Partenariat et publicité Liens utiles Contact La rédaction Suivre la vie du site RSS 2.0 Logo FaceBook Logo Twitter
L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

Accueil > Expos à Paris > Archives expo à Paris > Soulages, maître de l’outrenoir > Pierre Soulages, maître de l’outrenoir

Pierre Soulages, maître de l’outrenoir

mercredi 14 octobre 2009

Du 14 octobre 2009 au 8 mars 2010
Centre Pompidou
Tous les jours sauf mardi, de 11h à 21h
Tél. 01 44 78 12 33
www.centrepompidou.fr

Du haut de ses 90 ans et de sa belle prestance, le grand Soulages, tout de noir vêtu, évoque les peintures noires réalisées dans l’obscurité de la grotte de Lascaux 180 siècles plus tôt, avant de conclure que la peinture ne s’arrête pas et qu’on n’a pas encore tout dit, contrairement à ce que certains prétendent. Lui, a choisi exclusivement l’art abstrait depuis ses débuts en peinture, s’intéressant à la couleur, à la forme et à la matière d’où naissent la lumière, l’espace, et le rêve. De ses premières œuvres au brou de noix sur papier (une audace reprise par l’Arte Povera) jusqu’à ses toiles les plus récentes, il se concentre aussi –et surtout- sur la lumière, celle qu’il va trouver dans le noir, qui loin de tout symbolisme, recèle des pouvoirs picturaux. « Un jour, raconte-t-il, je peignais, le noir avait envahi toute la surface de la toile. J’ai vu la négation du noir, du sombre émanait la clarté, une lumière picturale au fort pouvoir émotionnel. Je me suis engagé dans cette voie et j’y trouve toujours des ouvertures nouvelles ». Depuis, son instrument n’est plus le noir (exploré déjà avant lui par Malevitch dans des monochromes), mais cette lumière secrète venue du noir, « l’outrenoir ». Et il suffit de s’écarter, de regarder la toile de biais pour que sa lumière change. Plus étonnant encore, les stries fines comme les profonds sillons tracés dans la pâte acrylique par les coups de brosse ou de lame de l’artiste produisent un effet de bas-relief qui prend toute sa dimension grâce à l’éclairage parfait des vastes salles de l’exposition. Elaborée avec le peintre, la scénographie intègre même une salle entièrement noire à l’exception d’un mur blanc dont l’éclairage violent rejaillit sur trois peintures noires qui lui font face, réfléchissant la lumière. Retraçant plus de soixante ans de peinture, l’exposition conçue par Alfred Pacquement et Pierre Encrevé rassemble plus d’une centaine d’œuvres majeures créées de 1946 à aujourd’hui, des brous de noix, encres et gouaches sur papier jusqu’aux impressionnants polyptiques de plus de 3 mètres sur trois, suspendus dans l’espace.

Catherine Rigollet