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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Ai Weiwei. En liberté...

mardi 29 septembre 2015

Du 19 septembre au 13 décembre 2015
The Royal Academy
Burlington House, Piccadilly,
Lonon W1 J OBD
Ouvert tous les jours, de 10h à 18h
Nocturne le vendredi jusqu’à 22h
Entrée : 16 £ (incluant un guide multimedia remarquable)
www.royalacademy.org.uk

Les autorités chinoises ont fini par rendre son passeport à Ai Weiwei en juillet, lui permettant ainsi de venir mettre la dernière main à la belle exposition que lui consacre la Royal Academy. Homme d’exigences, de contrastes, voire de contradictions, Ai Weiwei nous offre des œuvres engagées, lourdes de signification, monumentales, pesantes au sens propre et figuré.
M. Ai (né en 1957) est chinois de cœur et de culture bien qu’avouant être influencé par l’art occidental (il a vécu une dizaine d’années à New York) et surtout par Marcel Duchamp. De son pays natal, il admire l’art et l’artisanat anciens et les artisans d’alors et d’aujourd’hui, même s’il n’hésite pas à torturer des tables Qing pour en faire d’artistiques et humoristiques encoignures (The Furniture Series) ; même s’il peint (Coloured vases, 2015) ou pulvérise des vases néolithiques ou dynastiques, dont on se demande s’ils sont authentiques ou de ces innombrables copies que M. Ai dénonce avec virulence.
Une salle de l’exposition est particulièrement émouvante. Les œuvres rendent hommage aux milliers d’enfants des écoles du Sichuan qui perdirent la vie, lors du séisme de 2008, dans l’effondrement de leurs écoles mal construites. Symbiose entre espace et œuvre, les angelots de stuc doré du plafond veillent sur la litanie de noms des enfants disparus, et sur les tonnes de barres d’armature enlevées clandestinement par l’artiste sur les lieux du sinistre, redressées et accumulées ici en des vagues sismiques accusatrices (Straight, 2008-12). On connait les conséquences sur sa liberté des dénonciations publiques de M. Ai sur la corruption chez les constructeurs. Ce qui lui valut aussi la destruction de son nouveau studio de Shanghai (une œuvre reprend des pierres de ce studio), le retrait de son passeport et 81 jours d’emprisonnement illustrés par les six dioramas, six moments de sa journée en cellule sous l’œil de gardiens postés à quelques centimètres de lui, que l’on entrevoit par des judas (S.A.C.R.E.D, 2011)
Les œuvres remontent à 1993, date du retour en Chine de l’artiste. La plus récente, dans la cour, comporte huit arbres aux troncs et branches dénudés et boulonnés, montés grâce à un financement participatif (Tree, 2015).
Le subtil M. Ai sait fort bien utiliser les réseaux sociaux. Regardez sa performance "Gangnam style" sur Youtube ! Mais il sait les utiliser pour propager les causes qu’il défend, au péril de son mode de vie. Il faut donc voir son œuvre original et courageux, et prendre son temps pour en chercher et approfondir la signification.

Elisabeth Hopkins

Visuel : Ai Weiwei taking a photograph of his installation Coloured Vases, Royal Academy of Arts, 2015. Photo courtesy of Royal Academy of Arts, London. Photography © Dave Parry.
Ai Weiwei, Surveillance Camera, 2010. Marble, 39.2 x 39.8 x 19 cm. Courtesy of Ai Weiwei Studio. Image courtesy Ai Weiwei © Ai Weiwei.