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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Allen Jones RA

lundi 12 janvier 2015

Du 13 novembre 2014 au 25 janvier 2015
Royal Academy of Arts
Burlington Gardens, Londres
Ouvert tous les jours, de 10h à 18h
Le vendredi, ouvert jusqu’à 22h
Tél. 020 7300 8000
Plein tarif : £11,50
www.royalacademy.org.uk

On y est allée en trainant un peu les pieds. En fin d’un marathon-musées londonien, en espérant presque qu’il n’y aurait plus assez de temps. Parce qu’on les avait vus dans les grandes messes de l’art, ces femmes/tables ou porte-chapeaux hyperréalistes, ces peintures en à-plats neutres de mollets perchés sur talons aiguilles, ces mannequins féminins si statiques, si lisses, si faussement provocants et sexy. Et bien sûr, on a retrouvé ces hymnes à la femme-objet, en se forçant à sourire, dans la première salle et les mannequins, plantés en “chorus line”, dit l’artiste, dans la dernière salle. Mais entre les deux, quelle découverte !

Les Pop artistes britanniques des années 60, David Hockney, Kitaj et Allen Jones, entre autres, inspirés par la culture contemporaine mettent à mal les conventions artistiques de l’époque, y compris l’importance croissante du minimalisme. Depuis ses débuts, Allen Jones, avec une tendre perversité, s’intéresse à la femme telle que la rêve la culture populaire, fascinante, provocante, séductrice, érotique (loin, si loin de la ménagère valorisée par sa batterie de cuisine). Cette femme est le fil qui lie les cent œuvres exposées, non pas chronologiquement, mais par regroupement des tableaux, des sculptures, des maquettes petit format et des études sur papier.
La deuxième salle est exclusivement vouée à des œuvres peintes. Une palette sensuellement colorée dans la lignée des Fauves ou de CoBrA, des nappes de couleurs à la Rauschenberg, un dessin en mouvement avec des relents de Futurisme, des lévitations à la Chagall, mais des œuvres marquées au sceau du Royal Académicien (depuis 1986), mettant en scène la femme qu’il fantasme seule ou dans une danse fusionnelle avec des partenaires qui semblent sortir de piano-bars, comme Man Woman et Hermaphrodite (1963).
La salle suivante est le clou de l’exposition. Comme descendues des toiles sur les murs, en leur empruntant leurs couleurs et leur dynamique, une dizaine de sculptures de couples, grandeur nature, découpés dans des plaques de contreplaqué ou d’acier, sont figées dans l’éclosion d’un pas de danse au son de valses et tangos silencieux.
Oubliées les œuvres fétichistes et sans âme ! Pour cette seule salle, ne manquez pas l’exposition !

Elisabeth Hopkins

Visuel : Allen Jones, Fascinating Rhythm, 1982-3. Enamel on plywood. 205 x 143 x 98 cm. BANBURY, Private Collection. Image courtesy the artist © Allen Jones.