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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Wim Delvoye twist au Louvre

mercredi 6 juin 2012

Wim Delvoye au Louvre
Du 31 mai au 17 septembre 2012
Département des Objets d’art, Aile Richelieu
Tous les jours, de 9h à 17h45
Nocturnes mercredi et vendredi jusqu’à 21h30
La flèche « Suppo » sera exposée jusqu’au 3 décembre sous la pyramide
www.louvre.fr

 

 

- Du 12 mai au 16 juin 2012, la Galerie Perrotin offre un Solo Show à Wim Delvoye, en écho à l’expo au Louvre.
www.perrotin.com

Maître du tatouage sur cochons morts… et sur hommes vivants (son œuvre sur Tim -présent lors du vernissage- est un chef d’œuvre du genre) et sculpteur d’art gothique (détourné), admirateur de Bruegel comme de Walt Disney, Wim Delvoye n’aime rien tant que le mélange des genres, des époques et des catégories. Né en 1965 en Belgique, cet acteur de la scène contemporaine internationale a mis son talent, son humour et son sens de la provocation au service d’une œuvre qu’il souhaite rétinienne et spectaculaire. Le Louvre l’a invité à intervenir dans divers lieux du musée, notamment dans les salles gothiques du département des Objets d’art. Loin d’être iconoclaste, cet entrisme du contemporain dans les collections fonctionne ici assez bien, les œuvres de Delvoye dialoguent avec les objets d’art que l’on redécouvre d’un œil neuf, tout comme les appartements Napoléon III, si peu visités par « le public (qui) vient voir La Joconde, puis manger des macarons » assène un Delvoye dépité. Alors l’artiste y a installé trois séries de sculptures récentes qui jouent aux rapprochements et aux mises à distances avec le mobilier et les objets en vitrines. Ses Twisted de la série des Roschach (fonctionnant sur le modèle des célèbres planches de taches destinées à l’évaluation psychologique), sont des œuvres en bronze doré ou argenté ou encore en porcelaine, à la fois symétriques et complètement déformées par la torsion. Elles sont inspirées d’artistes académiques comme Emile Picault, Mathurin Moreau ou encore de figurines rococo réalisées à la manufacture de porcelaine de Nymphenburg au XVIIIe siècle. Delvoye a choisi l’immense table de la salle à manger pour disposer à la place du surtout de table Christofle, huit crucifix baroques roulés en anneaux de Möbius, marquant sa fascination pour l’association d’une forme géométrique et d’un corps et pour une image qui tient bon depuis 2000 ans. Un grand vitrail présenté dans l’escalier Lefuel entre en résonance avec ceux de François Morellet tandis qu’une chapelle gothique (que l’on pourrait confondre avec le chef d’œuvre d’un compagnon de la Renaissance ou une maquette d’architecte) dialogue avec les tapisseries et objets de la salle d’Anne de Bretagne. Coup de maître avec ses étonnantes sculptures en dentelle d’acier inoxydable découpé au laser, et torsadées ici encore. Entre hommage et irrévérence, elles s’approprient le style du gothique tout en prenant la forme triviale d’un camion ou d’un « Suppo », flèche de 11 mètres de haut dressée sous la pyramide (et qui y restera jusqu’au 3 décembre). Dans un entretien avec Marie-Laure Bernadac, commissaire de l’exposition, Wim Delvoye s’inquiète du fait que « le public ne voit plus rien dans les musées et ne sait pas quoi regarder ». Saura-t-il voir son art populaire et décoratif qui prend ses racines dans un détournement ironique des styles du passé ?

Catherine Rigollet