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Primitifs flamands. Trésors de Marguerite d’Autriche

mercredi 16 mai 2018

Du 8 mai au 26 août 2018
Monastère Royal de Brou
63 boulevard de Brou
01000 Bourg-en-Bresse
Tél. 04 74 22 83 83
Plein tarif : 8€ (9€ à partir du 1er Juillet)
www.monastere-de-brou.fr

Si les fées des princesses se sont penchées sur le berceau de Marguerite d’Autriche, une sorcière y a lancé sa pluie de mauvaises étoiles pour lui gâcher sa vie de femme. Car la princesse est née petite fille du duc de Bourgogne Charles Le téméraire, fille de Maximilien d’Autriche et tante de Charles le Quint qui lui confie la gouvernance des Pays Bas. Mariée à trois ans avec le futur Charles VIII roi de France, puis épouse de Jean d’Aragon décédé six mois après leur mariage elle devient la femme du duc Philibert de Savoie. Un heureux mariage, hélas Philibert décède au bout de trois ans. Alors la jeune duchesse décide de faire construire à Bourg en Bresse « le monastère de Brou » à la mémoire de son époux. Église à l’architecture gothique flamboyant, monastère pour loger les augustins qui doivent prier pour les princes enterrés à Brou. Marguerite avait prévu d’y finir sa vie, mais l’ensemble des bâtiments (1506-1532) ne sera terminé que deux ans après sa mort.

Dotée d’une importante fortune, en particulier grâce à ses différents mariages, Marguerite d’Autriche est une mécène éclairée. Elle aime l’art et collectionne, livres, tapisseries, objets d’art ou peinture tels les primitifs flamands. L’exposition organisée au monastère de Brou invite les visiteurs à porter un nouveau regard sur l’œuvre de ces primitifs flamands, peintres actifs dans les anciens Pays-Bas bourguignons entre 1430-1530, à travers le goût de la princesse Marguerite. À l’origine de ce mouvement, les grands artistes que sont Van Eyck et Van der Weyden qui interviennent dans la généralisation de la peinture à l’huile, la luminosité des glacis ou le naturalisme des tableaux. Ces grands maîtres du Nord introduisent encore « la perspective atmosphérique » qui éteint la couleur des paysages lointains. Ces flamands développent encore le portrait de trois-quarts, saisi à mi-corps. Mais avant tout il faut que la ressemblance entre le sujet et la peinture soit parfaite. Marguerite refusera un tableau représentant son père Maximilien pourtant signé du grand Albrecht Durer sous prétexte qu’il ne lui ressemble pas assez !

Marguerite d’Autriche possédait deux cents tableaux signés de primitifs flamands. L’exposition en présente une cinquantaine, tous ne proviennent pas de la collection princière mais ont été choisi par analogie, d’artistes ou de sujets. Un parti pris réussi, l’exposition superbe dans ce lieu emblématique, montre le meilleur de la peinture flamande. On passe de l’héritage de Van Eyck antérieur à 1500, au portrait. Dans la salle voutée, les panneaux vert vif mettent en valeur les couleurs flamboyantes de l’art du Nord. Le panneau central d’un triptyque signé du Maître de la légende Sainte Ursule (Bruges 1436-1505) -dont les panneaux latéraux sont conservés au MET à New York- montre la Vierge vêtue de rouge, coiffée d’un long châle noir et tendant un œillet à l’enfant Jésus. Dans un cadre circulaire, un petit tableau à fond or dévoile un visage de Vierge étonnamment moderne, la coiffe aux lignes dépouillées ; une œuvre attribuée au grand Hans Memling. Quant au Maître de la madone de Dijon, il signe une peinture sur toile, un travail rare car peu d’exemples de ce travail ont pu être conservés ; la peinture à la détrempe, le support léger n’ont pas résisté au temps. L’image très tendre de cette Vierge tenant son enfant avec amour dans ses mains en font une œuvre exceptionnelle. Tableau magistral la Nativité (photo) signée de Hans Memling et de son atelier, est un chef d’œuvre de composition, de dessin et de couleur. L’Adoration des Mages attribuée à Jacob Cornelisz van Oostsanen, montre une atmosphère orientalisante avec sa lumière, ses dorures ou ses luxueux tissus. Les portraits immortalisent Marguerite enfant, âgée de trois ans pour son premier mariage, puis à seize ans la bague au doigt. Deux tableaux caractéristiques de la peinture des Pays Bas avec leur fond foncé. Plus loin Marguerite apparait en veuve, peinte par son artiste préféré Von Orley, portant une collerette plissée transparente (photo). Fait rare à l’époque, Marguerite possédait 40% de portraits de femmes dans sa collection, consciente de son rang elle était aussi consciente du rôle dévolu aux femmes en politique. Politiques encore, les portraits de Charles Quint, son frère ou de Maximilien son père. Chef d’œuvre encore, Saint Luc peignant la Vierge de Pieter van Aelst (photo). Une composition superbe où un paysage aux lointains bleus apparait sous une arcade. L’atmosphère de quiétude, le visage pâle de la Vierge contrastant avec le décor coloré révèle les voyages de l’artiste en Italie et dans le monde ottoman.
Une exposition passionnante.

Françoise Chauvin

Visuels : Bernard van Orley, Portrait de Marguerite d’Autriche, Après 1518, huile sur bois, Bourg-en-Bresse, musée du Monastère royal de Brou © Hugo Maetens / MRB.
Hans Memling et atelier, Nativité, Vers 1480, huile sur bois, Anvers, fondation Phoebus © Antwerp, The Phoebus Foundation.
Pieter Coecke Van Aelst, Saint Luc peignant la Vierge, vers 1535-1540, huile sur bois, Nîmes, musée des Beaux-arts © Florent Gardin.