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Sabine Weiss. Les villes, la rue, l’autre

L’humain est toujours dans l’objectif de Sabine Weiss, c’est même le sujet principal de son travail. À ses débuts, en Suisse où elle est née en 1924, puis quand elle arrive à Paris juste après-guerre, son Rolleiflex en bandoulière, c’est dans ses moments de liberté, pour elle-même, que Sabine Weber (qui deviendra Sabine Weiss en épousant le peintre Hugh Weiss en 1950) photographie les gens autour d’elle. Des instantanés de vie, pris sur le vif, comme ces gamins jouant dans les arbres d’un terrain vague de son quartier de la Porte de Saint-Cloud ou remplissant un saut d’eau à la pompe de la rue des Terres-au-Curé dans le 13e arrondissement, des pêcheurs des bords de Seine dont on ne voit que le reflet dans une flaque d’eau, une marchande de frites, des passants filant vers un rendez-vous. Des photographies simples, sobres, mais toujours chargées en émotion.
Un intérêt pour les gens et un regard fraternel, généreux et compréhensif porté en toute liberté sur leur quotidien qui l’a fait être rangée dans la case des photographes humanistes français, aux côtés d’Edouard Boubat, Robert Doisneau, Jeanine Nièpce ou Willy Ronis. Mais en parallèle, ayant intégré l’agence Rapho en 1953 grâce à Robert Doisneau, Sabine Weiss va aussi beaucoup travailler pour la photographie commerciale, de la mode à la pub en passant par des portraits de personnalités, notamment de l’art et de la musique (Miro, Léger, Braque, Giacometti, Stravinski ou Berstein). En 1955, Edward Steichen sélectionne trois de ses images pour la fameuse exposition The Family of Man, au MoMA. Sa carrière est lancée, ses photos s’affichent abondamment dans la presse illustrée en France et aux États-Unis : Vogue, Paris Match, The New York Times, Life, Fortune.
L’exposition de 80 photos vintage noir et blanc présentée au Centre Pompidou se concentre sur la période 1945-1960, celle de l’immédiate après-guerre. Qu’elle se promène dans les rues de Paris, affectionnant les jeux de reflets et d’ombres, les silhouettes floutées ou en ombres chinoises contrastant avec les lumières de la ville, les atmosphères brumeuses du petit matin, les temps de pluie, ou qu’elle voyage à Moscou lors d’un reportage sur les Ballets russes pour Vogue, à New York, à Vienne ou à Londres, Sabine Weiss dirige toujours son objectif sur les passants. La liberté de photographier les gens est alors totale et à contempler les photos humanistes de Sabine Weiss on s’en réjouit. Aujourd’hui, les choses ont changé. Le droit à l’image a compliqué le travail et la spontanéité des clichés. Mais qu’importe pour Sabine Weiss. À 94 ans, elle ne photographie plus.
Catherine Rigollet
Visuels : Bords de Seine, Paris, France, 1952, épreuve gélatino-argentique contrecollée sur carton, 27 x 39,9 cm. Collection Centre Pompidou, Paris © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Philippe Migeat/Dist. RMN-GP © Sabine Weiss.
Enfants dans un terrain vague, Porte de Saint-Cloud, Paris, France, 1950, épreuve gélatino-argentique, 29,5 x 18,4 cm. Collection Centre Pompidou, Paris © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Philippe Migeat/Dist. RMN-GP © Sabine Weiss
Place de la Concorde, Paris, France, 1953, épreuve gélatino-argentique, 30,4 x 20,1 cm. Collection Centre Pompidou, Paris © Centre Pompidou, MNAM-CCI/Philippe Migeat/Dist. RMN-GP © Sabine Weiss.

Du 20 juin au 15 octobre 2018
Centre Pompidou – 75004 Paris
Galerie de photographies, niveau 1
Tous les jours, sauf mardi, de 11h à 21h
Entrée libre
www.centrepompidou.fr
et pour en savoir plus sur Sabine Weiss et l’actualité de ses expositions : http://sabineweissphotographe.com/