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Albert André (1869-1954). Intimité d’un peintre réaliste

lundi 13 avril 2015

Du 3 avril au 27 septembre 2015
Musée du château des ducs de Wurtemberg
25200 Montbéliard
Tous les jours, sauf mardi, de 10h à 12h et de 14h à 18h
Tarif plein : 5€
Tél. : 03 81 99 22 61
www.montbeliard.fr

Compagnon de route des Nabis à ses débuts, soutenu par le marchand Paul Durand-Ruel, Albert André qui réalisa de son vivant près de deux-cents expositions à travers le monde est un peu tombé dans l’oubli. Soixante ans après sa mort, le musée de Montbéliard abrité dans l’imposant château des ducs de Wurtemberg lui consacre une exposition réunissant une centaine de tableaux de ce « maître d’un réalisme silencieux », selon l’expression d’Aurélie Voltz, directrice des Musées de Montbéliard. Un peintre prolifique, né à Lyon en 1869, monté à Paris pour suivre les cours de l’académie Julian et qui après avoir cherché son style au contact de ses amis nabis, avec une palette de couleurs franches en aplats ou en touches, des cadrages atypiques, des lignes d’horizon assez hautes, des influences japonisantes comme cette grande composition La Femme en bleue (1895) qui le lança, s’éloigna des avant-gardes et revint assez vite au réalisme d’un Manet. S’appliquant à être un « témoin curieux de son temps » comme aimait à le qualifier le critique d’art Elie Faure, « il s’obstina à faire de la peinture et non des tableaux ». Oscillant entre tradition et modernité, avec sensibilité et sérénité, mais parfois trop de sagesse.

L’exposition met l’accent sur les portraits de ses proches dont sa femme et sa fille adoptive (Maleck en bleu, Jacqueline lisant), les nus pudiques, les scènes d’intérieurs ouatés, habités par des figures féminines penchées sur leur ouvrage, semblant ignorer qu’on les regarde, illustrant les relations intimes et chaleureuses qu’Albert André entretenait avec sa famille, le milieu de l’art et ses amis, parmi lesquels Vuillard et Vallotton, mais aussi Louis Valtat, Marquet, Monet (dont il fit plusieurs portraits, sans le faire poser, se fiant comme toujours à son extraordinaire mémoire visuelle) et surtout Auguste Renoir dont il sera l’exécuteur testamentaire.

Dans une scénographie colorée et flatteuse sont réunis tableaux, aquarelles, dessins, objets personnels, photographies, lettres et manuscrits, issus de la propre collection du musée (soit 30 peintures et 20 dessins, don de sa fille adoptive Jacqueline Bret-André, native de la ville comtoise), et de prêts d’autres musées français, dont le musée Albert André de Bagnols-sur-Cèze, dans le Gard. Un étonnant musée dont Albert André, sous les conseils de Renoir, devint le conservateur en 1917 ; grâce à la générosité de ses amis peintres, il en fit l’un des plus riches musées en tableaux d’avant-garde de son époque. On regrettera bien évidemment qu’aucun prêt n’ait été sollicité outre-Atlantique, sachant qu’Albert André a peint près de 3500 toiles et que la moitié de cette production (sans doute ses meilleures toiles) a été vendue à des collectionneurs ou musées américains (Museum of Modern Art, New York, the Chicago Art Institute…),par l’entremise notamment de Durand-Ruel qui possédait une galerie à New York.

Catherine Rigollet

Visuels : Albert André, Maleck en bleu, 1898, Huile sur toile, 81 x 100 cm. Collection Musée d’art sacré de Pont-Saint-Esprit. D.R
Albert André, Jacqueline lisant, corsage rayé rouge, 1935. Huile sur toile, 65,5 x 55 cm
Collection Musées de Montbéliard. Dépôt du Musée d’Orsay. Photo : Pierre Guenat.

- À voir :
Construit sur un éperon rocheux, l’imposant château des ducs de Wurtemberg flanqué de deux grosses tours rondes accueille aussi des collections archéologiques, d’histoire naturelle et de beaux-arts avec une ouverture sur l’art contemporain depuis 1970.
À deux pas du château, au cœur de la ville, face au temple Saint-Martin (le plus ancien édifice construit pour le culte de la Réforme en France, entre 1601 et 1607), l’Hôtel Beurnier-Rossel (XVIIIe) est consacré à l’histoire des traditions du Pays de Montbéliard et possède notamment une collection de boites à musique fabriquées par l’illustre fabrique L’Épée.