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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Pierre-Yves Bohm. Troubles of my time

dimanche 27 janvier 2013

Du 24 janvier au 23 février 2013
Galerie Christophe Gaillard
12 rue de Thorigny 75003
Du mardi au vendredi, 10h30-12h30 et 14h-19h
samedi 12h-19h et sur rendez-vous
Tél. + 33 (0)1 42 78 49 16
www.galeriegaillard.com

 

- Né en 1951 à Roncq (Nord), formé à l’école des Beaux-arts de Tourcoing, Pierre-Yves Bohm vit et travaille à Roubaix. En 2009, le musée des Beaux arts de Tourcoing lui a consacré une grande exposition (commissariat Antoine de Galbert). Il est aussi représenté par la Galerie Bruno Mory à Besanceuil qui en 2011 a consacré une exposition à Pierre-Yves Bohm et à sa fille Tatiana. Chacun de leur côté et à quatre mains, ils unissaient leur conscience à vif pour exprimer une même révolte face aux pièges que l’humanité se tend à elle-même. Lire notre article.

Libre de toute influence, l’œuvre singulière, troublante et complexe de Pierre-Yves Bohm interpelle notre regard sur les noirceurs du monde et l’humanité meurtrie, sans jamais perdre espoir. Ce que laisse deviner la lumière parfois intense qui émane de ses toiles.

Que voit-on dans les peintures de Pierre-Yves Bohm ? Si l’on regarde attentivement, il y a toujours des figures, comme il le dit lui-même « toujours le même personnage ». Des têtes, crânes, silhouettes, ou gisants, représentés de manière très cadrée, sans ligne de fuite, enfermés au cœur d’un tissu graphique extrêmement dense, parsemé d’armes et de masques ; un vocabulaire récurrent du peintre, riche de symboles. On y lit que l’homme est au centre du monde, maître et esclave de son destin, de ses égarements, de ses violences, de sa vanité. Ce travail obsessionnel sur l’humanité a commencé dans les années 1970, quand Pierre-Yves Bohm, au creux de sa ferme proche de Lille, accumulait des petits personnages et des amulettes à la façon des artistes de l’art singulier, tels Marie Morel ou Louis Pons. Depuis, la figure humaine a envahi son œuvre, mais il a abandonné les boites pour le dessin et la peinture, apprivoisant lentement la toile en la brodant par crainte d’être dans l’illusion de la peinture. Pour autant, à l’instar d’Eugène Leroy dont il était proche, Pierre-Yves Bohm en homme du Nord parle davantage de lumière que de peinture. Une lumière, comme un acte de révolte intérieur qui vient embraser une œuvre forte et troublante, « qui aurait pu être plus violente compte tenu du monde dans lequel on vit » nous glisse Pierre-Yves Bohm, assurant que les lignes qui sillonnent ses œuvres ne sont pas là pour enfermer l’homme. Elles obligent le spectateur à dépasser sa première impression pour suivre le fil jusqu’à toucher le noyau au cœur du labyrinthe et comprendre la complexité du monde et de l’homme. Une peinture d’une grande richesse technique, qui mêle les techniques, joue avec les collages, les coutures, fait curieusement jaillir la couleur de derrière la toile piquée de milliers de trous d’épingles comme les pores de la peau. « Il y autant à voir derrière la toile que devant », explique l’artiste suggérant qu’un être ne se limite pas à sa surface. La peinture d’un poète imbibé du monde extérieur, mais volontiers taiseux, sans discours formaté, et « sans message » autre que celle d’une conscience humaine à vif, mettant toute son énergie créatrice et la beauté du geste pour nous faire sentir le visible et l’invisible et bousculer nos consciences. Située dans le Marais, la galerie Christophe Gaillard présente une série de grandes toiles récentes de Pierre-Yves Bohm, ainsi que plusieurs dessins à l’encre et aquarelle sur papier.

Catherine Rigollet

Visuel page expo : Pierre-Yves Bohm, Visage pisto-petroleo, 2012. Huile et fil de couture sur toile, 150 x 150 cm.