L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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La galerie de l'Agora des arts

Bernadette Wiener-Plasticienne/céramiste

Elle aime la terre, ce matériau humble et riche et dans ses récentes installations, elle perche des chimères sur de hautes colonnes en terre cuite oxydée comme un clin d’œil à l’équilibre, à la simplicité et au symbolisme de l’art roman.

Céramiste et plasticienne, travaillant l’argile claire ou sombre et le grès noir depuis trente ans, Bernadette Wiener crée des sphères, cette forme originelle qui permet à toutes les autres d’exister et des colonnes, dans la simplicité et la pureté des formes. Un parti pris symbolique lié à sa fascination pour le cosmos et nourri de l’histoire de l’art, notamment roman dont elle aime tout à la fois l’équilibre qui rassure et les maladresses qui émeuvent. Ses œuvres harmonieuses sont émaillées, oxydée, peintes à l’acrylique ou parfois simplement patinées à la cire avec un jus transparent qui laisse voir la structure de la terre, la sensualité de la matière, son grain. Bernadette Wiener a récemment enrichi ses sculptures d’éléments naturels et de petits sujets figuratifs, poétiques, drolatiques et parfois irrévérencieux, ces Chimères que l’artiste appelle des Fatrasies, en référence au subtil mélange de règles et de vagabondages de ces poèmes éponymes du XIIIè siècle à la forme rigoureuse et au contenu irrationnel porté par le seul plaisir des mots. Elle poursuit parallèlement sa série des vasques, ces grands bols à rêver, à réfléchir, comme à contenir des émotions spirituelles et gustatives et, avec encore plus d’acuité, celle des Célestes (du nom de la mère du célèbre Babar), de minuscules éléphants, fixés sur ressort, cette ligne courbe et infinie, ou lovés en cocon, pris dans une toile d’araignée, enfermés dans une cage… comme autant de métaphores de l’humain et de ses destins. Son atelier d’Us, dans le Vexin, grouille de ces rondeurs à trompe dont la taille d’oiseaux fausse les repères, oscillant avec poésie sur leur ressort ou perchés tels des piafs muets et énigmatiques sur les poutres. Loin d’être le signe d’une quelconque dispersion, cet autre motif de sculpture revêt le même sens du symbole, celui tantôt grave, tantôt léger de la relation à l’humain, à l’autre qui est aussi soi. Un fructueux dialogue.

Catherine Rigollet (Novembre 2008)

Portrait : photographie Lionel Pagès
Installations colonnes, sphères et Fatrasies © Valérie Hue
Autres photos d’œuvres © D.R.