L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

"Une sélection des meilleures expositions du moment en Europe. L’occasion d’une escapade d’un week-end."

Expo à L'étranger

Sur les pas de Bruegel à Bruxelles. Une passionnante plongée au cœur de ce XVIe siècle bouillonnant.

À l’occasion du 450e anniversaire de la mort du peintre, Bruxelles célèbre l’année Bruegel L’Ancien (1525 ?-1569) et nous plonge au cœur de ce XVIe siècle bouillonnant, entre repas de noces, jeux d’hiver et chute des anges. Une époque tumultueuse sur le plan religieux et scientifique, entrainant de brusques bouleversements, où subitement la terre n’est plus fixe et le soleil ne tourne plus autour d’elle.

La très riche programmation ouvre au Palais des Beaux-Arts (BOZAR) avec une exposition consacrée à Bernard van Orley (1488-1541), artiste situé entre Bosch et Bruegel et une des figures clés de la Renaissance flamande.. Elle nous offre une première immersion dans l’ambiance fastueuse qui entourait l’élite religieuse, intellectuelle et politique du XVIe siècle, alors que Bruxelles était en quelque sorte le centre du monde, sous le règne de Charles Quint...
Van Orley, disposait d’un des plus grands ateliers de l’époque et occupait une place fondamentale dans la vie artistique bruxelloise dans la première moitié du XVIe siècle. Marguerite d’Autriche, régente des Pays-Bas qu’elle gouverne depuis sa cour à Malines, l’a nommé peintre de cour et lui a commandé quelques portraits qui ont définitivement lancé sa carrière. Son œuvre est en dialogue constant avec celle de ses contemporains, comme Albrecht Dürer et Raphaël. Plusieurs de ses élèves, comme Michiel Coxcie, Pieter Coecke van Aelst et Pieter de Kempeneer, se sont aussi fait un nom. Outre ses peintures, ses dessins et ses vitraux, ses immenses tapisseries sont mises à l’honneur. Parmi les plus fameuses, citons les deux tapisseries de la série Chasses de Charles Quint conservées au Louvre à Paris et celle de la série La Bataille de Pavie du Museo di Capodimonte de Naples. Une bataille perdue par les Français et au cours de laquelle François 1er fut fait prisonnier.

Au XVIe siècle, la gravure était la seule méthode pour imprimer et distribuer des images en grand nombre. En collaboration avec la Bibliothèque royale de Belgique, BOZAR présente aussi L’estampe au temps de Bruegel, une grande exposition confirmant la richesse et la diversité de l’art graphique du XVIe siècle aux Pays-Bas méridionaux, avec de nombreuses eaux-fortes, gravures sur bois et au burin de Bruegel et ses contemporains comme Lucas van Leyden, Albrecht Dürer, Pieter Coecke van Aalst, Michiel Coxcie, Pieter van der Heyden (La Patience, 1557, d’après Bruegel), Balthasar Bos (Le Sacrifice de Noé, 1555), Pieter van der Borcht (Allégorie sur la difficulté de gouverner, vers 1578), Cornelis Metsys…

Sur les pas de Pierre Bruegel l’Ancien (1525 ?-1569), une visite s’impose à la salle Bruegel des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique qui abrite quatre pépites : L’Adoration des mages (1556), peinte à la tempera sur toile de lin et d’une grande fragilité ; La Chute des Anges rebelles (1562), qui évoque le monde fantastique de son illustre prédécesseur Jérôme Bosch ; Paysage d’hiver avec patineurs et trappe aux oiseaux (1565), avec ces scènes hivernales inspirées des villages brabançons pour lesquelles Bruegel excelle, avec toujours cette manière de peindre de façon panoramique, d’adopter un point de vue surélevé. Et Le dénombrement de Bethléem (1566), l’un des fleurons de la collection des musées royaux. Bruegel a mis tout son génie et son esprit en transposant Bethléem dans ce paysage hivernal du Brabant, mêlant une scène biblique (la fuite en Égypte et le recensement imposé par César) et une scène de villageois faisant la queue devant un comptoir. Mais est-ce pour se faire recenser, comme l’indique le titre, ou selon certains historiens de l’art, pour payer la dîme. Une allusion aux impôts impopulaires levés par les Habsbourg à l’époque de Bruegel. Un jeu de « cherche-et-trouve » dans lequel Bruegel est passé maître.

