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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Sophie Calle et son invitée Serena Carone : Beau doublé, Monsieur le Marquis !

mardi 16 janvier 2018

Du 10 octobre 2017 au 11 février 2018
Musée de la Chasse et de la Nature
62, rue des Archives, 75003 Paris
Du mardi au dimanche, de 11h à 18h
Nocturne le mercredi jusqu’à 21h30
Fermé les jours fériés.
Entrée : 8€
www.chassenature.org

Chasse aux trésors au musée de la Chasse ! Pour exposer ses œuvres dans ce lieu qui convient si bien à Sophie Calle (née en 1953), chasseuse émérite d’histoires, d’hommes inconnus et d’émotions, les commissaires les ont éparpillées dans les salles, les vitrines, ou les ont dissimulées dans des tiroirs, sur les trois étages. Au risque que le visiteur n’en rate, et il en rate ! Bravo à celui qui aura vu et lu les 38 petits cadres décorés de motifs de chasse contenant chacun une brève histoire autobiographique, de celles que Calle sait si bien raconter en quelques mots avec distanciation...et humour ? D’autant que pour certains il faut se mettre à genoux et allumer la lampe de son téléphone….

Ceci dit, attachons nous plutôt au travail de Calle, toujours penchée sur elle-même, agrémenté ici et là d’une collaboration avec la sculptrice Serena Carone (née en 1958), qui a su rebondir sur la partition de Calle. Carone propose quelques œuvres, assez spectaculaires, tel le tombeau avec effigie de Calle, façon étrusque, entourée des animaux naturalisés qui figurent ses amis ou ses parents vivants ou morts. Ou ce plafond d’où pendent des dizaines de chauve-souris de faïence…. Ou la peau d’ours … en porcelaine faisant écho à l’ours empaillé du musée. Calle, elle, en combinant images et textes, continue à nous captiver par ses histoires, réelles ou fictives, sur la disparition de son père ou de son chat, sur les hommes qu’elle croise, aime, perd, sur des instantanés de sa vie (les 38 petits cadres). On aime ses allers et retours entre photos et textes, humour et pudeur, émotions et mises en forme conceptuelles. Ici, l’accrochage devient le message, telles ces photos de portraits de délinquants utilisés comme cibles à l’entrainement par des policiers américains, installées sur une vitrine de fusils. Quant aux listes des commentaires du personnel du musée sur l’ours polaire, caché pour les besoins de Calle photographe par un drap blanc, ou des petites annonces du Chasseur Français brossant un portrait de la femme au fil des décennies, elles auraient fait la joie de Pérec ou d’Umberto Eco.
Une belle exposition que l’on aura intérêt, et on ne le regrettera pas, à voir deux fois !

Elisabeth Hopkins

Visuel : Sophie Calle, L’Ours, 2017. © Sophie Calle / ADAGP, Paris, 2017.