la verticalité des troncs de leurs arbres. Et ne manquons pas Le chardon d’Édouard Manet, plante sauvage construite uniquement de vert et marron, un chef d’œuvre méconnu (Von der Heydt‐Museum, Wuppertal), et parmi les belles découvertes de cette subtile exposition.

Gilles Kraemer

Visuel : Camille Corot. La cascada de Marmore, en Terni, c. 1826. Huile sur toile. 36 x 32 cm. BNL BNP Paribas Group Collection, Roma.