PROMENADE BRUEGEL DANS BRUXELLES

Concocté par l’office de tourisme de Bruxelles, un parcours sillonne la ville, de l’Église Notre-Dame de la Chapelle où Bruegel se maria avec Maaike Coecke et où il est inhumé, jusqu’au sommet de la Porte de Hal pour un insolite plongeon dans la ville du XVIe siècle (en réalité virtuelle), en passant par les différents musées et expositions déjà cités. Nous vous recommandons aussi le Palais de la Dynastie et son exposition multimédia Beyond Bruegel (Au-delà de Bruegel) conçue par la société Create.eu. Une balade poétique et musicale à travers les œuvres animées de Bruegel, particulièrement réussie.

Si vous avez le temps, poussez jusqu’au fameux château de Gaasbeek, à quelques kilomètres de Bruxelles pour voir l’exposition La fête des fous, et notamment une série d’œuvres d’Ensor. Vous pouvez poursuivre jusqu’à la chapelle Sainte-Anne à Dilbeek (qui figure dans La Parabole des aveugles de Bruegel), point de départ d’une balade champêtre autour du thème de la Reconstruction du paysage. Inspirés par Bruegel qui n’avait pas son pareil pour assembler dans ses tableaux des paysages qu’il avait visités, des artistes et designers contemporains comme Stefan Devoldere, Filip Dujardin, Georges Rousse ou Bas Smets ont créé des installations et œuvres d’art disséminées dans ce paysage que Bruegel a foulé et qui l’a inspiré. Un retour aux sources.

Catherine Rigollet

- À lire : Bruegel et l’hiver, par Tine Luk Meganck et Sabine Van Sprang. Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique / Fonds Mercator.
Un livre richement illustré qui propose une analyse approfondie et actualisée des tableaux d’hiver de Pierre Bruegel l’Ancien, dont les chefs d’œuvre des musées royaux des Beaux-Arts de Belgique.

 

Visuels : Bernard van Orley, Portrait de Marguerite d’Autriche © Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique / Koninklijke Musea voor Schone Kunsten van België. (Exposition Von Orley, Bozar)
Cornelis Metsys, Si l’aveugle mène l’aveugle, les deux tomberont dans le fossé. Gravure au burin, vers 1550. Cabinet des estampes (Bozar).
Pierre Bruegel L’Ancien, Le Dénombrement de Bethléem, signé, 1566 (détail sur la vierge Marie). (Collection permanente, Musées Royaux des Beaux-Arts).
Pierre Bruegel l’Ancien, La Chute des anges rebelles, 1562 (détail). Huile sur bois, 117 x 162 cm. Bruxelles, Musées Royaux des Beaux-Arts de Belgique.
Vue du château de Gaasbeek, © L’Agora des Arts, 5 avril 2019.

Archives des expos en europe
spacer

Infos pratiques
- Bernard Van Orley
Jusqu’au 26 mai 2019
Bozar-Bruxelles
16 € (Pass pour toutes les expos Bozar : 22 €)
- L’estampe au temps de Bruegel
Jusqu’au 26 mai 2019
Bozar-Bruxelles
14 € (Pass pour toutes les expos Bozar : 22 €)
- Bruegel (collection permanente)
Musées royaux des Beaux-arts de Belgique
10 €
- Beyond Bruegel
Palais de la Dynastie – Bruxelles
Jusqu’à janvier 2020
13,50 €
- Back to Bruegel
Porte de Hal
Jusqu’au 18 octobre 2019
12 €
- Fête des fous
Château de Gaasbeek, Lennik
Jusqu’au 28 juillet 2019
15 €
- Le Regard de Bruegel/La reconstruction du paysage
Expo à ciel ouvert, Dilbeek
Jusqu’au 31 octobre 2019
Libre accès
 
En savoir plus sur tous les événements et les tarifs réduits :
www.visitflanders.com
www.visit.brussels
www.bruegel.brussels